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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQ.UES SUPERSTITIEUSES.

^Qiivé de poulx, ne crut pas quil le put fans danger.

Lorsquil sût revenu de son évanouissement, son Al-îksse qui vouloir découvrir la vérité , linterrogea surson avanture : mais elle napprit que les circonstancesdont jai parlé ; le Sieur de S. lui ayant protesté quilne pouvoit fans courre risque de la vie , lui en dire

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^avantage. LEsprit na point fait parler de lui pen-sant quinze jours : mais ce terme expiré, soit que ses® r dres neussent pas été fidèlement exécutés, ou quil* ut bien aise de venir remercier le Sieur de S. de son^Zâitude, comme il étoit pendant la nuit couchédans un petit lit près dune fenêtre de fa Chambre ,Madame fa Mere dans le grand lit, & un de fes amisd fl ns un fauteuil auprès du feu , ils entendirent toustr °is frapper plusieurs fois contre la muraille, & don-dcr un si grand coup contre la fenêtre , quils crurentsoutes les vitres cassées. Le Sieur de S. se leva en ceso°uient, & sen alla dans son Cabinet pour voir si cet^sprit importun auroit encore quelque chose à lui.te; mais il ny trouva ni nentendit rien. Cest^nsi qua fini cette avanture qui a fait tant de bruit,* qui a attiré à S. Maur tant de curieux.

. saisons présentement quelques réflexions fur les^constances les plus fortes & les plus capables dea,re impression.

, f- e bruit qui a été entendu plusieurs fois pendant1 nu it par le Maître , la servante , & les voisins ,» tout à fait équivoque , & les personnes les plusP r evenues ne sauroient disconvenir quil a pu êtrePtoduit par differentes causes toutes naturelles.

On peut répondre la même chose aux papiers qu'on

Quelque bien que vous vouliés à ce païs-ci, je necrois pas, Monsieur, que ce que je viens de remar-quer fur les circonstances de lavanture, vous engageâ croire quil a été honoré dune apparition Angélique:je crains bien plutôt que lattribuant áu dérangementde limagination , vous naccusiés la subtilité de Pairqui y régné, davoir causé ce désordre. Comme jaiintérêt que vous ne faflìés pas cette injure au climatde S. Mâur, je trouvé obligé dajouter quelquechose à ce que jai dit de la personne dont il sagit,afin de vous en faire connoítre le caractère.

II ne faut pas être fort expert en Part de la phisio-nomie, pour remarquer fur son visage que la mélan-colie domine dans son tempérament. Certe humeurnoire , jointe à la fievre qui le tourmentoit depuisquelque tems, portait dans son cerveau des vaneursqui pouvoient bien lui faire croire quil entendoittout ce quil a publié. Outre que lenvie de fe don-ner un divertissement , en effrayant fes domestiques,peut bien p avoir engagé à feindre plusieurs choses ,lorsquil a vu que lavanture étoit venue aux oreillesd'un Prince, auprès duquel il appréhendoit que sonbadinage ne lui fît tort. Ainsi je pense , Monsieur ,que vous jugerés comme moi, que le rapport du cé-lébré Marescot» au sujet de la fameuse Marthe Bros-sier, convient parfaitement à notre mélancolique , &eyplique bien son avanture : à namrâ multa , plnrafiBa , a Damone nulla. Son tempérament lui a saitimaginer, voir & entendre beaucoup de choses ; il ena feint encore davantage pour soutenir ce que son éga-

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rement, ou son jeu lui avoient fait avancer: & aucu-a entendu feuilleter, puisqu'un petit vent \ ou une*sou- ne forte defprit na eu part à son avanture. Sans mar-ris ont pu les agiter. rêter à rapporter plusieurs effets de fa mélancolie, je

- : . r ' \ embarquement quil sic

partant à dix heures du

dispensera davoir re- soir pour faire sur la riviere le tour de la presquIsleSours à des bras fantastiques pour lexpliquer. * de . S y a l nt M / U j dans , un batteau r s étoit em :

ê Répresentons nous un lit sous les piWduquel il y à cause du froid, a paru si singulier au gtand

ides rouletes : une personne dont limagination est ^mee dont , ai parle, qu ss s est donne la peine de

fratm^B_:_i.iL J- 1mtprrr.CTP^ fur W j* -' -

^uon voyc remuer ce lit, surtout le plancher de la sait aisément juger d procédoit son avanture , &chambre étant ciré? Mais, dit-on, il y a des témoins que la conduite quelle a tenue en cette occasion , a^Ui ont même fait des efforts inutiles pour empêcher bien fait connoítre quil nest pas facile de la tromper,so mouvement. Qui sont ces témoins ? Deux sont J e ne crois pas quil me soit permis domettre le juge-de jeunes gens aux gages du patient, auxquels la frayeur ment que Mr. de S. le Père, qui est un homme dunCa usoi t un tremblement universel, & qui nétoient pas mérite distingué, porta de lavanture de son fils, lois-ibles d'examiner les ressorts secrets qui causoient ce quil en apprit à Paris les circonstances par une lettre°Uvement: & lautre quon peut regarder comme le de son épouse, qui étoit à S. Maur. Il dit à plu-^ ^ considérable, a dit depuis à plusieurs personnes sieurs personnes quil étoit persuadé que lesprit quid Vnurlrr.:» nm.r n;slvU«c n*-.../'.!»* r>nc -ff!..-- n ,,»u agissoit en cette occasion étoit celui de ía femme &

de son fils. LAuteur de la rélation a eu raison defaire ses efforts pour affoiblir un pareil témoignage :mais je ne fais sil se flatte dy avoir réussi , en disantque celui qui la rendu est un esprit sort, & qui sefait un honneur dêtre de lopinion à la mode sur lesait des esprits.

Enfin pour fixer votre jugement & terminer agréa-blement cette petite dissertation dans laquelle vousmavés engagé, je ne fais rien de meilleur que de vousrapporter les paroles dune Princesse qui nest pas

4 _ , _ _ r _ r .. moins distinguée à la Cour par la délicatesse de son

so s ns Payens pour une Sibille pleine de son enthou- esprit, que parla grandeur de son rang, & les char-n,p " - * mes de fa personne. Comme on sentretenoit en fa

présence de la singularité de lavanture qui fe passoit àS. Maur: pourquoi vous étonner si fort , dit-elle,avec cet air gracieux qui lui est si naturel? Est-il sur-prenant que le fils ait commerce avec des esprits, puis-Press uc d£ ux témoins, pourroient faire quelque im- q ne la mere voit trois sois toutes les semaines le PèreCQu , si lon étoit sûr que le patient, qui étoit éternel? Cette femme est bienheureuse, ajouta cetteeurdirectement sous la fenêtre dans un petit lit, ny spirituelle Princesse, pour moi je ne demanderois dau-... tre saveur que de le voir une seule fois en ma vie.

Ries avec vos amis de cette agréable réflexion ; maisfur tout gardés vous bien, Monsieur, de rendre maLettre publique. Cest la feule récompense que jeZ vous

3Vq . Voudroit pour dix pistoles navoir pas assuré quilt vu ce lit remuer tout seul.av e ^ ì dgard de la voix, dont on a conservé le secrettant de soin , comme il ny en a aucun-1* ' nous nen saurions juger que par. létat

Vo ^. trouva dans ce moment celui qui avoit été fa-de cette prétendue révélation,cris redoublés dun homme , qui entendantqu*^ cer la porte de son cabinet, ouvrit les verrouxég ar - av °it apparemment fermés lui-même, fes yeux& le désordre extraordinaire qui parut danstie ns e 3 Pilonne lauroient fait prendre par les an-

c)n e ] e > & nous doivent paroître plutôt des fuites dem °uvemens convulsifs , que de lentretien^^/ ub stance spirituelle.

vi tres ^ les coups donnés fur la muraille, fur lessen Cp 1 âc avec violence pendant la nuit en pré-

- e de de . -. -

te b ri| CUn ^ P ar t : car des deux témoins, qui ont entenduliçqq,'- * Un Etoit la Mere, 8c lautre un ami particu-du, pL^êtne faisant réflexion fur ce quil a vu & enten-Tst %e ^^ que ce ne peut être quun effet du maléfice.