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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.
« d une étrange maniéré. Il y a , dit-on , des hommes" qui se promènent avec une fourchette de coudrier en. mam , tout au travers de ces montagnes & aux en-
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rapporte (e) Strozio Cicogna , que ceux qui ont re-cours à cet usage font aflez connoitre qu’ils nelè croyentpas naturel. Voici le fait.
Un Hermite qui cherchoit des métaux cachez pour
" ™ ons des lieux oh ils croyent qu’il y a de la mine, - " deFerrare ^p ro mit au Sieur Lavoreius Archiprê*
„ La nature de cette fourchette est telle, que quand ils Rarberini, de trouver avec ses Baguettes Je métal
„ passent à l’endroit ou est la mine, elle fe baisse d elle- - • ~
,, même vers la terre, & la découvre. On dit pourtant
s, que toutes fortes de branches de coudrier n ont pas
55 cette vertu-ìà, & qu'il n’y a que celles qui font pré-
5, pareês d’une certaine maniéré particulière , dont le
5, mystère n’est connu que de fort peu de personnes qui
-- gagnent leur vie à ce métier-là , & à chercher des
5> mines pour ceux qui les employeur. Cette histoire eit
s» bien étrange & j’aurois eu de la peine à le croire, u
55 je n’avois autrefois lu dans la Cosmographie de Mun-
55 ster que Ton trouve les mines d’argent en Allemagne
” ^ h même façon. Cela m’a aussi fait ressouvenir que ^ fe remu é r ent alors dans les mains avec tant
j» les Nécromanciens ont une efpece de Baguette qu ì Aimnetuosité que l’Archiprêtre épouvante s enfuit" sellent k Verge de Moïse, qui n’est autre chose a impetuo ^ ^ VHeïmlte> les Baguettes, & son ar*» qu’une branche de coudrier coupee à. un certain jour bien v ,
" de l’année fous une certaine constellation, & prépa- § ent ; ne > anm oÌns qu’il y a des gens présentement
" ree avec plusieurs cérémonies , la plupart impies & J £ • c h crc h e nt les métaux & les sources avec
ndicules ; ils disent que ces sortes de Baguettes ont e ’, £ U Liett e de coudrier, fans autre cérémonie
» b vertu de trouver les trésors cachez. a u « on pratique en France. Cet usage s’introduit
Ce secret fit tant de bruit en Angleterre, que l’A* £f pa(T ne , & peu h peu on le voit se répandre
^adémie des Sciences résolut d’examiner le fait. La ques- aum e L^^mbre d’endroits oh il n’avoit jamais étébon à résoudre fut mise dans les mémoires de 1 Acade- & r : s >q j ra jafqu’en Egypte ou 1 on fait
JJiie, & inférée dans les Actes Philosophiques de 1666. connu. Je ne lais s J q , ,
qu’on avoir caché. L’offre est acceptée, l’Archiprêtrecache un écu d’or avec foin , & l’Hermite prend quatreBaguettes d’olivier qu’il dispose suivant son secret. IÍen tient deux dans ses mains, fait tenir les autres à l’ Ar-chiprêtre , & l’avertit de se laisser aller au gré de l'im-pression qu’il pouvoit sentir. Après cet avis, l’Hermitêcommence le Pfeaume Aiiferere , &c. à ces mots incertá& occulta sapicntiœ tua manifeflajîi mihi , TArchiprêtréfe sent poussé par une force invincible. Lsimpression léporte avec l’Hermite dans l’endroit du jardin où étoitl’écu d’or. Elle cesse dès qu’ils touchent l’endroit , 8c
Monsieur Boyle qui avoir dressé cet article, fit quel-ques recherches là-dessus; mais ne voyant pas assez clairNi dans le fait, ni dans la cause , lorsqu’il compoíòir sesEssais de Physiologie , il avoue qu’il ne fait ce qu’ondose penser fur cette difficulté (b). De sorte qu’aprèsavoir cité Agricola & le Père Kirker, il fe contente dedire ce qu’il apprit (c) de plusieurs personnes dignes desoi. On voit du moins que cet usage n’est pas bien an-jden en Angleterre, & qu’il n’y a été introduit que parses Allemans.
. J e ne doute pas que ce ne fussent auffi des Allemans,qui cherchoient avec des Baguettes les mines de T rente& du Tyrol du tems de Basile Vaìentin il y a deux censans. On ne savoir ce que c’étoit que cette pratique dansles autres endroits d’Italie. Cardan ni Mathiole Auteursfort avides de secrets n’en font aucune mention, & cequ’en disent quelques autres Auteurs Italiens , fait bienv oir qu’on ne regardoit pas l’ufage de 1 a Baguette corn-ue un secret de Physique, f. B. Porta (d) , qui avoit w ,
sel ce qu’Agricola en avoit écrit, parle de ceux qui cher- • “ 1 u “ " se jsesensen; avons par'
c seent des trésors comme de gens qui ne íaisoient pas fa- d’une Baguette , qui vai ,e ceud’user de sortilèges, & je vois par une histoire que I e *
se) Utrùm virgula ciîvìnatorìa adhibeatur ad investigatìonem Vé-propositarum fodinarum , 8c fi fie, quo id fiat succeíTu ?e se) Quid de arduo hoc experimento statuendum sit, fateor meUmnùm ignorare.
j.\ c ) N°n contemnendi autotes , 8c inter eos cotiterraneus nosterustrius Gabriel Plat, etsi in Chymicos aliqúando iniquior , vir-tt a seuic^Divinatoriae multùm attribuunt : 8c multi, alias minimèntuli fui compertam sibi experimentì verìtatem asserue-
gse-- ” Ir no “se ston procul à plumbi fodínis Somcrsetteniìbus cìe-^ífesese 1 ? àb fodinarum partes quibus venas Metalticas silb-Vircn 1 e ° amUS ’ . una se cum transeuntem, repente de incurvationeseir • ?^ moru se > titique íìmul ac venx metallicas institerat, pro-% US âsitn manûs fus motum nihil ad virgul* flexionem contu-ç Ur > v erùm aliqúando fortiùs detentam , tam vehemeriti nifu irt-t v A atatn fuisse , ut subito rumperetur. Et ut fidem suam mihisu cete se hisce auspiciis fretus magnos in novis fodinis aperiendis*, m ? en dit ; sed quo successu, nondùm mihi significavit.tu r n ,d ne inter jpsos metallurgos qui virgulâ hu}usinodi uteren-Peri' me * autert |, rifia explodebant. Equidem unum est de hoc ex-
Y eCA1 “ ar itcrnotandum . nimimm nnrVUîimmi ——
beaucoup de cas du coudrier , pareequ’on le regardécomme le bois dont Moïse se servit pour adoucir leseaux amères de Sur, & pour faire sortir de l’eau durocher , mais où Tissage que Ton en fait est bien diffé-rent de celui que nous avons décrit ; car au lieu de seservir d’une Baguette de coudrier pour trouver l’eau &les métaux , ils s’en servent pour faire sortir T eau quiincommode les animaux enflez. On peut Tapprendre déMr. de Monconys, qui Tapprit lui-même au Mont Si-naï. ,5 Le Sieur Archevêque, ( f) dit-il , m’envoyades„ gérides, des palmiers tachetez fort agréablement, &„ des bâtons de coudrier, qu’on dit être du même bois„ que Moïse mit dans les eaux pour ses adoucir, & avoir„ à présent cette propriété , que si l’on sait boire dé„ Teau où il y en a trempé à une femme qui soit en„ travail d’ensant , & qu’elle ait difficulté, elle est in*,, continent délivrée ; & si quelque animal est enflé, est,, lui faisant dessus le signe de la Croix , & en lui don*,, nant un petit coup fur le ventre , il guérit par éva*„ cuation divine.
Voyons si Ton n’a point fait autrefois quelque usagé
o—iures ' ‘bternotandum, nimirum quòdsummi ipsius pro-
te antu r In . stvorundam. hominum manibus non snccedere fa-' . 1 - QUoniam- 1 . .
. ,—iiuminum manibus non iv 'im bac u 'J UOru , am occulta quidam utentis çroprietas, (ut aiunt, )se tts guida ' Ii 3 í! nator * am vincat 8ç inhibe.it. Adde quòd celeberri-’nuotçf 11 ^ a ymicus, qui multâ se ejus ope, prseterea quae vul-mavit, ceíi 11 *' ’ ex pse>‘asse profitetur , mihi leriò ex fide suâ afhr-constell at i 0 ” as eí se horas minus propitias certorum planetarum 8cuffugerunt ) se I Suarum nomina non satis credentis memoriamseam non c sep m > n i íubjectas , in quibus virgula pperationenvturvationern ^ e . tíatn infllis manibus gestata, qu* aliàs ipsius in-se) Mag. experiunnir. Tmtmína ibystol. pag, i z i.
CHAPITRE VIL
Si le s Baguettes ont été de quelque usage dantles anciennes superstitions. Effets produitsavec des Baguettes , Usage des Scythes ,des E erses , des Médes , des Alains , deslllyriens , des Ëfclavons, des anciens Al-lemans , ô 1 de pïufièurs autres Beuples quidevinoient avec des Baguettes.
U N Bâton oïl uste Baguette ònt été dé tout terhsle signe le plus ordinaire de k puissance donnéeaux hommes. Le pouvoir de faire des miracles , queDieu avoit donné à Moïse, étoit, ce semble, attachéà k Baguette que son frère Aaron óu lui-même por*toient à k main ; & le Démon, vrai singe dé Diéu 8 cde 1a nature , en a presque toujours usé de ttiêstiè, à Té*gârd de ceux à qui il a fait opérer des prodiges. II estpeu d’opérations magiques attribuées aux Divinitez fa*
bu*
( e) Theatr. Univers.
(/) Voyage d’Egypte, t. u pag, l 4 iOoo