DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &c.
marque infaillible de la vérité ; mais il faut pren-^ re garde à ne pas recevoir pour évident ce qui ne l’estP a J > & à ne pas parer le mensonge des habits de la vé-àê. Dans le fait dont il s’agit , par exemple, pour
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“«us ìe ra n. uonc u s agir , par cAcuipic , puui
paner raisonnablement, il faudroit que ceux qui veulenta somment soutenir que tous les talens de cet homme nePeuvent avoir une cause naturelle , connussent toutes lesau ies naturelles , qui peuvent avoir quelque rapport àces talens ; & que les ayant toutes examinées , ils con-j e °t qu’aucune n’y peut contribuer ; ils pourroient0rs avec quelque raison prononcer que ces talens ontcause qui n’est pas naturelle. Je vous laiífe a juger,OìSÍSlEUR.,à vous qui êtes un si bon J uge deh 0ute s choses, si cela fe paífe ainsi, & si ce grand nom-sr âe gens toujours prêts à décider de tout, sont fuf-. mn aent instruits des secrets de la nature , pour pou-°' r far le champ prononcer , comme font la plupart,T 1 . 1 ! n’y a aucun ressort dans la nature qui puisse pro-^nire les singularisez qu’on remarque dans cet homme,our l e u r rendre à eux-mêmes leur propre jugementu *pect , j e voudrois les prier d’examiner eux mêmese Urs propres décisions. J’en ai oui plusieurs de ceuxvn ne vouloient point reconnoitre de cause naturelle des^ *nns de l’homme à la Baguette , fur le fait du vol,des meurtriers, qui ne s’étonnoient pas, disoient-ils,h faculté qu’il avoit de trouver les sources cachées à^gt pieds dans la terre avec fa Baguette ; passe pour, . » disoient-ils, c’est une chose ordinaire, nous con-oissons bien d’autres gens qui ont la même vertu, maise suivre les meurtriers & les voleurs avec la Baguette,payement cela est bien différent, on n’a jamais oui par-de cela , très assurément il y a là du Grimoire,xuant à moi , je ne crois pas que la plupart de ceseflieurs qui ne s étonnent point du premier de cesenomenes, s en étonnent moins parcequ’ils en com-P r ennent mieux la cause , qu’ils ne comprennent celleses autres Phénomènes qui les passent , mais seulementpfcequ’ils en ont oui parler plus souvent ; car il meca h' au ® mMé d’expliquer comment l’eau
c ce a vingt pieds dans la terre , peut faire tournerne Baguette entre les mains d’un homme , que d’ex-Pnquer tout le reste.
nkv 2 ^ en ^ £ ’ ^ONSIEUR, qu’en voilà assez pourbr'^ er ^ eUX ^ U1 n ^fa >nt c l ue rarement usage de leur es-Pnt , & qui par-la en connoiffent moins les íoiblesses,9 etre plus retenus a decider si hardiment, & à lire avec^oins de prévention les Ouvrages de ceux qui ont unf u ?fas d’habitude qu’eux à penser sur les secrets de19 nature.
^Mais avant que de finir, je sois obligé de vous justi—
Proposition que j'ai avancée dès le commence-
proposition est , qu’un esprit médiocre pour-^ aisément appliquer tout ce que je dirois pour lesnrtriers , aux autres talens de Jacques Aymar , &Ve r ° n ?ourroit par la même Hypothèse expliquer latr u r>u'il a de suivre aussi la piste des voleurs , del ée$ VCr ' es fanrces, l’argent caché, les bornes transplan-p ro ‘ s !1 n’est pas mal aisé en effet de soutenir cetteleurs T n ’ Po^Pstn'il ne faut que supposer dans les vo-dans l’eau, dans l’argent, & dans les bornes, desâe corpuscules qui font des effets fur le corps
ceuv ar > & conséquemment sur la Baguette , pareils à
'De _ —- -_ r t — .
n aurez
fai remarquez pour les meurtriers. Vousv 0lls ' P as de la peine à en convenir, MONSIEUR,lettrç^ 1 ? IZnorez rien de la Philosophie , & des bellesPl'qué^ 111 V ° us fa rvent a délasser votre esprit si fort ap-naêtngs 5U public. Pour ceux qui n’ont pas lesil suffira de leur avoir prouvé qu’il
5 J sac
11 est,
ouvertures
: P as presser de dire que ce qu’on ne voit pas,
flui ' qu’il y a beaucoup de choses dans la natureconap ren ’ âc qu e nous ne voyons pas , mais que nousgent & | e n T°rt bien. Peut-on en effet nier que l’ar-Puseules f l>0rnes ne puissent envoyer beaucoup de cor-stU’on s a i t ans diminuer sensiblement de poids ; depuisPar expérience qu’une tasse de Régulé d’An-
timoine rendra plusieurs années tous les jours une gran-de quantité de vin vomitif fans diminuer de poids jquoique cela n’ait pu fe faire fans qu’il fe soit détachédes corpuscules antimoniaux , qui ayent passé de la taíïèdans le vin, chaque fois que ce]vin est devenu vomitif?Depuis qu’on fait par une autre expérience qu’on faitbouillir pendant des années entières une livre, par exem-ple, d’argent vif , dans l’eau qui en reçoit la vertu detuer la vermine , fans que l’argent vif diminue sensible-ment de poids , bien que cette vertu n’ait pu arriver àl’eau que par le détachement de quelques corpusculesMercuriels ? Et combien d’autres expériences pourroit-on citer, pour prouver qu’il fe détache de tous les corpsdu monde incessamment des corpuscules qu’on ne voitpas ? Si la plupart des hommes savoient combien la na-ture est mystérieuse , que son artifice consiste toujoursirt m'mìmo organico , & que ce très petit organisé n’estpas fait pour être apperçu par nos yeux , fans doute ilschangeraient le violent penchant qu’ils ont à ne croireque ce qu’ils voyent, ou ce qu’ils sentent , & à croireque ce qu’ils ne peuvent ni voir , ni sentir , n’est pas.Le Microscope seul est un remède proportionné à leurfoiblesse, ils peuvent avec son unique secours guérir parleur propre sens leur esprit des erreurs où leurs sens lefont tomber si souvent , puisqu’avec le Microscope ilspeuvent voir des choses qu’ils n’auroíent jamais vues fanscet instrument , lesquelles néanmoins n’auraient paslaissé que d’être , quand bien on n’auroit pas trouvé uninstrument propre à nous les faire voir. II ne faut doncpas nier l’émanation des corpuscules , parcequ’elle n’estpas toujours sensible : quand on ne connoitroit que ladivisibilité de la matière à l’infini , on en saurait assezpour comprendre cette émanation continuelle de cor-puscules.
C’est là , MÒNSIEUR, ce que j'a vois à vousdire pour soutenir la proposition que je pris la liberté devous avancer , le soir que vous me sites l’honneur deme parler de cette affaire. Cette proposition est , queles talens de J acques Aymar font naturels, & qu’on lespeut expliquer aussi, physiquement qu’on explique lesPhénomènes de l’ayman , ceux de la poudre de Sym-pathie, & beaucoup d’autres. Il ne me reste qu’à vousprier d’excuser toutes les sautes que vous trouverezdans ces réflexions , à cause du zélé & de l’envie quej’ai eu de vous plaire ; de vouloir bien corriger mes er-reurs par vos lumières ; & de faire grâce â tout l’ouvra-ge , à cause de vos bontez ordinaires pour l’Auteur, &de l’empressement que j’ai eu à vous marquer parcoup d’essai le profond respect avec lequel je fuis,
MONSIEUR,
Votre très humble & très obéissantserviteur,
garnier.
Relation promise dans ïavis au Lecteur dequelques aidions de Jacques Aymar queVAuteur lui a vu faire chez Monsieur leLieutenant- Général , & de quelques ré-ponses que ledit Aymar fit à des queflionsqui lui furent alors proposées par l’Auteur.
L E troisième de Septembre de la présente année i<Sp 2 .
je passai trois heures avec Jacques Aymar , chezMonsieur le Lieutenant-Général de cette Ville, Mon-sieur l’Abbé son oncle, Monsieur l’Abbé de Saint Ro-main , & Monsieur de Puget s'y trouvèrent, & furenttémoins de ce qui fuit.
Jacques Aymar prit une Baguette fourchue qu’oncoupa au premier balet qu’on trouva , il tint chacunedes ex transitez fuperieures de la Baguette fourchue dans1 une de ses mains , laissant en bas le bout où se réunis-
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