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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SU

fourees , cest parcequon a cru que cétoit un secretPratiqué de tout tems comme une expérience fort na-turelle. ^ L e père Dechales la écrit ainsi , & le Révé-rend Pere Meneílrier qui condamne lusage de la Ba-guette comme une des superstitions les plus marquées jn a ,.P u siuelque doute I légard de leau , quà causéstU'l croie que ce secret est connu dun tems immémo-J. H est en effet difficile de ne pas dire ce qui se1,: . communément dans le monde. Or dans lhistoiree I origine & du progrès de la Baguette Chapitre XI.j, lIS avons vu que ce prétendu secret de découvrir d&-ç au avec une Baguette , loin davoir été pratiqué dans° Us les siécles, a été au contraire inconnu avant ce sié-j, e 5 âc qu'st est le plus récent de tous les usages que° n à s a i t d e i a Baguette. Ainsi il faut commencerPar se défaire de cette prévention , que de tout temsBaguette de coudrier a servi à trouver de leau.5 -xaminons présentement si cet usage si récent est un

ecret physique & naturel produit par les propriété? duOfps.

^eux réflexions pourroient suffire , pour convaincre° llt le monde que le tournoyement de la Baguette nestr S Un effet de ce qui sexhale daucun corps,j. première réflexion est, quen divers endroits lec ret ne réussit pas fans quelques pratiques superstitieu-p S > ou tout-à-fait arbitraires. On la vu dans cette, artle , on a pu remarquer que soit pour le choixhois , ou pour les diverses choses quon a essayé de. ec oiivrir, chacun a suivi ses vues & ses désirs. Nest-pas clair que si le tournoyement de la Baguette étoite ffet de ce qui sexhale des corps, il ne dépendraitP°int de la fantaisie ou de la superstition des hommes ?

La seconde réflexion est, que lon ne fait rien davan-sige pour chercher de leau ou des métaux avec la Ba-bette , que ce quon fait pour chercher une borne oun écu vole. Donc on a sujet de porter le même ju-gement du tournoyement de la Baguette sur leau, quee celui qui se fait sur la borne. Or on a démontréstue la Baguette ne tourne pas naturellement fur la bor-e. Donc on a lieu den dire autant de celui quonPP-Ç. 01t fus leau ou fur les métaux,y- a! . s Pour aller au devant de toute exception , jeceux fluì bannissant tout ce qui parait supersti-leux , ne cherchent que des choses physiques & ieV».S prouver q le tournoyé, £

eau ou fur les métaux , ne peut être censé un effetruyhque & naturel.

P R E M I E* R- -E PREUVE.'

Tiree de ce que la Baguette manque très souvent.

I JOur mettre au rang des secrets naturels un phéno-méne extraordinaire, il faut être assuré que leles ar A rive constamment & d'une maniéré uniforme danscirconstances. Nous disons , par exemple,l Ur li a,mari ^tire le fer par une vertu physique & na-fer 6 P arce q ue toutes les fois quon lui présente dueh d Attire. Or dans tous les pays la Baguette6c ^ uía S e , on convient quelle est fort trompeuse,g^ett 3 "'embarrasse pas peu les Défenseurs de la Ba-lro llv e Tantôt elle tourne fur des endroits il ne feN'z e ssue de la terre & des cailloux , & souvent elledes tourné il y avoir assurément de leau &c}'a! e , etaux - Chez Mr. le Prince , à lAcadémie Ro-Vu (} es es ^eiences , & en cent autres endroits on en apro rieur ^ r ^ Uve . s , qui seules suffisent pour confondre lesstz pi! du secret. On sait par tout des histoires as-der tQ antes ^-dessus. Donc on na pas lieu de regar-des u f no yement de la Baguette comme un effet na-Physique.

C ° NDB PREUVE.

^ a guette tourne sur trop de choses différentes

A B

tntr'elles.

cW^ UÊtte îourne fur un très grand nombre de£s toutes différentes les unes des autres, com-

PERSTITIEUSES, &c. * 55

me leau, les métaux, les minéraux, les cadavres, &c.Or des choses si différentes entrelles ne peuvent avoirles mêmes vertus , ni faire la même impression fur uncorps. Ce qui attiré le fer nàttire pas le plomb ; cequi dissout lor ne fauroit dissoudre lárgent ; & les va-peurs de leaú ne feront jamais ce que fait la vapeur duMercure. Donc ce qui sexhale de tant de corps dif-férons , fie peut produire le même effet dans une mêmeBaguette : À plus forte raison ne le produira-t-il pasdans des Baguettes de toute espèce de bois. Car enfinil ny a quà fe souvenir de ce qui a été dit danspremier livre , les circonstances physiques subsistant,leffet doit être le même. Mais ces circonstances chan*géant, leffet doit auffi changer.

DIFFICULTÉ'.

Ne pourroit-on point dire quune Baguette, de quel-que espèce de bois quelle soit, tourne fur tout ce quisexhale des vapeurs & des fumées , & que la raisonpour laquelle elle tourne fur tant de choses différentes,cest que semblable à un crible inégalement percé , ellea des pores différons > dont les uns donnent passage auxvapeurs de leau , les autres à ce que lor exhale, ceux-ci à ce qui fort du fer ; enforte quelle ait des porespropres à recevoir la vapeur de tout ce quon lui pré-sente ?

R E' P O N S E.

Je répons i. que les diverses espèces de bois fe trou-vant différentes par le tissu des fibres & par les diversarrangemens des pores, on ne peut pas supposer quetout ce qui passera par le saule , doive auffi passer parle chêne ; & quainsi il nest pas raisonnable de dire quedifférentes Baguettes doivent tourner également fur unmême métal, ni quune Baguette tourne fur des mé-taux différons.

Je répons a. que sil ny a quà dire quun, corpspeut être agité par toutes tortes de vapeurs & dexha-laisons , à cause quil y a de pores de toute forte de fi-gures , lon prouvera facilement que tous les corps quitranspirent doivent sagiter, se repousser , ou sattirer,les uns les autres. Or on prouverait faux. Donc.

fe répons z. que ceux qui donnent à une branchedarbre des pores propres à donner entrée aux exhalai-sons de quelque métal que ce soit, ne sauraient accom-moder cette supposition avec ce qu'ils nous apprennenteux-mêmes , quen mettant à lextrêmité de la Baguet-te une pièce de métal différent de celui qui est en ter-re , la Baguette ne tourne plus. Car puisque par leursupposition chaque métal trouve dans la Baguette despores qui lui sont propres , il sensuit quelle ne doitpas sarrêter, & que la vapeur du métal quelle touche,doit aussi bien la faire tourner que 1a vapeur de celuiqui est en terre.

Si lon nous dit que faction dun métal empêchecelle dun métal différent, lorsquils agissent en mêmetems fur la Baguette, jen conclurai fort aisément quel-le doit donc être immobile sur un endroit dans lequelil y a des métaux de différente espèce, quelle doit hê-tre auffi fur leau qui passe dans des canaux de plombou dautre métal. Or lexpérience est contraire. Doncde quelque côté quon se tourne , on tombera dans descontradictions.

Je répons 4. que si la Baguette tournoit fur tout cequi transpire, elle tournerait sur leau & sur les métauxà découvert auffi bien que sur ceux qui sont cachez :on la verrait même sagiter avec beaucoup plus de for-ce , sor ce sujet qui est à découvert, parcequil estconstant quil transpire beaucoup plus que ce qui estcaché. Je répons quelle tourneroit par tout il. y ades animaux & des hommes, lesquels assurément trans-pirent bien davantage quune petite piéce de métal ; &quenfin elle tournerait fur tant , & de si diverses cho-ses, que le secret ferait absolument inutile. Que pour-roit-on chercher avec la Baguette dans une maison ouSss fl

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