P R A T I QJJ ES SUPERSTITIEUSES.
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D’un Ecclésiastique de Châlons à unDocteur de Paris,
^ u r la visite de Monsieur f Eve que de Châ-lons dans la ‘Paroisse de Nôtre-Pâame enVaux.
ne fuis pas surpris que le bruit qu’a fait la visitede Monsieur l’Evêque de Châlons dans une parois-^ de cette Ville, & ce qui s’est passé au sujet d’uneRelique fameuse qu’on y prétend d’avoir > soit allévous ; mais je fuis étonné que vous me priéspieusement de vous apprendre ce que c’est que cetteClique , comme si se peu de distance qu’il y a dep>tre Vilse à la votre vous permettoit de -l’ignorer.V°us êtes donc 1e seul étranger qui n’ayez pas ouïMer du 8. Nombril , de la maniéré dont la sainteJierge 1e conserva, du présent qu elle en fit à S. Jean,l’adoration qu’on lui a rendue jusoues ici dans no-tre Ville de Châlons, des miracles qui ont été opérésP ar fa vertu , & de la visite qu’en vient de faire Mr.^otre Evêque. Je vois bien , Monsieur , que vousîjavez pas quitté votre train de vie ordinaire, & quele tude & la prière remplissant toutes vos journées,J°Us êtes toujours le dernier à savoir ce qui se passedans le monde. Je vous rapprendrai donc puisque''ous voulez le savoir , & que ce qui regarde Jesus-Lhrist & son Eglise , comme vous le dites vous mê-lîlè , ne vous sauroit être indiffèrent. Je joins à maï-ettrc une copie fidelle de la visite de M. de Châ-pns , afin que vous voyez la conduite qu’a tenu ce^télat : peut-être ferés vous bien aise de voir aussi laRequête què lés parroiffiens de Notre-Dame lui ontîpsentée pour demander la restitution de leur Relique,s’il me tombe quelqu’autre piéce entre les mains,
* au rai foin de vous en faire part.
. Vous saurés donc, Monsieur, qu’il y a dans notrep’e de Châlons une paroisse appellée Nôtre-Dame enaux, où l’on prétend conserver depuis plusieurs sié-uts une partie du S. Nombril de Nôtre-Seigneur Je-p-Christ. Quoi ! en a-t-il un ? Vous récriés vousd’abord, . . . . patience, ce n’est pas de quoi il s’a-j e fais ce que les anciens Pérès ont pensé sur laMaternité de la sainte Vierge , sur sa virginité, sur lad^ssatice de son fils notre Sauveur. La maniéré pure &, lr acuseuse dont ils ont cru qu’il étoit venu au mon-e > fait juger qu’ils n’eussent pas été extrêmemente .dules fur cette Relique ; mais ne nous engageonsj lnt dans des disputes, je ne veux que vous rappor-s des faits. Mais comment cette Relique a-t-elleÌU a Pportée à Châlons ? L’histoire en est curieuse,cK] UC la reprendre de plus haut. Cette parcelle atta-à la chair de Jesus-Christ lui étant tombée,çjj’Me aux autres Enfans, la sainte Vierge la ramassa,P'? 0 , avec beaucoup de révérence & de foi, elle 1ar da chèrement toute sa vie , je ne sais même si elle
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V f'J ortolt P as toujours lur elle : après la mort de
çL ds else devint k source de sa consolation. Elle
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fcliste
-Ma en mourant ce précieux dépôt à S. Jean l’E van-
ne , te ' comme à celui que son amour pour la person-L de Jesus-Christ en rendoit le plus digne , Saints ? P Mbli Evêque d’Ephesc , le laissa à ses succes-Pli 4 p 5 âe ses successeurs il passa successivement parseent^ UrS maans entre celles de Charlemagne. Eh com-‘ tQ ut comme il vous plaira : nous le lui enver-vous coulez par T Empereur Constantin, &c siaíT" ì , en reconnoissance de ce qu’il avoit
ï>e r f e e es sarrasins de l’Empire , ou par Aron Roi deUt\ e n ^ Ue si ce moyen vous paroit trop naturel pourç Xp r ès st ue si miraculeuse , nous 1a lui serons porterîiales p-M M ânge; comme l’assure l’Auteur des an-“•cclesiastiques de Châlons. Charlemagne ne
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crut pas déplaire à T Ange en se défaisant de son présentau profit d’ùn tiers : il en eut pû enrichir son Royau-me & fa Capitale, mais il aima mieux la porter à Ro-me, & en fit un présent au Pape Léon III. Cette Re-lique qui sembloit être destinée d’abord pour la Fran-ce y est revenue ensuite en partie , else a établi sonsiège dans 1a ville de Châlons & 1a paroisse de Nôtre-Dame en Vaux sc fait une grande gloire de la possé-der. Else auroit raison , s’il étoit véritable qu’ellela possédât en effet. On ne l’y vénéré pas seulement,on l’y adore, on la porte en procession sous un dais,& on en donne la bénédiction avec ses mêmes Céré-monies que si c’étoit, 1e corps de Jesus-Christ. Que sivous me demandés des preuves autentiques de tout ce quej'avance, je vous répondrai , Monsieur, avec le res-pect que je vous dois , que vous n’êtes pas assez cré-dule & que vous ne fériés pas plaisir à Messieurs nosChâlonnois d’être si curieux. Nous la possédons d’untems immémorial,vous diront-ils:que cela vous suffise, 8csi vous me poussés â bout par vos questions indiscrètes,je vous renverrai à la rue des Marmousets, à l'enseignedes trois pigeons demander à Haimald Robert de Li-moge, jadis Clerc licentié és loix , ensuite domesti-que d’un Cardinal , depuis soldat , demeurant à Parisdans la même Auberge (a) , homme d’homête condition& de bonne façon , comme il paroijfoit a l'extérieur , grqui avoit maintes connoijfances , s’il n’est pas vrai qu’ila vû à Rome dans le trésor , où se gardent les saintesReliques & précieux joyaux avec les papiers de 1 Eglise,Romaine , & où sa qualité de Domestique d'un Cardinallui donnoit apparemment plein pouvoir de souiller : jevous renverrai, dis-je, demander à ce savant Critiques’il n’a pas vu certaines Lettres Apostoliques en formede Bulle , portant qu’une partie du S. Nombril est àChâlons. Si vous pouvés en douter après cela, je n’a»plus rien à vous dire pour forcer votre incrédu-lité.
Ainsi se conservoient l’origine 8c k succession duS. Nombril lorsqu’en fmille quatre cent sept Charles dePoitiers Evêque de Châlons, à l’instance des paroissiensde Nôtre-Dame changea cette Relique de place & kmit fans k regarder, dans un autre Reliquaire plus beauque le premier , fous 1a bonne foi feule de trois habi-tans de cette paroisse , qui l’assurerent de ce que leuravoit rapporté 1e Limosin de la rue des Marmousets.On a continué depuis ce tems-là à lui rendre les hon-neurs dont je vous ai parlé , on y est venu en pèleri-nage de fort loin , on dit même qu’il s’y est fait desmiracles , ce qui n’est pas impossible à croire, Dieupouvant récompenser 1a simplicité de foi & la droi-ture de cœur de ceux qui l'honorent 8c qui s’adressentà lui. Or 1e cinquième Dimanche du Carême der-nier le dixième Avril , Messire Gaston Jean BaptisteLouïs de Noailles frere 8c successeur de Monseigneurle Cardinal en ce Siège , commença sa premiere visiteEpiscopale dans la paroisse de notre Dame avec les so-lemnités ordinaires. Comme] les comptes qu’il eut àrecevoir, & la multitude des affaires qui se présentè-rent ne lui permirent pas de les terminer toutes, il in-diqua plusieurs assemblées dans son Palais, où il invi-ta les paroissiens & où se trouvèrent tous ceux quivoulurent y assister. Vous connoissez le mérite duPrélat , on doit certainement lui rendre cette justicequ’il est très-éclairé , Sc très-zelé pour ne souffrirdans son Diocèse non seulement aucun abus, mais riende ce qui peut en approcher , & ses affaires qu’il asoutenues jusqu’à présent pour k discipline ', & dontil est venu glorieusement à bout, sont bien voir qu’iln’a pas moins de fermeté , que de lumière. H avo i touï parler depuis long-tems de la Relique en ques-tion, mais les affaires de son Diocèse, ses visites, sesinfirmités l’avoient empêché de s’en instruire plus L
fond
(a) Ancien manuscrit en [parchemin qui parle de lation de la Relique , mais qui ne dit pas que rEvêque CbPoitiers l’aiï examiné.
— j,„-- - transis
pas que l’Evêque Charles de