HISTOIRE CRITIQ.UE
H I S T O IRE
CRITIQUE
DES
PRATIQUES SUPERSTITIEUSES,
QUI ONT SÉDUIT LES PEUPLES ET EMBARRASSÉ
LES SAVANS.
LIVRE SEPTIÈME.
Histoire critique de Vorigine , & du progrès de f usage de la Baguette par^toutes les Nations.
CHAPITRE PREMIER.
Ce que Ce fi que la Baguette. quelle matière elle est. Quelle en est la figure. Comrn$on la tient. Et quel est son mouvement.
N entend communément par la Ba-guette une petite branche fourchue,qui tenue des deux mains tourne furl’eau , fur les métaux , & fur plu-sieurs autres choses qu’on veut dé-couvrir.
11 faloit autrefois qu’elle fût decoudrier ou d’amandier; mais on sejfert à présent de tou-te sorte de bois. II y en a même qui prennent une ver-ge de fer , d’argent, de côte de baleine, ou de touteautre chose qui se présente à eux. Jacques Áimar deDauphine, connu par les expériences qu’il fait depuisplusieurs années, en use ainsi. IVlr. le Royer (a) l’avoitpratiqué de même avant lui en Normandie , & nousvoyons par le Livre qui a pour titre : l’Art de trouverles Trésors (b) , que c’est à présent la pratique ordinai-re. „ Il y a des personnes, disent les Auteurs de cet Ou~„ vrage, qui veulent que l’on choisisse un certain bois„ à l’exdusion d’un autre , & pour cet esset ils pré-„ tendent que le verd prévaut au sec , & que parmi le„ verd celui qui a le plus de moële & le plus de suc ,„ est toujours d’un plus grand effet .... mais c’est une,, erreur qui se peut prouver par la raison ... &quiseprou-,, ve encore par l’expérience, d’autant qu’elle nous ap-,, prend que toutes fortes de bois de quelque espèce„ qu’il soit , ont un mouvement aussi violent & aussi,, rapide , & q U ’il est indifférent qu’il ait été coupé„ par celui qui le met en usage, ou par un autre , qu’il
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(a) Au traite de 1 inclination des arbres vers les eaux, Sc les mé-taux: en 1673.
(i) A Lyon chez Baritel. 16 -;.
„ soit moelleux ou non . ^. non seulement le bois sec ^„ quelque nature qu’il soit, tourne aussi facilement„ le verd, mais aussi le fer, l’argent, le fil d’archal, 3„ côte de baleine, & autre matière souple & solide.
Comme tous ceux qui se servent de la Baguette,prennent pas d’une même matière, tous non plus ne ^donnent pas! la même figure. Une houssine, un bfo oítordinaire qu’on porte à la main sussit à quelques u 0 *’la plupart néanmoins se servent d’une Baguettechue, cette figure leur a paru plus efficace & plus c 0Íl Tmode. Comme on a cru que la main communies^quelque vertu à la Baguette , on s’est facilement per^ 3 'dé qu’en tenant de chaque main une des branches, 1'^pression qui se réunirait à la pointe, ou à la tête deBaguette, serait bien plus puissante. La commodité 5 ?trouve aussi , en ce qií’une Baguette fourchue déOS**plus précisément par la pointe ce que l’on cherche. «On volt assez comment on doit tenir la Bagues '& la figure le montrera tout d’un coup. On la tíen s 0élevée la pointe en haut, ou couchée la pointe en ^ou on lui fait garder le milieu, la pointe à l’horiso?'
Lorsqu’on la tient de la première façon, elle sne vers la terre : si on la tient de la seconde , eH emonte: & si on la tient de la troisième, elle tourn e 1différemment d’un côté ou d’autre (c). , jj g
Elle tourne si fort à quelques personnes , .
roule, c’est-à-dire, qu’elle tournoyé dans leurs 11,3 c>s’ils ne la tiennent pas fort serrée, & qu’elle se rOÍÍÌ ‘-s’ils la serrent beaucoup. > 0 a
La manière la plus commune de Flandres, à ce ^ c d*
(c) Voyez Planche (b) Fig. s.