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HIST01RE DES
L t fi la fer sonne recevois blessure ou morsure de quel-ques animaux enragés, qui allat jusqu au sang , elle doitfaire la même abfiinence /’espace de trois jours fans qu’ilsoit besoin de revenir a Saint Hubert. C’est ainíì qu’estexprimé ce neuvième article, fur lequel on donne cet-te courre explication : Cet article marque que cette Neu-vaine efi ordonnée en esprit de penitence , puisqu il la qua-lifie d'abstinence. Ce n’est ici qu’un jeu de mots, estce qu’il n’y a point d’abstinence politique ì Elle esttrop usitée dans les pais septentrionaux pour 1* décri-re ici. Il y a une autre abstinence médicinale, oh cer-tainement l’esprit de penitence n’a point de part. Maispourquoi exiger cette abstinence de trois jours, com-ment est elle suffisante ? Les Théologiens Sc les Mé-decins de Paris en cherchent la raison fans pouvoir latrouver. Si cette abstinence est nécessaire, il faudroitl'observer plus longtems, si elle ne l’est pas, pourquoine pas l’abreger encore davantage ? On se trompe enl’un & en l’autre point,ou bien cette différence vientdu Ciel. Pour nous , nous soupçonnons qu’il n’yait en tout cela de la fadaise & de la superstition. LesMédecins craignent non seulement que la rage soitcausée par une blessure considérable,- mais même parla plus petite. Lorsque la salive de l’animalest infectéeSc pleine d’un venin mortel, il n’en saut pas davan-tage pour corrompre la masse du sang.
II pourra enfin donner repi ou délai de quarante a qua-rante jours k toutes personnes qui font blessées oU mordue ta sang , ou autrement infeélées par quelques animaux en-ragés. C’est afin que ceux-ci ayent le tems de fairele voyage de Saint Hubert. Ce pouvoir , si l’on encroit les interprètes de ce dernier article , est tout kfait merveilleux & fi ordinaire qu’il est hors de doute &de contestation , les effets journaliers en faisant foi danstout le Christianisme oìt Saint Hubert est connu. Maisafin que les Religieux de Saint Hubert s’applaudissenttranquillement, il faut qu’ils éclaircissent cette matièredans des Dissertations Historiques & Théologiques,& qu’ils démontrent par des argumens invincibles cet-te merveilleuse prérogative d’accorder le repi contrela rage : car il s’agit d’un miracle journalier. Pourl’écarter dans le second aiticle,ils prescrivent quelqueprécaution même à ceux qui ont été munis de 1a par-celle de la sainte Etole, & ici ils ne conseillent pas mê-me aucune précaution à ceux qui ont conçu le violentdésir de faire le voyage de Saint Hubert. Est ce ainsiqu’ils oublient cet oracle du Saint Esprit ? ( a) Lestris haut a créé les remedes , er !homme prudent ne lesméprisera pas. Jusqu’à ce que les Religieux de SaintHubert, qui ne trouvent ni magie ni œuvre du Démondans les cérémonies de la Neuvaine, ayent répondu àcette difficulté, ils auront raison de craindre qu’il n’yait des niaiseries Sc de la superstition, (b) Né faisonspas constster la Religion dans des fantômes , dit Saint Au-gustin, le vrai quel qu’il soit est préférable à toutes lesimaginations.
Après avoir fait ces longues observations, nous vousdemandons, i. Monsieur, si au milieu de la divisionnée entre les Docteurs de Louvain & de Paris touchantla Neuvaine de Saint Hubert, un Curé peut en furetéde conscience permettre les pratiques de cette Neuvai-ne, & si les fideles peuvent de même les observer,mais fur tout se servir de la prérogative de donner oude prendre le repi contre la rage, en négligeant, selonla coutume , le secours de la Medecine, qui selonl’experience qu’en ont fait les Médecins, a préservéquelques personnes de la rage. Ce qui nous obligede douter fur ces deux points , c’est qu’il n’est paspermis de s’exposer au danger d’un culte illégitime,de la superstition, & d’une vaine observance ; & qu’ilest défendu aux Ministres de l’Eglife de permettre parleur silence que les fideles confiés à leurs soins courentce péril : fur tout puisqu’on trouve dans la mer un
remede efficace & assuré, & que même céux qui ontété blessés par un animal enragé , peuvent par toutéviter la rage, en suçant le sang sorti de ses vaisseauxnaturels, 5c en mettant du sel fur la playe ; remedefort usité parmi les Paisans de Normandie , ainsi q uel’assure l'illustre M. du Hamel dans son Histoire del’Académie Royale des sciences qui a paru il y a en-viron deux ans.
2 . Si du moins les Pasteurs peuvent, fans faire au-cune faute, permettre ou tolerer que ceux qui ont etetaillés, accordent le repi, quoiqu'il leur arrive rare-ment de ne pas s’enorgueillir de ce pouvoir ; qu’oples croie attachés à des superstitions, sous ombre de Re-ligion , ainsi que je crois l’avoir démontré dans cetteLettre ; Sc bien qu’enfin l’ignorance du péché, s’il /en a quelqu’un , comme je le soupçonne , ne les ex-cuse pas devant Dieu : ignorance que plusieurs croiesque les Pasteurs doivent écarter à propos & à contre,tems.
Z- De quelle maniéré pourroìt-on abolir cettecoutume (s’il saut k déraciner comme une corruption)afin de corriger cet abus autant qu’il sera possible, siiiscandaliser & faire murmurer les fideles, fan: couvr^d’opprobre & d’ignominie l’Eglise de Liege, & V Ab-baye des Ardennes. Nous serions charmés que d®même endroit qu’est venu le mal que nous craignons Jil nous en vint le remede que nous souhaitons.
A u reste quand même quelques raisons que j’ailéguées auroient moins de force étant considérées ®part , cependant étant réunies ensemble , elles s° oíd’autant plus victorieuses qu’il ne suffit pas qu'o"puisse défendre quelque article de 1a Neuvaine;ilprouver qu’il n’y en a point de réprehensible , qu’» 5renferment un remede suffisant Sc naturel pour préve-nir k rage, & que l’observation de ces articles opes®un miracle, en vertu de leur origine céleste. M® 5quand je considéré que la Neuvaine est du nom-bre de ces choses qui n’étant presque rien dans } ecommencement s’augmentent insensiblement Sc acqui-rent dans k fuite de k force & de l’úutorité, je voU§prie instamment de me pardonner ce qui peut tD^ íSéchapé de peu mesuré dàns cette Lettre, & soyés per-suadé que ç’a été contre mon intention. Je fuis Tnétré de respect pour les Docteurs de Louvain ,, *pour les Religieux des Ardennes quoiqu’ils soient d'usentiment différent, & je suis prêt de m’y confod^dès qu’ils auront dissipé l’incertitude ou je me tro® ^embarrassé. Ainsi pour me servir des termes de Ci&ron, (c) bien loin de ne pas vouloir qu on écrivenous , nous le souhaitons avec pajston ...<&• noue ^ ,attendons tranquillement k une réfutation. Cepend 3les loix de 1a dispute m’ont autorisé à parler quel<l aefois d’un ton de Maitre. g
Ainsi nous vous prions, Monsieur, aussi bienvos amis de vouloir bien nous instruire. Nous n’a^ .point oublié cette maxime célébré , (d) la c° 0tfi . tJans la vérité n efi qu’une ancienne erreur. En attels ^vôtre réponse, je vous conjure d’être persuademon attachement & de mon inclination à v ° uS Jú e adre mes services. Portés vous bien, & priés ”pour moi
Signé
B
Gilot Chanoine deMétropolitaine de Ren® 5 '
A Reims dans le Séminaire del’Archevêché le ip. Avril 17*1,
(c) Tuíc. Qusest. Lib. J.
(d) S, Cypr. Epist. ad Pompejum.
L
{a) Eccîes. z 8. v. 4.
(é) Dc verâ Relig. cap.