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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES

PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &e.

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2.; 9

ce sujet qu'il se servait du Lìtuus, qui est m bâton re-courbé.

Le mérite que sétoit fait Romulus pár lufagé de

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eroit

lu-Gclle ( 4 ) & Macrobe chien J quels- - étmt uneBaguette recourbée dans Vendroit le plus ort ® Pepais. Plutarque dans la vie de Romu us, . fi cet(:e Baguette

(b) fur les Géormques, disent la même chose. Ainh . b

par la fig ure cette Baguette nétoit pas fort differente e

celle dont on se sert à présent. t DOint 3 aeS muais , ,/ ï, v;ilí>

Tite Livre nous apprend lusage que lon fìt du ^ ayant pfilé & brûle k

tms à sélection du second Roi de Rome. I dit que ? q beau reste de lanoenne superstitionHuma Pompilius étant choisi par les Pérès & le Peuplede Rome pour regner après Romulus, voulut faire con-íulter les Dieux comme lavoit fait son predecesteur. COII fit donc venir un Augure qui le conduisit a ime ,*Tdelle sort élevée ; cet Augure ayant a fa main drok bâton recourbé, se plaça ì k gauche:du Prince, &

; xaagucuc, si grand dans leíprit deTeux

qui étoient entêtez de lArt de deviner, quon le con-serva comme une chose sacrée, & que lon ne permet-

toit point à des mains profanes dy toucher, sur-tout

u,ix u vilte *

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de Iincendie.

Cette particularité est assez remarquable, pour mé-riter quon la voye dans Plutarque , qui la mieuxéclaircie que Cicéron. Les Prêtres, dit-il , que Ca- millus avoit chargez de visiter les lieux sacrez j 8c

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ct recourue , ^ » -&~-y , ^:u-> S, . de remettre chaque chose en sa place s trouvèrent

Y tint couvert. II observa laspect de a ' ^tant le Palais , le petit Temple de A!ars pil-

Champ, pdales Dieux, & marquant lOnent& 1 Oc- ,, en vuitanc b . r A-. i- Jl.

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uuent, il f e tourna vers lOrient pour avoir le Midy à

a droite, & l e Septentrion à fa gauche, fans se prescri-^ dautres bornes que les endroits fa vue ne pouvoitétendre. Après quoi il prit 1 1 Lìtuus à fa main gauche,

_'t fa droite fur la tête du Prince désigné , & sit cettePUere : Père Jupiter , si l'équité demande que Numa0ni pilius , dont je touche la tête, soit Roi des Ro-j faites que nous en ayons des signes évidens dansdivision que je viens de faire,p î>av oir si le bâton courbé devoir fe tourner vers lea ys destiné au nouveau Prince, ou síl donnoit queî-^ autre signe, cest ce que Tite-Live na pas dit, &

nous ne saurions déterminer.

On ne fait pas non plus qui a été le premier auteurde cet usage ; on sait feulement que Romulus en avoitle secret, quil le mit en pratique lorsquil bâtit Rome,

8c qu11 sen servit pour la distribution des Régions.(d) Les Stoïciens, que fait parler Cicéron, nen fa-Voient pas davantage. Cétoit bien assez pour leur don-tier occasion de le faire révérer. Pensez vous, dijent-ils ,d vous est venu le Lìtuus , cet instrument le plus au-guste de la divination ? Romulus lui même sen servitpour l e p ar tage des Régions , lorfquil bâtit la Ville.C est ce même IÂtuus lequel étant dans lHôtel de Maisstui est renfermé dans le Palais, fut trouvé entier âpresRomulus sous le régné de Prise us Tarquinius. Quel est1 ancien Ecrivain qui na pas parlé de la description desRégions que fit Actius Navius, par le moyen du Li-tttus ?

Si ces Ecrits de ces anciens , dont parle Cicéron ,®voient été conservez , nous poumons savoir distincte-ment quels usages on faisoit du Lìtuus : du moins vo-yons-nous par le peu quen a dit Cicéron, quon con-lultost ce bâton fur bien des choses. Et Plutarque (e)«ous fait entendre que Romulus en tiroit beaucoup dec °nnoiflances. On tient , dit-il , que Romulus était fortWigieux , & très habile dans les divinationsc est four

(*) Lìtuus est virga brevis in parte qua robustíor est incurva,"^ Augures utuntur. A. Gellius 6. 8. Macrob. f. 8.

(*) Lìtuus erat Augurum baculus aduncus sine nodo, Jn L z.Vïf wgic.

(r) Accitus, sicut Romulus, Augurato urbe condendâ, regnurstV. Moque Deos consuli juflit. Inde ab Augure > àâc honoris ergo publicuin id perpetuumque SacerdotiumAu oeduâns in arcem , in lapide ad meridiem versus consedit.C(I ,§ Ur ad lxvam ejus capite velato sedem cepit , dextrâ manu ba-lid 1 1 i-' me no< ^° àncuw. tenens , quem Lituum appellaverunt.gj Q e ubi prospectu in urbem agrumque capto, Deos precatus, re-pz i Oriente ad Occasum determinavit > dextras ad MeridiemJofMíbr j*yasqu e at \ Septentrionem esse dixit : signum contra quodin g, ime c °nspectum oculi ferebant, animo finivit. Tum Lituotranflato, dextrâ in capite Nums imposità pre-Cuj us e lta: Jupiter Pater, si est sas, hune NumamPompilium,Ce rta ac°i Ca P ut teneo , Regem Romae elfe , ut tua signa nobis, O) inter eos fines quos feci. Tit. Liv. I. i

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,, & brûlé par les Barbares, comme tout le reste.

Néanmoins en fouillant dans ce lieu, ils découvri- rent fous un tas de cendres le Bâton [dont Romu-,, lus se servoit dans les Augures. Comme il étoit ex- périmenté en cet art, il sen étoit même íervi pour la description des Régions Célestes. Romulus en-,, fuite ne vivant plus parmi les hommes, les Prêtres ferrèrent ce Bâton comme une chose sacrée j &>, permettoient pas à tout le monde de le voir. Queb le consolation pour les Romains de retrouver ce,, Bâton ? Ce fut pour eux une agréable espérance

la durée éternelle de Rome.

Voilà des déférences bien particulières pour Ba-guette avec laquelle Romulus devinoit. Peut-être cro-yois on quavant ce Prince personne navoit jamais filun semblable secret; mais outre ce qui a été dit des di-vinations des Scythes & des autres peuples, nous allonsvoir que longtems avant Romulus les Chaldéens & lesJuifs ont deviné avec des Baguettes.

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n- uner eos nues ijuus ien. tre. i

Quuì Lìtuus iste vester , dit- ìl, quod clatissimum est insigne

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nexìt Un de vobis est traditus ? riempe eo Romulus regioneseùru ÇÙm urbem condidit. Qui quidem Romuli Lìtuus

ventus P a et in curi-í qux est in palatio, eaque deflamastêt, in-

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r arqui n ; Q '^ er?id multis annis post Romulum Priíco regnan-Aífio ÎStavio veterum scriptoium non loquitur, qu» si ab^vinatìone. î>er Ltuum , regionum facta descriptio ? Lìb. I. desi) Vie de R 0

CHAPITRE IX.

'Divination par une Baguette , enseignée páfles Chaldéens , fort en usage parmi lesJuifs. Explications tirées des anciens E-crivains , ó" des E ères de lEglise fur leChapitre quatrième du Brophête Osée quirapporte cet usage,

L Es Chaldéens ont toujours passé pour les premierssavans du monde. Presque toutes les Nations ontfait gloire davoir puisé des secrets chez eux, & on peutles regarder comme la source principale des superstitionsqui se sont répandues dans le monde. Ainsi plusieursleurs coutumes étant présentement inconnues > quand au-cun Auteur ne leur attribueroit lusage de deviner avecune Baguette , nous aurions quelque droit de les encroire les auteurs, si nous le trouvions chez leurs voi*

sins.

Mais outre (f) ce que lon á rapporté des peuplesqui ont succédé aux Chaldéens, le Scholiastede Nican-dre nous apprend q.\ie , selon le raport de Dion, lesScythes & les Mages devinoient avec du bois de tama-ris , & quils exerçoient leur art en plusieurs endroits

avec des Baguettes.

On nentend, dit Q) Grôtius, par ces Mages ,que les Chaldéens , cest ainsi quils font appeliez dansles Auteurs , & cest en ce sens que Claudieri dit i.. rituque juvencos

Chaldao stravéré Mugi,

Les alliances que les Juifs faisoient avec eux, àséjour quils firent à Babylone, leur donnèrent occasiorìdapprendre beaucoup de pratiques superstitieuses ; &

Saint Jérôme & Saint Cyrille ne doutent pas quils na-

yenê

'ïftulus,

(f) Drasius. Grotìus in Ezech. if(V) Ibid.,

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