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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SU

fible pour cette même raison , selon Tobservation desPlus habiles Médecins. II ne manque pas dexemplesgens qui après avoir été traités selon la coutume ,après avoir exactement pratiqué les observances dela Ne,uvaine, ont été enragés. Il suffira de citer la per-sonne que M. Thiers dit avoir trouvé en 1687° en laParois]e de Champrond dans le Diocèse de Chartres,^onsultés le tome 2. 1 . 6. chap. 4. de la seconde E-uition de son Traité des Superstitions publiée à Paris y a quelques années.

Je pourrois rapporter un autre exemple que je trou-Ve dans une Lettre que ma écrit le 18.de Novembre,* 7 e>o. le Curé de la Paroisse de Saint Hubert , donta vertu & la capacité vous font connues. On assureeric ore quon a constamment remarqué que tous ceuxont été taillés au Monastère de St. Hubert sap-P r °chent des hommes ou des animaux enragés fans au-Cu n danger, ce qui narrive point aux autres. On ditau ffi que ceux, fur les fronts de qui on a mis unJ et it brin de la sainte Etole, meurent tranquillement &atlS convulsion, lorfquil leur arrive de mourir de lacontre laquelle ils ont cherché un préservatif,"h comment est on assuré du premier fait ? Par lasommée : (a) Mais la renommée , qui ejì le titre de^certitude , pour me servir des termes de Tertullien,V pas lieu lorsque des témoins oculaires déposent desàoses contraires. Je crains bien quon ne trouve pointCtl tout cela cette sincérité & cette prudence qui don-J en t à un témoignage lautorité la plus étendue. Ceer °it prendre une peine inutile de marquer en détaill °utes les raisons quon peut avoir pour en imposera Ux simples & aux moins clairvoyans , je parle à des§ens instruits. Quant à lautre point, peut-être quece nest point la rage, mais la fièvre ordinaire , qui a«ait mourir ceux quon dit être morts tranquillement.

J c comtois des médecins habiles qui pensent quil faut^tribuer la cause de cette mort paisible à un épuise-ment de forces causé par lardeur de la fievre.

- ^lais pour revenir à mon sujet, les hommes croient^dinairement, quil leur est glorieux quun miracle se,°it opéré en leur faveur. Cest pourquoi il y a unen anité de gens qui se vantent fans raison davoir étéRéservés de la rage par le moyen de la Neuvaine dea 3lnt Hubert ; soit pares quil nest pas certain quilsyent ete mordus par des animaux venimeux, soit par-Ce quil ne paroît pas clairement que la nature na pasc °ntribué à détourner la rage. Quoiquil en soit, puis-ai narrive presque jamais que les Théologiens , lesç *Çdecins, & des personnes sages, désintéressées & é-

- a 'i"ees approfondissent avec soin la vérité de ces gueri-j s > prétendues miraculeuses, cest avec peu de fon-se 1 nt . st ue ses Religieux du Monastère des Ardennesj>. glorifient des guérisons innombrables obtenues parj a ^cession de Saint Hubert, & par les pratiques deg^fuvaine, comme d'une grâce singulière de Dieu ,f e d un miracle continuel que létat présent de lEgli-v ^ ne comporte pas, & que l'Eglise naissante na pointd e moins quils produisent des procès verbauxd> e Ce * guérisons , tels que les Evêques ont coutumeïjcj 1 déposer dans leurs greffes, pour autoriser les mi-: es> & p our en transmettre la mémoire à la posteri-

PERSTÎTIEUSES.

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faj Pfce q U e selon le Concile de Trente , (b) ìl ne

que les miracles. . . . avérés & approuvés4 '^ ^ v ' e que âpres qu il a consulté des Théologiens &0tl J eS J er J° mes recommandâmes par leur piete. EnfinPart} tri , buera cette sorte de guérison ou à un miracleci ne Cu her, ou à la Nature, & au secours de la Mede-a H faut opter lun de ces deux sentimens, il nyíc p nt . de milieu. Si elles sont opérées par la Naturea Medeçine, ce seroit aux Médecins à en ju-

8 S A e fr- «p. 7 . a .

' Dccreto de Invocat. Sanctorum,

ger ; mais ils sc mocquent des pratiques de la Neuvai-ne, & les traitent de frivoles & de ridicules, commentalorsdiroit'on que ces guérisons sont miraculeuses? Cer-tes si cela est, les pratiques de la Neuvaine, du moinsla plupart, sont vaines,car Dieu nattache point à l'E-glise par de pareilles observances les miracles de setoute puissance; & il ne permettroit pas que ce quilseroit pour manifester se gloire, & les vertus de SaintHubert, fût tellement obscur, que durant tant de si é-des, & après un mûr examen souvent repeté, les plu§habiles des Théologiens & des Médecins Catholiquesle niassent & écrivissent même que la Superstition y âbeaucoup de part. Or les Docteurs de Paris ont cer-tainement donné une décision contraire à la vôtre fuscette matière, ainsi que le rapporte M. de Sainte Beú-ve au Tome r- de ses cas de conscience No. 195. Quioserait donc soutenir que Dieu sait tous les jours desmiracles en faveur des impies, & par des impies, quife glorifient à ce sujet du repi,que le dernier article dela Neuvaine permet à ceux qui ont été taillés, don-ner à un autre? Ce ne seroit certes ni lEcrivain ano-nyme du onzième siécle, ni même les Religieux deSaint Hubert daujourdhui : Cependant ce repi surpassevisiblement les forces de la nature , comment doncpeut on le défendre ? En aucune maniéré : autrementune expérience égale prouverait quil ny a pointSuperstition dans plusieurs pratiques suspectes à tousles Théologiens, ou plutôt condamnées unanimement,dont se servent avec succès les gens de la campagnepour guérir les maladies de leurs bestiaux. La foibleffc& le frivole de largument tiré des guérisons journaliè-res paroît en ce que il y en a eu de semblables-, sup-posé que ce soient des guérisons , loissque parmi les pra-tiques de la Neuvaine on croyoit nécessaire la confession& la communion de neuf jours de fuite , sens quellefût jamais omise par les impies ; car les Religieux deSaint Hubert ne remedioient pas à un si grand abus.Qui est-ce qui ignore que ce désordre na que trop long-temsduré dans ces païs? Cest pourquoi rien nempêchedattribuer plutôt avec les Théologiens & les Méde-cins de Paris ces guérisons, sil y en a, au Démon ouà la Nature, quà une grâce singulière de Dieu & à unmiracle.

On voit par combien est frivole le raisonnementde ceux qui croient que Dieu tromperait ceux quivont au Monastère de Saint Hubert pour y observerla Neuvaine. Mais je veux que Dieu voulut én quel-que maniéré approuver l'usage qui partage les Docteursde Paris & de Louvaintsi la rage étoit toujours chas-sée dune maniéré extraordinaire par linsertion au frontdun petit brin de la sainte Etole, & par lobservationde la Neuvaine , il nest pas clair quil fe fit aucunprodige au-dessus des forces de la nature. Jai dit ,quand même Dieu approuverait en quelque maniérécet usege, persuadé que Dieti ne seroit aucune trom-perie, quoiquil préservât de la rage quelques uns deceux, qui, en recourant à la protection de Saint Hu-bert dans la simplicité de la foi & par un esprit deReligion, se font mettre au front un brin de la sain-te Etole, & observent la Neuvaine : car sil ne fautpas attribuer leur guérison a Tassurance quils ont delobtenir ; assurance si efficace, selon le sentiment desMédecins pour ôter les maladies, il faudrait les attri-buer à leur pieté que Dieu récompenserait par linter-ceffion de Saint Hubert, & non aux cérémonies de laNeuvaine, auxquelles Dieu aurait attaché la vertu dela guérison du corps comme au Sacrement de lExtrê-me-onction. Car comme Dieu ne trompe point parlaccomplissement des prédictions dun Prophète quidétourne de son culte , parce que la Loi naturelle aplus dautorité que ce Prophète (c) p 0U r nous persua-der. Ainsi la guérison peu commune dun observateurde la Neuvaine, nautorise point une pratique supersti-tieuse

(«) Veut. 1 j.

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