DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, & c.
» & se trouvoient ensuite bien surprises de se voirdemeurer sur l’eau, malgré qu’elles en eussent.Hermannus au Traité des Miracles , Loccenius aueuxieme Livre des Antiquités de Suéde , & un Ma-ïs 11 cnt ( a ) de T Eglise de Laon du douzième siécle,°nt mention de quelques voleurs , qui après avoiréprouvé pendant la nuit qu’ils enfonçoient dans l’eau »crurent se justifier entièrement par l’épreuve de - l’eaur °ide ; mais qui malgré leur attente demeurèrent en-.Uite fur l’eau comme du liège , lorsqu’on fit l'épreuveJuridiquement & devant le monde. Ce ManuscritRapporté par Juret, est d’Hermannus même , que D.l , Akk'^' C ^ er y a ^ ârnprimer ì la fin des oeuvres debbé. Cuibert. On ne fera peut-être point fâche deVoir ici en propres termes (J>) cette histoire , qui est
t out cela lève le doute qui pourroit naitre dans l’es-P rit , que ceux qui n’enfonçoient pas dans l’eau, âvoientPeut-être k poitrine plus large que les autres» Commees hommes n’enfoncent dans l’eau , que pareequ’ils pé-v^t environ huit onces plus qu’un volume d’eau égal] a eUr corps , il pourroit fè faire qu’un homme ayantP°*trine fort large , renfermerait en lui-même assez
íf) Apud juret. Not. ad Ivon. pag. & ifs- . .
(^) Protmus ergo gencralis coíwesttus Ganouicorartv Cavìuc favocatur, quid opus sit facto, áiscutitur, 8c pr* omnibus ma-Wer Anselmus , tune temporis totius urbis lucerna , coniuUtur.
ut divin» legis peritiísimus » continuò Joíiie repheat °"îfui , quo modo scilicet furtum in Jerico, nullo sciente ra um ,CWiinus iuflrt forte perquiri , primo per tribus , demde per ta-îbiliaz ac domos, ad ultimum sigillatim per viïos. Instar hujustain íubtilis perquisitionis coiiiujitur magister Anselmús , ut tantifietnoris auctor judicio aquL perquiratur , ac de singulis urbis pa-rnehiis unus infans intìocens in vase aquâ benedictâ repleto pone-retur, Sc quscumque paroebia forte culpabiiis inveniretur, de sin-gulis domibus ejusdem parochi* unus infans itl aquâ poneretur *qusccumque domus deprehensa fuiíîèt » omnes vìri vel fœmin*eam pertinentes judicio aqusè se purgare cogerentur. Hoc con-™io magistri Anselmi Germanique ejus magistri Radulphi coffl-Perto perterriti cives , licèt innocenti* su* confcii, ad Epoco-Pum constuunt, 8c ùon longé remotos , fed potius Ecclefi* cus-todes , & prope templum manentes , ad judicium primo debereVocari concîamanti . .
Annuit Episeopus, 8c sex vitos, de quibus major état fuípicio,~ faciendum examen vocat, inter qjios etiam ipse solus prsera-. nt Aníèlmum nominatim compelat, dicens se contra eum eX-•nde moveri; sulpicìone. Reípondct Anselmus se multùm mirai!quomodo Epìscopus de taúto sceiere contra se íuipicionem haberepotuerit > praesertiia citent Sc se Dei fevum effe sciret, 8e anteanquot annos priusquam ipse pontificatum- íuscepisset aurificem,qui íìbi maculant iimilis cnminïs imponebat, à se in duello fuisseseperatum non ignoraret» Responsioni ejus universus populus ad-''damât, eumque vìrum sanctum , 8c Dei cultorem esse protestan-ts j omnes pariter unâ voce non debere eum ad judicium voca-p i subjungunt. Tune ab antiquo natur* statu vises est mutari“•pifcopus : nunquam enim vel antea , vel post idem pontifex in»t«lttus est pertinax in aliquo fuisse , sed semper precibus aut dic-o S aliorum à suâ lententiâ facile flecti confuevic. In hac vetoç 1 causâ tant* fuit constanti» , ut cùm nullus Anselmum accu-Jaret , irnmo penè cuncti contra Episeopum ei faverent , Dei ta-t^u nutu nu ilo mo do ad eum dimittendum flecti potuerit.
Cutn ergo praefiil eum custodiri usque ad pr*finïtam diem exa-ssj'nis julfiflèt, quidam miles ei vehementer fa vens, nomine Guitmus, rogavit Episeopum ut eum íïbi íèrvandum committeret,* e q ue ad domain suam , eo concedente, illum duxit. Ubi dumervaretur , quadam nocte vas maximum aquâ impleri » feqùe inn ligatum fecit deponi , tentare scilicet volens utrùm m aqua-! us .mcfgeretur , an supemataret. Cùm verò se fine ulla dilatio-n v 'idisset ab aquâ receptum fuisse , 8c ad vasis fundum perveuis-1 exhilaratus dixit , se nìhil ultra tu itéré, sed sponte in aquair.^ssmum fore. Quid longiùs moror > Venit dies constitutus^Uttuit: ad Eccleiïam innumera multitudo clericorum , militumeu n c* c ? rum diverfi sexûs 8c xtatis , juvenes £c virgines , sene:gç”) î^mìoribus invocant stomen Domini, ejusque glorioiilïimauens ' C ' S -' ergo primus itl aquam poiitUs est , saìvus Sc gau.... ex «t, secundus autem comût, tertius ialvus , quartas
^ ’ S Cst reus - ontr.-.i- Itl--— - ;J — lí - i "
tfuta
exist , _ _ _ __ _ -
bilij in E. reus, quintus liberatur , íextus idem Anselmus cul]tentavera» 111 ? ’ ^que probavit nihil sibi profuisse quòd priùs Decdtun i n 1 ted plurìmùm hanc aquam distare ab eâ, in qua priiMox ^"t>diâ esset, se deponi secerat.set, ^ ISq vinculis religatus , usque theíàurum furatum redifendi meî ,P 1 ' Co P° commonitus publicè imprecatus est, ut sic f«aberet ere . t f. r sicut Judas , qui Deum tradidit, si aliquid extfndo pojp el ruratus fuillèt. Videns Pontifex, quòd nihil exhpiens ei > ^ P r °ficere , Nicolao Castellano eum tradidit, praeterrae , ^rquendo thesaurum reddi cogeret, ille nudati*èd nihil ext ratum atque ligatum lardo calido fecit profunîfudi , non ut^ ere Votait. Inde jubente prasule fecit eum íin «tí>»H? ter " ceretur > sed tantummodo ut torqueretice Quiberti hovrig. pfig.
d’air pour faire un raut un peu moins pesant qu’un égalvolume d’eau. Dans cette supposition il surnageraitnécestairetftent. Mais outre qù’oti ne trouverait peut-être pas Un homttie dans toute là France , qui pût de-meurer Un quart d’heure fur l’eau sâns enfoncer, furtout étant lié comme nous avons vu , il èst constantque les hommes que l’on épróuvoit par l’eau froide, nesurnageoient que lorsqu’on vouloir savoir s’ils étoientcoupables ou non , & coupables d’un tel crime. II enétoit à l’égafd de cette‘épreuve , comme de ces Au-gures , dont parle Seneque, qui n’aprenoient rien , íîl’on n’avoìt l’intention de deviner quelque chose (c).Auffi l’on convénoit que l’esset n’arrivoit pas par unevertu naturelle. On recontioissoit qu’i! y avoit du sur-naturel. D’oà vient qu’on apelloit cette épreuve le Ju-gement divin.
Il n’y a donc de là difficulté fur ce point , qu’à sa-voir en queì tems f épreuve â commencé , & si elle de-voir être permise. On là voit fort en usage au neuviè-me siécle , & si son en croit quelques Auteurs àneiens& nouveaux, îe Pape Êugene II. en fut l’Auteur. Onle voit en esset à la fin de k formule du Jugement del’eau froide, que M. Bàluze a insérée âu Tome féconddes Capitulasses (d).
La Formule que le Révérend Père Mabillon a Faitimprimer âu Tome premier des Analectes , finit aussipar une observation qui prouve ce fait (e).
Cependant il y a tout lieu d’assurer que le Pape Eu-gène n’est point Auteur de cette épreuve , & que cesobservations, qu*on a jointes à la Formule, ont été mi-ses asseZ tard pâr quelque Auteur peu exact , qui vou-loir faire respecter & appfouvet le jugement de l’eaufroide» On ne difoit point encore âu tems d’Hincmar,que le Pape Eugene en fût l’Auteuf. On croyoit alorsque l’usage avoir été reçu avant Ie Pontificat de ce Pa-pe ; car Hincmar qui aurait été ravi de trouver unetelle autorité, n’avoss pu savoir áutre chose touchantcette épreuve , si ce n’est que Charles-Magne , mortplusieurs années avant le Pontificat d‘Êugene, favoitadmise (/)»
L’Auteur de l’obscrvation est donc fans doute posté-rieur à Hincmar. Le Père (g) Cellot , dans l’Appen-díx de 1 ” Histoire de Gottefcâlc , àvòit montré que cetObservateur étoit un ignorant. Le Père lé Cointe auTome huitième des Annales, l’a fait voir àuflì fort clai-rement. En esset Eugene fut fait Pape à k fin de824 , il est mort en 827 , Sc cette même artnée onparlé dé T épreuve de l’eau froide , comme d’un usagedéja ancien. L’Empereur Louis le Débonnaire est íîéloigné dkvoir demandé cette épreuve âu Pape , qu’a-yant indiqué quatre Conciles pour Pannes 829» a Ma-yence , à Paris, à Lyon , Sc à Toulouse , il voulutqu’entr’autres chefs (h) qu’íl prescrivit , on examinatle jugement de l’eau froide» Ces (i) Conciles furenttenus dans l’octave dé la Pentecôte; & leur résultat futenvoyé secrètement à l’Êmpereur Louis, qui k même
an-
(c) Auspiciurrl est observantis. Àd eum itaqúe pertinet qui inea direxerit animum.
(</) Hoc judicium autem petente Domino HÍudovico Impera*tore constituit beatus Eugemùs , prjecìpiens ut omnes Epìscopi-,Comités , Abbates, omnisque populus Christiánus, qui iiiffa ejusimperium est , hoc judicio défendant innocentes & examinenttìoeentes , ne perjuri super rdiquiàs Sànctorum perdant siias ani-mas in malum consentientes. Coi. 646»
(e) Hoc autem judicium creavit omnîpotens DeuS > 8c verumest , & per Domnum Ëugenium Apostolicum inventum est , utomnes Episcopi, Abbates, Comités, feu omnes Christiani peruniveríùm orbem eum obíèrvare studeant, quia à multis proba-tùm est , 8t verum inventum est. Ideo- enim ab íllis inventumest 8c institutum , ut nulli liceat super sanctum altare manum po-nere, neque super reliquias vel Sànctorum corpora jurare. Pag.
fi.
(f) Si hujusmodi judicium , quod , ut audivimus, CharolusMagni nominis Imperatorde se se vit* credulitate recepit, perconsilium Laicorum Nobilium , &C. Hincm. d* Divort. Tom. /•pag. dia.
(j) Hist. (Sottes pag, 782.
(h) Capital. Tom. I. pag. dra.
(<) Cône. Tom. VU. Col. ip8i.
lií