DES PRATIQUES SU
fourees , c’est parcequ’on a cru que c’étoit un secretPratiqué de tout tems comme une expérience fort na-turelle. ^ L e père Dechales l’a écrit ainsi , & le Révé-rend Pere Meneílrier qui condamne l’usage de la Ba-guette comme une des superstitions les plus marquées jn a ,.P u siuelque doute I l’égard de l’eau , qu’à causéstU'l croie que ce secret est connu d’un tems immémo-J. H est en effet difficile de ne pas dire ce qui se1,: . communément dans le monde. Or dans l’histoiree I origine & du progrès de la Baguette Chapitre XI.j, lIS avons vu que ce prétendu secret de découvrir d&-ç au avec une Baguette , loin d’avoir été pratiqué dans° Us les siécles, a été au contraire inconnu avant ce sié-j, e 5 âc qu'st est le plus récent de tous les usages que° n à s a i t d e i a Baguette. Ainsi il faut commencerPar se défaire de cette prévention , que de tout temsBaguette de coudrier a servi à trouver de l’eau.5 -xaminons présentement si cet usage si récent est un
ecret physique & naturel produit par les propriété? duOfps.
■^eux réflexions pourroient suffire , pour convaincre° llt le monde que le tournoyement de la Baguette n’estr S Un effet de ce qui s’exhale d’aucun corps,j. première réflexion est, qu’en divers endroits lec ret ne réussit pas fans quelques pratiques superstitieu-p S > ou tout-à-fait arbitraires. On l’a vu dans cette, artle , où on a pu remarquer que soit pour le choixhois , ou pour les diverses choses qu’on a essayé de. ec oiivrir, chacun a suivi ses vues & ses désirs. N’est-pas clair que si le tournoyement de la Baguette étoite ffet de ce qui s’exhale des corps, il ne dépendraitP°int de la fantaisie ou de la superstition des hommes ?
La seconde réflexion est, que l’on ne fait rien davan-sige pour chercher de l’eau ou des métaux avec la Ba-bette , que ce qu’on fait pour chercher une borne oun écu vole. Donc on a sujet de porter le même ju-gement du tournoyement de la Baguette sur l’eau, quee celui qui se fait sur la borne. Or on a démontréstue la Baguette ne tourne pas naturellement fur la bor-e. Donc on a lieu d’en dire autant de celui qu’onPP-Ç. 01t fus l’eau ou fur les métaux,y- a! . s Pour aller au devant de toute exception , jeceux fluì bannissant tout ce qui parait supersti-leux , ne cherchent que des choses physiques • & ieV».S prouver q™ le tournoyé™, £
eau ou fur les métaux , ne peut être censé un effetruyhque & naturel.
P R E M I E* R- -E PREUVE.'
Tiree de ce que la Baguette manque très souvent.
I JOur mettre au rang des secrets naturels un phéno-méne extraordinaire, il faut être assuré que leles ar A rive constamment & d'une maniéré uniforme danscirconstances. Nous disons , par exemple,l Ur li a,mari ^tire le fer par une vertu physique & na-fer 6 ’ P arce q ue toutes les fois qu’on lui présente dueh ’ d Attire. Or dans tous les pays où la Baguette6c ^ uía S e , on convient qu’elle est fort trompeuse,g^ett 3 "'embarrasse pas peu les Défenseurs de la Ba-lro llv e ‘ Tantôt elle tourne fur des endroits où il ne feN'z e ssue de la terre & des cailloux , & souvent elledes tourné là où il y avoir assurément de l’eau &c}'a! e , etaux - Chez Mr. le Prince , à l’Académie Ro-Vu (} es es ^eiences , & en cent autres endroits on en apro rieur ^ r ^ Uve . s , qui seules suffisent pour confondre lesstz pi •! du secret. On sait par tout des histoires as-der tQ antes ^-dessus. Donc on n’a pas lieu de regar-des u f no yement de la Baguette comme un effet na-Physique.
C ° NDB PREUVE.
^ a guette tourne sur trop de choses différentes
A B
tntr'elles.
cW^ UÊtte îourne fur un très grand nombre de£s toutes différentes les unes des autres, com-
PERSTITIEUSES, &c. * 55
me l’eau, les métaux, les minéraux, les cadavres, &c.Or des choses si différentes entr’elles ne peuvent avoirles mêmes vertus , ni faire la même impression fur uncorps. Ce qui attiré le fer n’àttire pas le plomb ; cequi dissout l’or ne fauroit dissoudre l’árgent ; & les va-peurs de l’eaú ne feront jamais ce que fait la vapeur duMercure. Donc ce qui s’exhale de tant de corps dif-férons , fie peut produire le même effet dans une mêmeBaguette : À plus forte raison ne le produira-t-il pasdans des Baguettes de toute espèce de bois. Car enfinil n’y a qu’à fe souvenir de ce qui a été dit dans lépremier livre , les circonstances physiques subsistant,l’effet doit être le même. Mais ces circonstances chan*géant, l’effet doit auffi changer.
DIFFICULTÉ'.
Ne pourroit-on point dire qu’une Baguette, de quel-que espèce de bois qu’elle soit, tourne fur tout ce quis’exhale des vapeurs & des fumées , & que la raisonpour laquelle elle tourne fur tant de choses différentes,c’est que semblable à un crible inégalement percé , ellea des pores différons > dont les uns donnent passage auxvapeurs de l’eau , les autres à ce que l’or exhale, ceux-ci à ce qui fort du fer ; enforte qu’elle ait des porespropres à recevoir la vapeur de tout ce qu’on lui pré-sente ?
R E' P O N S E.
Je répons i. que les diverses espèces de bois fe trou-vant différentes par le tissu des fibres & par les diversarrangemens des pores, on ne peut pas supposer quetout ce qui passera par le saule , doive auffi passer parle chêne ; & qu’ainsi il n’est pas raisonnable de dire quedifférentes Baguettes doivent tourner également fur unmême métal, ni qu’une Baguette tourne fur des mé-taux différons.
Je répons a. que s’il n‘y a qu’à dire qu’un, corpspeut être agité par toutes tortes de vapeurs & d’exha-laisons , à cause qu’il y a de pores de toute forte de fi-gures , l’on prouvera facilement que tous les corps quitranspirent doivent s’agiter, se repousser , ou s’attirer,les uns les autres. Or on prouverait faux. Donc.
fe répons z. que ceux qui donnent à une branched’arbre des pores propres à donner entrée aux exhalai-sons de quelque métal que ce soit, ne sauraient accom-moder cette supposition avec ce qu'ils nous apprennenteux-mêmes , qu’en mettant à l’extrêmité de la Baguet-te une pièce de métal différent de celui qui est en ter-re , la Baguette ne tourne plus. Car puisque par leursupposition chaque métal trouve dans la Baguette despores qui lui sont propres , il s’ensuit qu’elle ne doitpas s’arrêter, & que la vapeur du métal qu’elle touche,doit aussi bien la faire tourner que 1a vapeur de celuiqui est en terre.
Si l’on nous dit que faction d’un métal empêchecelle d’un métal différent, lorsqu’ils agissent en mêmetems fur la Baguette, j’en conclurai fort aisément qu’el-le doit donc être immobile sur un endroit dans lequelil y a des métaux de différente espèce, qu’elle doit hê-tre auffi fur l’eau qui passe dans des canaux de plombou d’autre métal. Or l’expérience est contraire. Doncde quelque côté qu’on se tourne , on tombera dans descontradictions.
Je répons 4. que si la Baguette tournoit fur tout cequi transpire, elle tournerait sur l’eau & sur les métauxà découvert auffi bien que sur ceux qui sont cachez :on la verrait même s’agiter avec beaucoup plus de for-ce , sor ce sujet qui est à découvert, parcequ’il estconstant qu’il transpire beaucoup plus que ce qui estcaché. Je répons qu’elle tourneroit par tout où il. y ades animaux & des hommes, lesquels assurément trans-pirent bien davantage qu’une petite piéce de métal ; &qu’enfin elle tournerait fur tant , & de si diverses cho-ses, que le secret ferait absolument inutile. Que pour-roit-on chercher avec la Baguette dans une maison ouSss fl
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