Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
Seite
233
JPEG-Download
 

DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c. z, }

pns, fit demander un homme à Baguette, (a) Aimare a P e, & conduit dans Tendrait lon croyoitfiue le vol avoit été fait. La Baguette y tourne , ellecontinue à tourner en sortant du logis, 8 c en avançant. ans " s r ues, on vient aux prisons, & on passe mêmejusqu a une porte quon ne pouvoit ouvrir sans la per-ton de Mr. le Juge. On va demander cette per-1 hon. Ce quon expose pour Tobtenir , étonne Mr.f J u S e - II veut être témoin de Texpérience, il se rendonc à la prison , & sait ouvrir la porte. Aimar entre,

vC Olllrln ^ . /* T» « *

quil fit entrer dans le pré dès les même jour , par leconseil de Mr. le Curé & dAimar.

Si on est surpris de voir consulter un bâton pour dé-couvrir les maléfices , on le fera peut-être encore da-vantage de voir consulter le même bâton , pour con-noitre les ossemens des Saints. Aimar se pique de fairede ces sortes de découvertes , & quelques uns y réus-sissent mieux que lui.

Depuis quon sest informé avec quelque foin deschoies que la Baguette a fait découvrir, on en a ap-

guidé Wr fa'Baguette il va vers quatre fripons pris tant de fmguìaritez , quil faudrait pour les décri-avoit Jf,m depuis peu de jours. II >« fiit re «re uu gros Livre . qm seroit peut-etre djugereuxsur une ligue . £ J pied sur le pied du ê £> .^Pjnnuyeu,

*? ler , la Baguette ne remue point, il le met sur le pieddu second, l a Baguette tourne, Aimar assure que cest-le voleur , quelque ferment quil fît pour se difcul-P er - On passe au troisième, la Baguette ne se meutPoint, mais elle tourne rapidement fur le quatrième.

Celui-ci tout tremblant avoue le fait, déclare le secondcomplice , ils confessent tous deux que le vol étoit danshtte grange auprès de la Ville. On y va , & les Fer-? ler s interrogez ne donnant pas la satisfaction quonouhaitoit, la Baguette découvrit fur le champ ce quilsav °ient caché avec foin.

tres. II suffit de dire en général quon sest servi dela Baguette pour découvrir iinfidélité des femmes, lesfaux contrats , & un grand nombre de choses purementmorales.

Le Révérend Père Menetrier , Jeíuite écrit (d) quedepuis les expériences célèbres quon a fait faire à Ai-mar , on a vu des effains de chercheurs de sources par lemojen de la Baguette , suivre comme lui les gifles des vo-leurs , découvrir l'or gr l'argent caché .... A combiendeffets , poursuit-il, s'étend aujourdhui ee talent ? IIde limites. On sen sert pour juger de la bonté

na point de limites. On s J ... r _... ..

Le Magistrat'(^'qui étoit présent, & qui ma fait des étoffes , & de la différence de leur prix , pour démêler? récit, est dun mérite si reconnu, & il examine tou- Us àE d'avec les coupables, & coupables d un tel cn-tes choses avec tant de discernement & dexactitude, **. Tons les jours cette vertu fan de nouvelles decou-Wil ne mest pas possible de douter du fait. vertes inconnues jusqu'a présent.

Aimar alors nétoit pas agité, comme il la été dans Mr. du Verdict , Docteur de Sorbonne reçut une** fuite. Il dilòìt feulement qu*en passant fur les bor- lettre de Toulouse , le z 6 . Mai 1700 , dans laquelle? es , ou fur les autres choses quon lui faisoit chercher, on lui faifoit le détail des expériences que quelques per-^ sentoit aux orteils un trémoussement qui Tavertiffoit sennes faisoient avec la Baguette. On lui parloit dun

îuffi bien que lauroit pu faire le tournoyement de la Curé qui devinoit ce que faisoient des personnes absen-Baguette. Mais on np Ip up,r~. r ..; _a . _ ». *«- r. j. """"

tous ces

Mais on ne le voyoit ni suer ni pâmer , & tes, si un homme avoit de largent, en quelles espèces,symptômes ne font venus quaprès quon sest & combien. On consultoit la Baguette sur le passé ,

4 éfiédelui, r &qu

On-

a pu voir

-L- T n- -* nrpípnr & Tavenir. Elle baissoit pour répondre* oui, &c quon a appréhendé quelque fourberie. P^ie ^ h négative. II étoit indifférent dex-dans le récit de la découverte des Au- tl,c - - r - -

du meurtre de Lyon , de quelle maniéré ces con- primer fa demande de vive voix ou mentalement ; cetoir S k P rennent - J e ne répéterai pas ici cette his- qui surprendrait davantage si la personne judicieuse quila B ' P arcec l u el,e est décrite dans les (c) Illusions fur écrivoit, najoutoit que plusieurs réponses sétoient trou-és 5 êc en tant dautres endroits quelle ne peut vées fausses.

gnoree. On ne sapperçut daucune émotion de II y a quelques années quon me montra une lettre

de Dauphiné, Ton parloit de Mademoiselle Allouardqui devinoit auffi avec la Baguette ce qui se passoit endes lieux fort éloignez. Mais en voilà trop fur cet ar-ticle.

, lorsquauprès de Grenoble on lui fit faire

: expérience auffi extraordinaire que celle quon va

r.

1689. le Fermier des Damesfut fort surpris de voir mou-quon avoit fait paitre dans

Cette natureUne

voir,

Vers la fin de Tannée re fermier (

Religieuses de sainte Cecile fut fort surpris de voir mourir les bœufs &c les vaches quon avoit fait paitre danshn certain pré. Il en mourut vingt trois en peu deJ°urs, quoique T herbe de ce pré fût des meilleures detout le terroir. Etonné dun tel accident, & empres-se den découvrir la cause, il lui vient dans lesprit queCe pourroit bien être un maléfice , & que la Baguettetjui découvrait tant de choses cachées, pourroit auffidécouvrir ce que cétoit. Comme Aimar passoit pourUtl des plus habiles devins , on le fit venir. La Ba-

Slips**»

CHAPITRE IV.

Comment on distingue les différentes chosesfur lesquelles la Baguette tourne , & ceque Von fait pour la déterminer à tournerpour une chose , jplutot que four une autre.

, - - avilis , W ic Ut vcinr. la oa-

guette fut mise en usage , elle tourna par tout dans le I

pte , & nullement aux environs, si ce nest fur Un pc- .> »tit sentier qui ahroitícm;- a-- ^ 1 r ' 1 ' ' S

qui abouùssoit au préUiar que pour sassurer si

Cela fait dire à Ài-

E secret sest étendu à tant de choses, quil ne

_ faloit plus pour y donner beaucoup de cours,

que des moyens aisez de connoítre fur quoi la Baguet-

Prier Mr. le Curé de f * C Un rpalefice , il faloit te tourne. Plusieurs personnes sen font prescrit à leuracc otnpaené des CS Lxorcismes. Le Curé fantaisie, qui nont pourtant rtas laissé de saccommo-

fré, gj i ,o a , de la Paroisse vient au der avec Texpérience. En voici trois des plus usitez,

*T J ses. Aimar «n A i p eremome se* prières accoutu- Le premier est que la Baguette ne tourne que fur^ ail slep r é rn s ° 3 a g^ e tte , elle ne tourne plus ce quon veut découvrir. Un homme qui cherchoit

hâtivement conr' 6 6 semUe neanrnoms ^ ur se sentier , le des bornes, mavoua que cétoit- tout son secret. Car

j? e hute B n? Ue 0n avance > & °n vient jusquà lui ayant demandé comment il connoítroit si la Ba

,r ute Ba g^ ette œffe dS wX'orffinûrement,

â assez méchante réputation y seg eo , m stanssequel informé de ce qui se passoit n P Fer-

quartiers. On nen fit aucune rec r bestiaux^'-cr s e contenta de ne voir plus mourir

U) u a a U Paroisse de Crôle P«s de

oSì 4 »»»» k°» ^ '* P . à

. W M. Btffc, te! . K enfuît.

r Meíîieuïs les Trésoriers de Transe*st) lMions des Philosophes.

guette tournerait fur une borne , puisquil se pourroitfaire quil passat fur quelqúe source, sur une piéce demétal , fur un clou, sur un fer de cheval, ou enfinsur quelquune des choses qui font tourner la Baguet-te , il me répondit qu ayant intention de chercher uneborne, elle ne tournoit jamais fur quelque autre chosequi se rencontrât sur son chemin. Tobservai auffi en

deux

(d) Réflexions sor les indications de k Ba°-uette. A Lyon '694,ag. 46. *

Nnn