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tieuse que îa loi naturelle & positive commandent ou-vertement de rejetter. Mais si vous me demandés pour-quoi j’appelle peu commune une guérison que vouscroyés journalière, & qui est nommée une merveillepar vous, par les Examinateurs Synodaux du Diocèsede Liege , & par l’Evëque dans l’approbation dattéedu 4. d’Octobre 169s en voici la raison : c’est qu’ilne convient point à des Théologiens de donner le nomde merveilles à ces guérisons fans être assurés que lesanimaux dont la morsure sait craindre la rage, étoientvéritablement enragés lorsqu’ils ont mordu, qu’ils ontcommuniqué avec leur dent & leur salive le poisonmortel qui a corrompu la masse du sang, & que ceuxqui ont fait le voyage de Saint Hubert, ont été véri-tablement guéris. Ce dernier point ne peut pas êtresouvent constaté parce que ces voyageurs rétournentpromptement chez eux. Et il est encore plus diffi-cile de s’assurer du premier fait, vû qu’on n’a pointces animaux, & qu’ils n’ont jamais été bien connus desMédecins & des gens habiles.
J’avouerai ingénument qu’on peut faire quelquefond fur la conséquence tirée de l’aiitorité des Ab-bés des Ardennes, fur tout de St. Thierri qui dansl’onziéme siécle a illustré le Monastère de Saint Hu-bert , & des Evêques de Liege. Car il n’est pasprobable qu’ils ayent ignoré les pratiques de la Neu-vaine, & il leur a été, facile d’en pénétrer l'origine& les effets. Cependant je ne vois pas que cet ar-gument, tout spécieux qu’il est, soit invincible. Lesuffrage, ou plutôt le silence des Evêques Diocésainsperd beaucoup de fa force , si l’on considéré queplusieurs ont été absens de leur Diocèse , & que d’au-tres ont été accablés ou d’affaires ou de vieillesse ,pour ne pas dire que pour plusieurs. autres raisons ,les pratiques de la Neuvaine ont pu avoir été incon-nues aux Evêques de Liege. Parmi les approbateursdes dix articles de la Neuvaine,on ne peut en comp-ter de fort anciens, fans qu’il soit assuré que tousles articles sont d’une ancienne datte. Or il faudroitdes preuves non communes pour persuader ce sait.Que si le Monastère des Ardennes est exempt, ou dedroit ou de fait , de la juridiction de l’ordinaire ,il fera difficile de montrer que les Evêques de Lie-ge ont autorisé la Neuvaine. Au reste si l’argumenttiré de leur silence n’est pas entièrement renversé ,du moins on se persuadera qu’il n’est pas bien fort :cette exemption sert encore à énerver l’autorité qu’onprétend que les Abbés des Ardennes ont donnée àces pratiques. Je passe sous silence qu’on toléré biendes choses, pourvu qu’elles ne soient pas évidem-ment superstitieuses.. Je ne dirai pas que l'amourdes Lettres , ou de la discipline Monastique , quirégné aujourd’hui dans le Monastère des Ardennes,y a langui pendant quelques siécles. Encore moinssoupçonnerai je que l’esperance du gain que les Quê-teurs de Saint Hubert amassent en courant de touscôtés a empêché d’examiner sérieusement ces pra-tiques. Au reste j’aime mieux apprendre, que de ledire , si ces quêtes sont contraires aux décrets duConcile de Trente (<*), comme l’a décidé le Concilede Reims de l’an 1564, 'ou présida Charles de Lor-raine. Il suffira de remarquer qu’on a reformé sorttard l’abus touchant , 1 a Communion mise parmi lespratiques de la Neuvaine. Puisqu’on est rédevablede cette resormation à l’illustre Abbé d’aujourd’hui»il saut esperer qu’il ne s’offensera pas de ce que lesThéologiens discutent les pratiques de la Neuvaine,Lc en recherchent l’origine , & que fa Religion & fasagesse l'engageront à reformer ce qui lui paraîtraplein, ou suspect de Superstition.
-- Oyant à l’autre partie de la question que noustraitons, le très Chrétien Jean Gerson , cette heu-reuse production du terroir de Reims, a improuvéil y a près de deux cent ans, la Neuvaine de Saint
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Hubert qui ne lui étoit pas inconnue, II j a, dit-ií »certain culte des Saints qui paroi t fort Superstitieux ,comme de faire des neuv aines, & non des oétaves, corn-me encore les observances particulières inventées au Mo*najtere de Saint Hubert , pour la morsure d’un chien en-ragé, lesquelles ne font fondées fur aucune raison : dorsces pratiques pajfent en Superstition , ce qui nefi autre,chose qu'une vaine religion. Ce passage tiré du Traitede la direction du Cœur , est rapporté par Bochel Livre4. des Décrets de VEglise Gallicane chap. 50. Or la de*cision de cet illustre Théologien a toujours été recon-nue pour conforme à la vérité par les Docteurs de Pa-ris qui l’ont déclaré dans l’occasion, appuyés du suf-frage des Médecins en ce qui regarde leur profession-II est étonnant que les Religieux de Saint Hubertpourvûs de belles indulgences pour les Pèlerins n’ayentpas demandé aux Papes l’approbation de la Neuvaine »afin d’aneantir la décision des Théologiens & desMédecins de Paris. Mais il faut traiter en détail ÇCque Gerson n’a touché qu’en général ; ainsi je vaisdiscuter chaque article de la Neuvaine.
1. Celui Jur le front de qui on a mis un petit brin &la sainte Etole doit Je confejfer & communier neuf jod*conficutifs. Mais pourquoi pendant neuf jours ? Est'ce parce que nous avons emprunté des Payens la NeU-vaine ? L’Eglise a eu anciennement ses octaves ; maisje ne vois pas qu’elle ait célébré des Neu vaines : & j ene crois pas qu’on en trouve des vestiges avant réta-blissement des Ordres Mendians, c’est-à-dire avant Ktreizième siécle. Certes s’il étoit certain qu’un desSaints Abbés des Ardennes eut été inspiré du Ciel poUsfixer ce nombre de jours, ainsi qu’Elisée par une in-spiration divine, qu’on ne peut révoquer en doute»ordonna à Naaman le Syrien (6) de se laver sept soi Sdans le Jourdain, ce ferait une vraye chicane d’hesiteíen ce point : mais cela n’est pas évident. Objecter?'t-on les effets merveilleux ? Ce que nous avons àéj*dit montre assez combien il y a peu de fondement e *tout cela. Mais pourquoi Contre l’ancienne cosinusréitérer tant de fois en si peu de tems la Confession»pour des péchés ordinairement veniels ? Cet usage estune sorte preuve de la nouveauté de la Nouvaine. s £ÎReligieux de Saint Hubert ont jugé qu’il n’étoit p aî .permis de prescrire la confession des péchés mortels »suivie de la communion tout d’un coup , & cofffli®par une réglé inviolable : car dans la derniere expli c Ction de cet article, ils veulent que la communion , jsouvent repetée pendant neuf jours , dépende devolonté d’un Confesseur sage & prudent. Maisexplication a paru fort tard , & c’est pour celacette communion a été approuvée, ainsi que l’instn uîl’Evêque de Liege dans son jugement. Ce seroit llílCtémérité insupportable de dire que ce premier artid e *été à peine observé religieusement par quelqu’un ■qu’ainsi il est inutile ayant été proposé à tous ceux ss uont été taillés. ,,,
Le second article est conçu en ces termes, ftcoucher seul en draps blancs fr nets , ou bien tout “ vS ■Voici l’explication de cet article. Seul , crainte d’a cC £dent fâcheux tant pour soi que pour autrui, n’ypas une certitude si absolue de sa guérison & f rsanté, que l’on ne doive prendre des précautions st ^tutelles. En des draps blancs & nets , pour évit £rinconveniens qui n’arrivent que trop souvent a P ■avoir dormi dans des draps infectés. Ou bien tout ^ j £pour la même raison, & par mortification. O"ici une mere qui avertit son fils prêt à voyager *les pais lointains, de consulter un habile Médecinsait guérir de la rage, & non un Moine,qui en& administre une Cérémonie religieuse. D'aisseurste explication viendra trop tard & après la choie j,j
fur tout pour ce qui regarde la mortification. , n ^ 0 gs\peut le croire , pour moi je n en crois rien. Mais ce ^
(a) Léss. i. c. 9.
(i) 4. Rég. c. 5.