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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES

L

5*

foe quoi savise-t-on, dit un autre , de vouloir fap-l^ner i es e ff ets | a B a g U ette à la sympathie dun cer-ta,n bois, avec leau ou les métaux ? Ne voit-on pas||ue le tempérament de celui qui tient la Baguette estunique cause de tous ces effets, puisque tout le mon-

C A rl ^ £Ut av °i r ce âon

Aatui rê2 tous ces gens-îì , dit lAstrologue. Pas unAÍK* P orter lès yeux. il faut. Ne font-ce pas les^ . qui donnent aux plantes leurs principales vertus ,

j* qui serment dans les hommes des tempéramens diffe-j. ens II ne peut concevoir quon ose dire fa pensée **us savoi r q Ue i p Astre qui domine sur le coudrier,quelle eft la constellation qui a présidé à la naissance6 Personne qui touche les eaux. Pour lui, cest uni-quement C e quil examine. II apprendunë de cesP rI °unes est n ée fous le Signe du Ferfeau , & il va vousP r °uver dans les formes que cest- la vraye cause decets e vertu.

^*usi chacun rapporte cet effet au principe quil sest0 rnîe » & il sen sert même pour fortifier ce principe *plutôt ce préjudice.

.U parait un peu plus surprenant que ceux qui heutetent pas facilement, & qui conviennent dans lesn cipes généraux , he saccordent quelquefois pas mieux1 ce ux dont nous avons parlé. Ils ont presque les-soJ VUes 5 ^ es m ^ mes inclinations. Cependant les unsso ^ Embarrassez , & les autres ne le sont pas ; les unsc f r ^un sentiment , & les autres d'un autre, mais lauff de cette diversité nest pas bien difficile à trouver;E que les uns considèrent une circonstance, & les^ tF es donnent leur attention à une autre ; les uns enc °nsidérent plusieurs, & les autres fort peu.

Quand on ne considère quune seule circonstance, onecide fans peine , parcequordinairèment une feule cir-hltance paroit dabord bonne ou mauvaise; Quand on^. considéré plusieurs, on est embarras! é, parcequsilar-

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à remuer le pied , & quil peut y en. avoir de recourirà certains prétendus secrets qui séduisent plusieurs per-sonnes. Voyons fi étant bien instruits de Iufage de íàBaguette , nous pourrons découvrir dans la fuite, sÙy a quelque cause Physique & corporelle qui la fait tour*ner pour découvrir des choses cachées;

CHAPITRE XVI.

j "gîte la Baguette ne peut naturellement indi-quer ni les bornes , ni les voleurs , ni lesmeurtriers > ni les choses dérobées .

U Ne pierre devient borne, lorfquétantmifcre , deux personnes conviennent quelle se

formé

considèreplusieurs, on elt embarrailé, parcequuar- ^t >^ véritable séparation. Et P g* .

sive souvent que les unes semblent être pour, & lesau- pOU vons encore , ajom-sies contre. Ce nest quaprès avoir fait toutes les obte -ntions nécessaires, & apperçu tous les rapports d uchose avec les autres, quonvoitclair, quon convient,

& Iquon décide avec une assurance fondée en raiiomMais comme il arrive souvent quon juge fur la premie-rs apparence qui frape, il ne faut pas sétonner si lesju-gemens font différens > si lon acquiesce à de sort mé-chantes raisons, en un moc si lon ne juge bien que parWard.

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vy IV., personnes conviennent quelle servira à

marquer la séparation d* un champ. Or cette conventionest une circonstance morale. Donc par tout ce quon ádit dans le livre premier, elle ne peut lui donnér une ver-tu Physique quelìe navoit pas auparavant.

Comme cela ne peut pas être raisonnablement contes-, ceux qui osent soutenir quil sort des bornes une va-peur capable de faire tourner la Baguette, voudroientbien póuvoir rapporter ce tournoyement à queîquautrecause quà la convention. Voyons donc ávec eiíx toutce que les bornes ont de particulier.

Quand on plante une borne, on frotté, dit-on, avecdu Fer deux des cotez de la pierre : on met du charbonau dessous des gardes , ou des témoins à côté. Voilà,poursuìt-on, ce qui fait tourner la Baguette; mais il estclair quon se trompe. En voici les preuves.

i. La Baguette ne tourne jamais fur les fausses bor-nes, Cest une maxime constante & bien établie par lAu-teur de lArt de tròUvèr les trésors, pag. 88. que laBaguette ne tourne jamais que fur la véritable limite oufur la véritable séparation. Et à la pag. <?ò. Nous,, pouvons encore , ajome-t-il , nous servir de cet essai fur les limites apparentes, pour distinguer les vérita- blés ssavec les fausses, dautant que fur les premières,, la Baguette tourne, & son mouvement ne peut être arrêté quen íui faisant toucher une pierre ou de terre de limite, mais fur la fausse , elle ne tourne ja-,, mais, soit quelle touche ces choses, ou quelle les touche pas ". Or ceux qui font assez malins poufcontrefaire des bornes , ne sont pas assez sots pour ob-

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fard. -

^vyelques uns , par exemple , ayant considéré que la mettre ce quon observe ordinairement : charbons, gar-^guetté tournoit à des personnes de piété ; le Démon des, témoins, rien ny manque. Donc ce nest pointhon^r - me ^ £ oonc pas , ont ils dit; câr ces personnes ce qui fait tourner la Baguette. Ajoutons que les si-dirç ' âlt aucui ? P at -* e avec lui. Mais ne pourroit-on pas gnes quon mettoit autrefois auprès des bornes, étoientceux stui tirent cette conclusion, peut-être le- très souvent dissérens , parcequon vouloir que ce fus-a -t-il le pouvoir dagir fur nous fans aucun pacte, sent des signes arbitraires , suivant la pensée judicieuse

C ^ e hte-t-il pas les justes, & n*a-t-il pas tenté Jésus- de Siculus (a) Flaccus.

Je fais, ont dit quelques autres personnes, r. Elle ne tourne pas seulement furies bornes, ellè

guet y e P a stui prononcent des paroles en tenant la Ba- tourne encore en ligne droite fur Iespace qui est entré

fy a j te » il y a donc de la diablerie dans cette pratique, deux bornes , quelque long quil soit. Or dans cet ef-r ,_, peut-''-- Dace il n*v a ni charbon, ni témoin, ni gardes. Donc

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J (st.UUí )) Util VUVl y wrv-rtr y p, ___ ^

périence journalière ne nous lapprenoit, que la Ba- guette tourne fur les limites de même que fur les sources & fur les métaux , & quun espace ou une pierre qui de soi ne pouvoir donner aucune impres- sion, dabord que par la main ou par la destination lhomme elle aura changé de lieu , & sera plantée pour séparer ou pour borner les fonds de deux par-j,, ticuliers. Cette même pierre semble sanimer, de-

% le Engage le plus ordinaire ; & qui peut être me que lespace quelle occupe en longueur , & a c-

" ne modestie louable. Mais cest un langage quiert par cette destination ou ce pìantement, une

" " ' ' ' ^ - vet-

» - -

lav- a ymantée , faudroit-il pour cela croire l'usage dey^an superstitieux?

dìs etl( 7 a beaucoup de sujet de se défier de la Baguette,le p: Encore quelques uns ; mais oserions noiis remuerCaché b l'on en condamnoit lusage? Rien nest plusso nt les ressorts de la Nature- Ses mystères ne noussereine,. V0 '^ ez ' & il y a de la témérité à vouloir-Voìjn f ^uelle peut ou ne peut pas faire,l'ekkx, j» £ bngage le plus ordinaire ;

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Crire à t ^° Urr °i t: abuser. Carenfinfaudra-t-ildonc sous-r °m ho u ^ te . s * es fables quon nous débitera? Et ne pour- , , essent ceTtx leges, aut consuetudiries, áut observationes,

fer d es ^ PUs examiner si lon ne veut point faire pas- ^mper fìmile lîgnutn sub omnibus ínveniretur. Nunc quoniam

r - -n oliniiiEus terminis nibil subditum est , aliquibus

Prad S examiner si Ion ne veut point taire pas- semper limue ---

rcis ? H est superstitieuses pour des secrets natu- volutltarium est , aliquibus terminis nihil subditum est , aliquibusto US ; jj>. Vr quil y a ries choses que nous igno- verà aur cineres , aut carbones, aut testa, aut vitra fracta, autOn c.',. ' u V Pn a . __V ossa subcensa , aut caícem, aut gypsum invenimus , qu* tamesl .

s y appl| Q que nous pouvons lavoir, & quand ut suprà diximus, voluntaria sunt. Atui Velser. Ub. ntumnue, on peut voir quil ny a point de mal Vmdts

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