PRATIQ.UES SUPERSTITIEUSES.
^Qiivé de poulx, ne crut pas qu’il le put fans danger.
Lorsqu’il sût revenu de son évanouissement, son Al-îksse qui vouloir découvrir la vérité , l’interrogea surson avanture : mais elle n’apprit que les circonstancesdont j’ai parlé ; le Sieur de S. lui ayant protesté qu’ilne pouvoit fans courre risque de la vie , lui en dire
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^avantage. L’Esprit n’a point fait parler de lui pen-sant quinze jours : mais ce terme expiré, soit que ses® r dres n’eussent pas été fidèlement exécutés, ou qu’il* ut bien aise de venir remercier le Sieur de S. de son^Zâitude, comme il étoit pendant la nuit couchédans un petit lit près d’une fenêtre de fa Chambre ,Madame fa Mere dans le grand lit, & un de fes amisd fl ns un fauteuil auprès du feu , ils entendirent toustr °is frapper plusieurs fois contre la muraille, & don-dcr un si grand coup contre la fenêtre , qu’ils crurentsoutes les vitres cassées. Le Sieur de S. se leva en ceso°uient, & s’en alla dans son Cabinet pour voir si cet^sprit importun auroit encore quelque chose à lui.te; mais il n’y trouva ni n’entendit rien. C’est^nsi qu’a fini cette avanture qui a fait tant de bruit,* qui a attiré à S. Maur tant de curieux.
. saisons présentement quelques réflexions fur les^constances les plus fortes & les plus capables dea,re impression.
, f- e bruit qui a été entendu plusieurs fois pendant1 nu it par le Maître , la servante , & les voisins ,» tout à fait équivoque , & les personnes les plusP r evenues ne sauroient disconvenir qu’il a pu êtrePtoduit par differentes causes toutes naturelles.
On peut répondre la même chose aux papiers qu'on
Quelque bien que vous vouliés à ce païs-ci, je necrois pas, Monsieur, que ce que je viens de remar-quer fur les circonstances de l’avanture, vous engageâ croire qu’il a été honoré d’une apparition Angélique:je crains bien plutôt que l’attribuant áu dérangementde l’imagination , vous n’accusiés la subtilité de Pairqui y régné, d’avoir causé ce désordre. Comme j’aiintérêt que vous ne faflìés pas cette injure au climatde S. Mâur, je mê trouvé obligé d’ajouter quelquechose à ce que j’ai dit de la personne dont il s’agit,afin de vous en faire connoítre le caractère.
II ne faut pas être fort expert en Part de la phisio-nomie, pour remarquer fur son visage que la mélan-colie domine dans son tempérament. Certe humeurnoire , jointe à la fievre qui le tourmentoit depuisquelque tems, portait dans son cerveau des vaneursqui pouvoient bien lui faire croire qu’il entendoittout ce qu’il a publié. Outre que l’envie de fe don-ner un divertissement , en effrayant fes domestiques,peut bien p avoir engagé à feindre plusieurs choses ,lorsqu’il a vu que l’avanture étoit venue aux oreillesd'un Prince, auprès duquel il appréhendoit que sonbadinage ne lui fît tort. Ainsi je pense , Monsieur ,que vous jugerés comme moi, que le rapport du cé-lébré Marescot» au sujet de la fameuse Marthe Bros-sier, convient parfaitement à notre mélancolique , &eyplique bien son avanture : à namrâ multa , plnrafiBa , a Damone nulla. Son tempérament lui a saitimaginer, voir & entendre beaucoup de choses ; il ena feint encore davantage pour soutenir ce que son éga-
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rement, ou son jeu lui avoient fait avancer: & aucu-a entendu feuilleter, puisqu'un petit vent \ ou une*sou- ne forte d’efprit n’a eu part à son avanture. Sans m’ar-ris ont pu les agiter. rêter à rapporter plusieurs effets de fa mélancolie, je
- : .‘ r ' \ embarquement qu’il sic
partant à dix heures du
dispensera d’avoir re- soir pour faire sur la riviere le tour de la presqu’IsleSours à des bras fantastiques pour l’expliquer. * de .„ S y a l nt M / U j dans , un batteau r ’ s ’ étoit em :
ê Répresentons nous un lit sous les piWduquel il y à cause du froid, a paru si singulier au gtand
ides rouletes : une personne dont l’imagination est ^mee dont , ai parle, qu ss s est donne la peine de
fratm^B „_: “_i.iL J- 1’mtprrr.CTP^ fur W j*— -' -
^u’on voyc remuer ce lit, surtout le plancher de la sait aisément juger d’où procédoit son avanture , &chambre étant ciré? Mais, dit-on, il y a des témoins que la conduite qu’elle a tenue en cette occasion , a^Ui ont même fait des efforts inutiles pour empêcher bien fait connoítre qu’il n’est pas facile de la tromper,so mouvement. Qui sont ces témoins ? Deux sont J e ne crois pas qu’il me soit permis d’omettre le juge-de jeunes gens aux gages du patient, auxquels la frayeur ment que Mr. de S. le Père, qui est un homme d’unCa usoi t un tremblement universel, & qui n’étoient pas mérite distingué, porta de l’avanture de son fils, lois-ibles d'examiner les ressorts secrets qui causoient ce qu’il en apprit à Paris les circonstances par une lettre°Uvement: & l’autre qu’on peut regarder comme le de son épouse, qui étoit à S. Maur. Il dit à plu-^ ^ considérable, a dit depuis à plusieurs personnes sieurs personnes qu’il étoit persuadé que l’esprit quid Vnurlrr.:» nm.r n;slvU«c n*-.../'.!»* r>nc -ff!..-- n ,,»u agissoit en cette occasion étoit celui de ía femme &
de son fils. L’Auteur de la rélation a eu raison defaire ses efforts pour affoiblir un pareil témoignage :mais je ne fais s’il se flatte d’y avoir réussi , en disantque celui qui l’a rendu est un esprit sort, & qui sefait un honneur d’être de l’opinion à la mode sur lesait des esprits.
Enfin pour fixer votre jugement & terminer agréa-blement cette petite dissertation dans laquelle vousm’avés engagé, je ne fais rien de meilleur que de vousrapporter les paroles d’une Princesse qui n’est pas
4 _ , _ _ r _ r .. moins distinguée à la Cour par la délicatesse de son
so s ns Payens pour une Sibille pleine de son enthou- esprit, que parla grandeur de son rang, & les char-n,p " - • * mes de fa personne. Comme on s’entretenoit en fa
présence de la singularité de l’avanture qui fe passoit àS. Maur: pourquoi vous étonner si fort , dit-elle,avec cet air gracieux qui lui est si naturel? Est-il sur-prenant que le fils ait commerce avec des esprits, puis-Press uc d£ ux témoins, pourroient faire quelque im- q ne la mere voit trois sois toutes les semaines le PèreCQu , si l’on étoit sûr que le patient, qui étoit éternel? Cette femme est bienheureuse, ajouta cetteeurdirectement sous la fenêtre dans un petit lit, n’y spirituelle Princesse, pour moi je ne demanderois d’au-... tre saveur que de le voir une seule fois en ma vie.
Ries avec vos amis de cette agréable réflexion ; maisfur tout gardés vous bien, Monsieur, de rendre maLettre publique. C’est la feule récompense que jeZ vous
3Vq . Voudroit pour dix pistoles n’avoir pas assuré qu’il’t vu ce lit remuer tout seul.av e ^ ì dgard de la voix, dont on a conservé le secrettant de soin , comme il n’y en a aucun té-1* ' nous n’en saurions juger que par. l’état où
Vo ^. trouva dans ce moment celui qui avoit été fa-de cette prétendue révélation,cris redoublés d’un homme , qui entendantqu*^ cer la porte de son cabinet, ouvrit les verrouxég ar - av °it apparemment fermés lui-même, fes yeux& le désordre extraordinaire qui parut danstie ns e ií 3 Pilonne l’auroient fait prendre par les an-
c)n e ] e > & nous doivent paroître plutôt des fuites dem °uvemens convulsifs , que de l’entretien^^/ ub stance spirituelle.
vi tres ^ les coups donnés fur la muraille, fur lessen Cp 1 âc avec violence pendant la nuit en pré-
- e de de . -. -
te b ri| CUn ^ P ar t : car des deux témoins, qui ont entenduliçqq,'- *„ Un Etoit la Mere, 8c l’autre un ami particu-du, pL^êtne faisant réflexion fur ce qu’il a vu & enten-Tst %e ^^ que ce ne peut être qu’un effet du maléfice.