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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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P R A T I Q^UES S U

Sieurs Edouard Mathé Ecuyer Seigneur de Vitry laville , Major des Ville & Citadelle de Sainte Mcne-Eoud, Marguillier en charge de la dite paroisse, Ni-colas Parchappe des Noyers , Chevalier Seigneur deVinai , grand Bailli de Châlons , Lieutenant de Roiau gouvernement dEpernai ; Jaques Joseph Deu Es-suyer, Conseiller du Roi, Trésorier de France en lagénéralité de Champagne ; Pierre Deu du vielle Dam-pierre , Conseiller Vétéran au Présidial de Châlons,& Bailli de notre Comté Pairie , Joachim ChâlonsConseiller du Roi > Controlleur-Général des Finan-ces, Domaine & Bois de Champagne, lun des Eche-vins Magistrats de la police & du criminel du ditChâlons, tous notables habitàns de la dite paroisse de*)otre Dame en Vaux ; & de notre Secrétaire : &et ant descendus dans la maison du dit Claude Cour-tois , après nous être revêtus de Rochet , Camail &Étole , nous serions entrés dans la dite Eglise de no-tr e Dame en Vaux avec les dénommés, & Jean Brocqorfèvre & Pierre Collin serrurier , que nous aurionsfait avertir de se trouver avec nous pour faire la visi-te de la Relique quon diíoic être du St. Nombril den ptre Seigneur , gardée depuis très long-tems dans ladite Eglise, & quon exposòit tous les ans à la véné-ration des fidelles au jour & fête de la Circoncisionde notre Seigneur ; à laquelle visite outre les person-ftes ci-dessus nommées , se sont trouvés Maîtres Mi-chel de Liste, Philippe Domballe , Nicolas AntoineViennot, Nicolas Antoine , & Quintin Rauflin tousÉfêtres & Chanoines de la dite Eglise de notre Dame;

nous étant approchés de larmoire ou étoit enfer-mée dite Relique à côté du grand Autel dans 1cSanctuaire du Chœur, nous aurions fait apporter lesclefs de la dite armoire , & aurions ordonné au ditCollin de louvrir , lequel ayant dabord ouvert lesguichets de bois garnis de lames de fer fermans à troisc | e fs, ct ensuite une petite grille de fer fermant à deuxc * e / S , nous aurions trouvé un grand coffre de boisPeint de couleur rouge , garni auííi de lames de ferfermant à quatre clefs , lequel nous aurions fait tirerjtors de la dite armoire & porter fur le grand Autel,** après lavoir fait ouvrir par le dit Collin , nous yjurions trouvé fous un petit pavillon de brocart àond d argent avec des fleurs de différentes couleurs,ìtoe image de la Vierge assise dans une espèce de trô-tenant limage de Pensant Jésus , le tout de vermeilï r ès propre & bien travaillé , & au milieu de la diteto^age de lEnfant Jésus , un petit cercle autour du-ssi'ct font écrits ces mots; De Umbilico DominiJ £ s u Christi , d'une ancienne écriture de trois àSipatre cens ans ; & ayant posé ce reliquaire dans lej.'heu du grand Autel fur un Corporai , nous nousei'ons mis à génoux avec tous les assistans pour faireptre prière , après la quelle ayant fait approcher leBrocq , nous lui aurions ordonné douvrir le ditj- lc le , dans lequel on nous avoit dit être enfermé la0 lte Relique du St. Nombril, & le dit Brocq layantj^vert , & tiré le petit verre , qui étoit dessous,° Us aurions fait apporter une petite bougie alluméeexaminer de plus près > & plus distinctement ceÇg 1 Y étoit enfermé : ayant ensuite tiré nous mêmesétoit dans le dit Reliquaire, nous aurions trou-cés tr °is petits morceaux détoffe de soye rouge, per-tr£ etl stuelques endroits, lesquels nous aurions dépliég ^ s ;exact emen t lun après lautre fur le Corporai , &d*é l0ns Éulement trouvé dans lun des dits morceauxtrtzzEe de soye trois petits morceaux dune matièrePouiT semblables à de petites pierres avec quelquele s U ^ s graveleuse : ce qui nous ayant surpris ct tousl ail 'dans , nous aurions fait approcher lun aprèst a j r re ta nt les dits Sieurs Chanoines & Curé ou Vi-à tlQ P er pétuel , que les dits notables habitans préfensSheus 6 ^' te visite , pour examiner eux mêmes soi-êtr e etIlen t & de plus près quelle matière ce pouvoitfr 0tt 1 êc tous sont convenus après lavoir touché &^'eurs fois dans leurs doigts , quil ny pa-

PERSTlTIEUSES.

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roiíloit rien qui pût faire croire quil y eut aucunepartie du St. Nombril de N. S. & quil sembloit aucontraire que ce n'étoit autre chose que de petitespierres, desquelles par longueur du tems il pouvoitsêtre formé la dite poussière graveleuse , & qui parleur solidité paroissoient avoir percé les dits morceauxdétoffe , dans lesquels elles étoient enfermées : ct àlinstant pour plus grande sûreté nous aurions envoyéchercher Me. Jean Chèvre Chirurgien juré à Châ-lons demeurant dans la dite paroisse de notre Dame *lequel étant venu , & ayant en notre présence & detous les surnommés examiné très-attentivement , tou-ché , frotté dans ses doigts , & mis à fa bouche ladite matière, & essayé de casser avec ses dents lesditspetits morceaux solides , il nous auroit déclaré quilne trouvoit rien dans la dite matière qui lui parut êtrepartie des vaisseaux umbilicaux , lesquels de leur na-ture ne pourroient pas être pétrifiés par la longueur dutems : & fur ce que nous lui aurions demandé si lesdits petits morceaux solides ne feroient peut-être pasquelques morceaux d'Encens,de Mirrhe,dAloës ou au-tre Aromat, quon auroit mis avec la dite prétendue Re-lique , il nous auroit répondu que les dits petits mor-ceaux ne lui paroissoient ni au toucher, ni au goût êtreEncens , ni Mirrhe , ni Aloës , ni autre Aromat,quil ny trouvoit ni goût , ni odeur non plus quala dite poussière , laquelle ne feroit point pierreuse,comme il la trouvoit, si elle étoit la partie prétenduedu S. Nombril. Après quoi nous, aurions enfermé ladite matière tant en petits morceaux quen poussièredans le même morceau détoffe envelopé des deux au-tres , & aurions mis le tout dans une petite boëte devermeil , & Battrions gardé pour en faire lusage quilconviendroit ; ensuite nous nous serions retirés. Dont& de tout ce que dessus nous avons fait dresser le pré-sent Procès Verbal par notre Secrétaire , & lavonssigné avec les susnommés les jour & an que dessus.Signé y Gaston Jean Baptiste Louïs Ev. C. de Châ-lons.

Et lecture faite de notre Procès Verbal avons som- & interpellé les dits Chanoines de Notre Damepréfens à la dite visite de ligner notre dit Procès Ver-bal , ce quils ont refusé ; & à linstant avons présen- le .procès Verbal aux autres y dénommés , lesquelsont signé. Slinsì signé ; Lambert, Mathé de Vitry,Parchappe, Vinay, Deu, Deu du vielle Dampierre,Châlons, Chevre, J. Brocq, Pierre Collin. EtalaiBas par Monseigneur, Huot avec Paraphe.

Et le même jour au soir après être sortis de la diteEglise de Notre .Dame, nòUs nous serions transportésfur le champ dans lHôtel de Messire André de Ha-rouïs Chevalier Seigneur de la Soilleraye , Conseillerdu Roi en ses Conseils, Maître des Requêtes ordinai-re de son Flôtel , Intendant des Province & frontiè-res de Champagne, pour lui faire part de ce que nousavions trouvé dans le dit Reliquaire , & de tout cequi s'étoit passé dans la dite visite que nous avionsfaite , attendu le grand attachement que les peuplesavoient pour cette prétendue Relique, quils croyoientêtre véritablement une partie du S. Nombril de notreSeigneur , & à laquelle ils rendoient le même cultequau S. Sacrement : & ayant ouvert la boëte danslaquelle nous Bavions mise , en présence du dit Mr»André de Harouïs , & develope les petits morceauxdétoffe de soye , dans lesquels elle étoit , nous luiaurions fait voir la même matière que nous avionstrouvée dans le susdit Reliquaire, ct après .Bavoir exa-minée avec grand soin, il auroit reconnu quil ny p aroissoit autre chose que de très petites pierres avec unêpoussière graveleuse sans quil y parut aucune partiede chair ni de vaisseau umbilical , en foi de quoi ila signé avec nous le présent article. Signé , GastonJean Baptiste Louïs Evêque, Comte de Châlons; deHarouïs. Et fias bas y par Monseigneur, Huot avecParaphe.

Et le meme soir etant de retour en notre Palais Epif-V c o*

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