PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.
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M'un effet de superstition : comme si tous les Artcê-Jres des rémontrans eussent été trop simples , & tousles Prédécesseurs de Vôtre Grandeur trop faciles.
Les rémontrans osent vous dire , Monseigneur ,,qu’il n’y a pas eu depuis le rétablissement de leur Egli-L Un Evêque en ce Diocèse qui n’ait approfondi cette^tiere, & qui ne s’en soit éclairci. II paroít par unProcès verbal autentique fait, il y a trois cens ans lehuit Decembre mille quatre cent sept par Charles dePoitiers, alors Evêque » que cette Relique étant dès cetertis-là en grande vénération aux Peuples,elle fat paru ì tirée du coffret d’argent, où elle étoit , & poséeav£ c beaucoup de solemnité,& concession d’indulgen-^ à perpétuité le jour de la Circoncision, dans lessstiquaire d'où vous l’avez. enlevée, représentant lapOre en restes de la bienheureuse Vierge avec l’En-* ant Jésus entre ses bras. Comme il n’y avoir alors< f lle la tradition qui apprit aux Châlonois. que cet-í® Relique avoir été donnée a leur Eglise de NotreTr a me dans le tems. de fa Dédicacé, depuis lequelj s’étoit écoulé qu’un siécle ; ce Prélat zélé poura Continuation d'un culte qu’il voyoit encore en fer-^ eitr , & dans la crainte qu’il ne vint à se ralentirv r Ls doutes que formeroient des gens peu instruits® L vérité, jugea à propos d’inserer dans son Pro-. verbal une circonstance qui peut frapper les’Prits les moins crédules. Il rapporte que quelquesParticuliers dignes de foi, Ecclésiastiques, & autres,^oitans de Chaalons, qu’il nomme, s’étant trouvésParis logés dans une Hôtellerie de la rue des Mar-^ouzets, avec Messire Haimald Robert de Limoge;
gentilhomme, qui étoit aussi homme de Lettres,p gradué en Droit fréquentant ces Messieurs pen-sant le séjour qu’ils firent à Paris les uns & les au-ì* s , Lur auroit demandé , voyant qu’ils étoient dejr«aalons, si l'on n’avoit pas en cette Ville une Re-^que yénérable, qui étoit une portion du S. Nom-ssj- ' qu’il savoir que cette portion devoir être àtaalons , parce qu’il avoir été longtems à Rome^ ®cier du Cardinal Raimond de Touraine. (Cej, ei gneur, qui étoit neveu du Pape & légat Aposto-que en Italie, y avoir toute l’autorité, les Souve-iQs Pontife siégeant pour lors ers Avignon,) qu’iloit été visiter plusieurs fois , par rapport à l’em-V 01 qu’il avoir auprès de ce Cardinal, le Trésore S. Jean de Latran , & qu’il en avoir tenu lestartres, suivant lesquelles il paroissoit par un Ti^5 en forme de Bulle, que cette Relique avoir été^ v 'sée en trois parties, dont F une étoit restée à^itie, l’autre avoir été envoyée à Constantinople ,L* troisième à l'Eglise de Notre Dame de Chaa-
çj, n tient que cette division fut faite par le Pape^ er Uent V. qui siegeoit dans le tems de 1a dédicacePjq. et te Église, laquelle fut célébrée fous le Régné deçj| l Ppe le Bel , par Pierre de Latilly Evêque deC0(i a don s & chancelier de France ; qui ayant beau-tai£i crédit, tant par lui, que par son frere Am-r au P r ta du Pape , avoir eu plus de facilitéétoi n autre d’obtenir de ce Souverain Pontife , quiq jj/^hçoìs, Sc qui transféra le S. Siège en France,Ce h b C H Ux S a S e dont il fit présent à son Eglise : &V)Vj aro îtvoìt évidemment si l’on pouvoit en recou-de consécration.
ci t j lotl veut remonter plus haut on voit par 1e ré-d e 5 Nicolas Cassian Docteur en Théologie & CuréC *Prè r llinair e à Borne, qui a composé un traitéq Ue C S ^ Ur cette matière & l’a dédié au Pape Paul V.d e j^ etCe Relique avoir été mise au Trésor de S. Jean<V 1I1 a , tran par le Pape Léon III. à qui elle avoir étéPar Charlemagne dans le tems de son Couron-est p r î ' soit que cet Empereur l’eut reçue, comme ille ' âe la part d’Aron Roi de Perse , lors-.ïe Ur ç a ^ ia nce avec lui, étant constant que l’Empe-íetl Voy V ° ya âes présens au S. Sepulchre, & qu’Aronplusieurs Reliques, & abandonna même sui-
vant k: Cardinal Baronius Sc d’autres Auteurs, la pro-priété de la Terre sainte à Charlemagne - s<>« qu’aprè-sle secours qu’il cbnna contre les Sarrasins à ConstantinEmpereur d’Orient Si au Patriarche à Jerukkm , ilait reçu dfeux par reconnoissance avec quelques autres-Reliques, celles du S. Nombril, & du S. Prépuce,qui étoient- demeurées en k possession des Patriar-ches. successeurs du Siège de S. Jean, lequel, suivant-les apparences, en avoir été le premier dépositaire, lesayant eues des mains cte la bienheureuse Vierge , quiayant considéré son fils comme un Homme Dieu dèsle moment de à naissance, en a voit conservé avec fointoutes ses, Reliques.
Par la même histoire on justifie que ees Reliques òntété. longtems portées en procession â Rome Sc qu’eîîe*étoient dans le Smísta SanSìorum , dont faisoit soi cetteinscription: Umbilictqm viget pretiojà can;
Qye dans une Chapelle de S. Jean de Latran on.lisoit encore ces mots , Vsrá e/iro Domini nojfri JefìChrt/ii » , Jecmdttm umbilkttm ejm ejm fnepatí-um.Ce qui est confirmé par Jean Diacre dé Saint Jean deLatran, qui vivoit du tems du Pape; Alexandre IIÍ.vers Fan 11 cto. & lui présenta- un inventaire des Re*liques.
Qu’ensin le Trésor des Reliques, & les titres ayantété pillés, au Sac de Rome de 1527. le íàint Nombril& le saint Prépuce avoient été laissés par des Soldatsà sept ou huit lieues de cette Ville, dans le village deCaleata, où ees précieuses Reliques- sont conservéesavec toute la vénération qui leur est due, dans un pe-tit vaisseau soutenu par deux Anges d’argent , cequi est rapporté aussi par le Cardinal Tolet en sescommentaires fur S. Luc. Et il est à remarquer quele Procès verbal de FEvIque de Chaalons Charles dePoitiers , a été envoyé à Rome pour servir à k vérifi-cation de ces Reliques de Caleata.
Mais, dires vous, Monseigneur, Sc vous Pavés àdepuis votre visite en parlant de ee Procès verbal ,F Evêque, qui l’a rédigé n’affirme point qu’ il ait vt|cette portion du S. Nombril, & la matière que vousavés trouvée dans le Reliquaire ne vous a paru quede la pierre & de la poudre. Vous impugnés par làce Procès verbal de nullité.
Charles de Poitiers ne dit pas qu’il a vu cette Reli-que , il est vrai, ce terme ne se trouve point dansson Procès verbal, quoiqu'il soit très vraisemblable ,qu’il ne l’a pas transportée, qu’il ne l’a pas changéede vaisseau, qu’il ne l’a pas enveloppée de nouveau,sans F avoir vue & fans l a voir visitée. On peut mêmedire qu’il a été impossible qu’ií ne Fait vue , puisquelorsque votre Grandeur eut fait ôter le Cristal qui l’en-fermoit, elle parut en k mettant fur le Corporal. Maissoit qu’il fasse mention ou non de l’avcár vue , st fautconvenir que le Conseil, qui vous fait déclarer, de votreautorité, ce Procès verbal nul, est en vérité bien dé-cisif : Sc supposé qu’effectivement ce Prélat ait euassez de modération pour n’oser toucher I ees restessacrés, n’auroit-ií point été touché d’une sainte hor-reur , qui lui auroit fait craindre le fort de cet Evê-que d’Árras. ,. qui fut frappé àve-uglement pour avoirvoulu faire ouvrir dans son Eglise le vaisseau dans le-quel la sainte Manne est renfermée, suivant la tradi-tion de ee Diocèse.
Mais k matière que vous avez trouvée , Monsei-gneur , ne vous a paru que de la cendre , que de Itzpierre & de k poudre : que prétendìés vous donc trou-ver ? de k chair vermeille ? C’est ce qui n’auroit pasmanqué de se rencontrer, si cette Relique enferméefous tant de clefs depuis tant de siécles, eut été aupouvoir de quelques imposteurs, ou si elle eut passépar les mains des Hérétiques,qui auroient eu k malicede préparer en Falteraot des moyens pour la dé-truire. Mais cette matière a paru de la pierre & de I*poudre; n’est-ce pas ee qui devoir naturellement settrouver, comme etant F effet ordinaire des matières qutseryoient autrefois à embaumer les corps, de les pe-V t ' trifier?