ij:ï HISTOIRE
,, mêlent de deviner par l’aic , par l’cau , par la terre,,,,-par.le fea , par les choses inanimées, par l’inlpectiondes ongles & dés linéamèns du corps , pat le fort,„ par les songes, par les morts, & par d’autrés moyens3i que le Démon inspire pour fairé assurer comme cer-„ raines les choses incertaines. Tous ceux qui font„ profession de prédire l’avenir , de découvrir les cho-„ fes dérobées, les trésors cachez , & autres choses de,, cette nature, qui servent à séduire facilement les per-,, sonnes simples , du trop curieuses. Qu’ils punissent„ sévèrement ceux qui consultent sur quoi que ce soit,, les Devins , les diseurs de bonne avanturé, & foutes„ sortes de Sorciers & de Magiciens, ou qui auront„ conseillé à d’autres personnes de les consulter, ou qui„ leur auront ajouté soi. Qu’on impose de grandes„ peines à ceux qui auront lait ou vendu des anneaux,„ ou quelque autre chose pour des usages magiques ou„ superstitieux. Que les Astrologues qui par le mou-,, vement, la figure ou l’aspect du Soleil, de la Lune,Sc des autres Astres, osent prédire avec certitude lesactions qui dépendent de la liberté des hommes,soient aussi sévèrement punis, 8 c ceux qui lés aùroiit„ consultez sur ce point avec confiance , soient soumis„ aux mêmes peines. Enfin que les Evêques punissent„ tous ceux qui dans l’entreprise d’un voyage , dans le„ commencement ou le progrès de quelque affaire, ob-„ servent les jours, les tems , & les momens , le cri„ des animaux, le chant ou le vol des oiseaux , la reri-,, contre des hommes, ou des bêtes, Sc en tirent bon„ augure pour le succès de leurs entreprises.
Les principaux Coadjuteurs des Evêques, tels quefont les Curez , les Archiprêtres , ou les Doyens ru-raux , doivent aussi le plus contribuer à faire abolir lessuperstitions. Le Concile de Malines en 1607. ordon-ne aux C tirez d’instruire les fidèles qui recourent fou-vërií à des pratiques superstitieuses par ignorance. CeConcile veut que les Curez fassent bien entendre à leursParoissiens qu’il y a de la superstition d’attendfë un ef-fet d’une cause qui ne le produit ni de sa nature , nipar l’institution de Dieu ou de l'Eglise ( a ). Le qua-trième COncile ( 6 ) de Milan en 1577. recommandébien expressément aux Curez de donner avis aux Evê-ques , des superstitions qu’ils auront reconnues.
Aussi dans un très grand nombre de Statuts Syno-daux qui ont été imprimez au siécle passé, les Évê-ques ont eu soin de prescrire cet article à tous Doyensruraux , Archiprêtres, Sc autres. Quelques uns de cesStatuts Synodaux , tels que ceux de Beauvais (c) pu-bliez en 165;. qui recommandent ce foin auX Curez,leur enjoignent aussi de parler contre les superstitions,& d’en faire désabuser le peuple dans les sermons.
Les Prédicateurs en effet peuvent beaucoup contri-buer à détromper le peuple, en faisant quelquefois rou-gir leur auditoire des superstitions dont le monde n’estque trop capable. Ils ne doivent pas craindre que lesujet ne soit pas assez digne de la Chaire. Us lavent
itineris susceptione , aut cujusvis rei institutione , vel progreffio-ne , dies , tcmpora & momenta observantes , quadrupedum vo-ces , avium garritum , aut volatum notantes , ex occuríu etiamfiominum, vel pecudum iuscipiendi operis felicitatem augurantur.Totn. XV. Cône. pan. tit. 10 . col. 23-2 & 2 / 3 .
(aj Et quoniam rudis populus fepè ex ignorantiâ luperstitioni-bus inquinatur, parochi íubditos suos diligenter de illis moneant,Sc inter cassera , superstitiosutn este captare quemeunque effectumà quacunque re , quem res illa , nec ex siiâ naturá, nec ex insti-tutione divinâ, nec ex ordinatione , vel approbatione Eccksiteproducere potest. Cône, Meclin. tit. XV. Cap. III. Tom, XV. Cône.
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(®) Parochi diligenter ei rei invigilent . ac si quod superstitio-num genus in fuse Parochi se hominibus animadvertant, id semperante proximam synodum rempote , quod Epiícopus prarflituerit,ad illum in ícriptis déférant ; ut ei malo occurri opportune poísit.'Éavtc 1 . cap. tU. pag. 411 .
(c) Les Curez; & Vicaires avertiront les ArchEprêtres 8c Do-yens ruraux des superstitions, tant pour guérir les maladies, qu’au.tres usitées dans leurs Paroiíìès , s’ils en savent aucunes ; St ticu-ti r c n- la main tant par leurs instructions , que par celles des Pré-dicateurs , qui n y épargneront pas leur zélé , à ce qu’elles íòiententièrement abolies. Art. 41.
c R ï T t Q. U È
avec combien de force les saints Orateurs ontparlé contre les pratiques vulgaires , contre les observa",rions des jours heureux ou -malheureux, contre leS phi'lactéres ou préparatifs pour la santé , & diverse; prati-ques semblables. Pourròient ils se proposer de méilseu fSmodèles que Saint Ambroise , Saint Augustin , SaintBasile, & Saint Chrisostomc ?
D’ailleurs les Conciles leur ont expressément recom-mandé d’instruire le peuple là-dessus. (d) Le Concisede Toulouse joint aux Prédicateurs les Confesseurs»lesquels prêchant èn particulier & en secret, peuventparier d’une maniéré plus efficace. Le Concile d’Yorcken 144*5. le leur recommande , Sc le quatrième Concisedé Milan veut qu’ils interrogent leurs pénitens fur sedétail des superstitions , & qu’ils leur en donnent <serhorreur (e)t,
Les Statuts (/) Synodaux de Paris en 151 ;.donnent qu’on interrogera les pénitens fur les pratiqué*superstitieuses , soit pour la guérison des maladies , oUpour recouvrer les clioíes perdues, LeS Rituels d’E'vreux , de Chartres , de Paris, d’Aleth, & beaucoupd’àutrès prescrivent la même chose.
Les Ecclésiastiques qui ne peuvent pas remédier &mal par eux-mêmes, soit qu’ils manquent de pouvoir,ou qu’ils n’ayent pas lieu d’instruire , doivent au ihoin*dénoncer les superstitions aux Evêques. Plusieurs (/)Synodes les y obligent. Enfin tous doivent s’appliqu erà entrer dans l’esprit & dans l’exercice de J e s uChrist Notre Seigneur, qui est venu fur la terrepour détruire les œuvres du Démon , comme dit Sain 1 :
Jean ...
Venons aux fiioyéns d’inspirer aux fidèles de l’Kof'reur pour les superstitions. Il y a deux moyens esse 11 'tiels , l’instruction & les peines décernées par l’Eglise'L’instruction est principalement nécessaire aux personne*qui sont superstitieuses, par des observations vaines #ridicules , qui leur font craindre des maux, ou espérsdes avantages temporels de certaines choses qui ne prj£duisent rien d’elles-mêmes. L’instruction est utile aun 1& nécessaire aux personnes, qui usant de pratiques aise*surprenantes pour guérir des maladies , ou procU^quelque autre bien, sc flàtent fur ce que par cesmoy £ ° Selles ne nuisent à qui que ce soit.
11 y a une troisième forte de personnes superstitsej 1 *ses, qui ne craignent pas d'user des maléfices pour n u í seau prochain , ou pour satisfaire leur curiosité déréglsou leur cupidité. Ceux-là ne sont pas eri grand n oíílbre ; l’instruction ne leur est pas si utile. Us n’ig ní ^rent pas qu’ils font mal , & ne peuvent être corrig eque par la Justice séculière. ^
Four s’appliquer donc à ceux qui craignent òu es P e ,
rent fur des observations mal fondées , qu’ils ont
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tendu faire , il faut leur représenter qu’ils pèchent c &tre la foi, qu’ils manquent de respect à Dieu, qu’n Sfont nul usage de leur raison ni de leur bon sens.
La foi, les notions de Dieu , & le premier C° gmandement , nous apprennent qu’il ne faut craindreDieu , & n’espérer qu'en lui. Que craignez voU*^tous ces augures, de toutes ces observations qu’on \a fait faire ? Celui qui craint Dieu n’aura peur de
(d) Quse ignorantiâ fímplicitateqùe hominum fuperstrt 10 .jqiiC 5pellendoium morborum , a-arumque rerum inanes obsoso^íî'temerè irrepferunt , eas omnes frequenti adhortatione ,
que rationibus Confessarii 8c Concionatores à populoruif flí-
evellere 8c ab iis declinari curabunt. Concil. Tolof. 13-90.
col. 13-24. t ( iSV
(e) ConfeíTarii quoque diligentes in eo genere se ptsssien '.veíiigentque num peenitentes aliquod rcmedium valeW ^ (eovulneribus adhibeant, quod non à medicâ arte 8c cogniu° a aUtà fuperstitione proficiscatur : tùm praétereà , num 1, ^ioca , aut quid ejusmodi, íùperstitiofâ opinione obier ^ gpyquós eâ in re peecare noverint , graviter objurgent, C» rmodi vano fenfu atque errore deterrere 8c avertere conen
cil. Meditl. IV. col. 421.
(/) Tit. de Sacram. Poen. tit-
(g) Concil. Bitur. 13-27. Coíicil. Mediol. IV. par*?
n. 4.
{h) Ut dissolvat opéra Diaboli.