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prat iquhs superstitieuses.
j> baise , on le$ adore , on montre encore quantité» d’autres Reliques de la très sainte Vierge , 8c deSaint Jean Baptiste, de S. Claude, & d’autres, qui»» font honorées 8c venerées par tous les fi déliés, aux’> quels ón ne fait aucune difficulté de les montrer.» Je ne crois pas qu’il y ait de Catholique si mal in-struit, qui ose conférer la cave de S. François avecn le fepulchre du Sauveur, ni avec tant de Reliques» arrosées du sang de Jesus-Christ , auquel est dû leculte de latrie.
„ Si donc on montre celle-ci aux fidelles , pour-'» quoi feront-ils privés de la consolation de voir &>» baiser celles du Séraphiqne S. François. Bon Dieu !» si ce voile étoit rompu , ce fepulchre ouvert , ce>> trésor découvert, que de consolation , que d’édi-» fication pour tous les fidèles ! que de consciences?» scrupuleuses &c branlantes seroient éclaircies & aíTu-r, rées ! que de doutes dissipés ! que cette raanise’sta-» tion effacerait d’ombrages ? Cette longue & im-» portante dispute touchant le vrai habit de S, Fran-» Çois ferait décidée en un moment. On saurait de»» quelle matière sont ces clouds , dont les Légendes5 > parlent si differemment. Car les unes disent qu’ils» s’étoient formés de l’excrescence de la chair dans» les playes : d’autres du sang caillé : d’autres que11 c’étoit des nerfs faits en forme de clouds : d’autres" d’une matière comme de corne : que la pointe qui» étoit au dessus des mains & au dessous des pieds» étoit recourbée , la tête étant au dedans des mains»> & au dessus des pieds. Et ce qui est un miraclej» très-considérable , c’est que ce grand Saint, avec>j ces clouds aux pieds & aux mains , ait vécu, mar->, ché, agi les deux dernieres années de fa vie fans les„ faire voir ni connoître , sinon à ceux de ses frères
», en qui il avoir plus de confiance , encore qu’il al->* lât pieds nuds, & qu’il fe servit de ses mains & au»> travail, & aux autres choses.
„ ,, De plus on verrait d’où provient que la playe" du côté de Saint François soit devenue ronde 8c5 > vermeille comme une belle rose » vû que celle du" côté de N. Rédempteur étoit de forme longue , la»> lance lui ayant ouvert le côté entre deux côtes, ce»> qui est digne d’une pieuse considération.
. 35 Qye si par avanture, par un évenement étrange >3j 8c extraordinaire, à l’ouverture de ce Sépulchre on» n’y trouvoit point ce saint corps , possible que la>> consolation sensible n’en serait pas si grande , ni le'> concours des peuples si nombreux en l’Eglise des" frères oii est ce saint dépôt. Mais pourtant qu’on'' rie s’imagine pas que la foi en dût être moindre.Js Car pourquoi ne croiroit-on pas que le monde étantindigne de voir un si précieux gage , il aurait été" transporté ailleurs par le ministère des Anges ?
donc une Cour souveraine très Catholique & trèsJ~tthodoxe ; si des Prélats de l’Eglisc très vertueux &r es éclairés : enfin si quantité de fidèles » comme l’as-Uf e du Bellai, doutent des stigmates de S. François,^Elle raison peut avoir le P. le Franc de comparerchose si peu ceitaine dans l'histoire de S. Fran-j 0 '? 3 avec une vérité si incontestable dans la vie deiA Us 'Christ , un crucifiement figuré , mystique &t „ eta pb° r iq ue , avec un crucifiment véritable , réel &- e ^if; 8c de soutenir que l’un est en quelque façon,°u semblable à l’autre Utrique Crucìfixo i Pour-1 01 sait-st un paralelle de Jesus-Christ avec Saint Fran-p âans une chose qui n’est pas singulière à S. François,au ls ssu’elle est arrivée à plusieurs, autres , & qui estl'p^traire tellement singulière à Jesus-Christ, (a) quedans ses prières l’appelle par excellence le Cru-etr 61 Ce stus fait aussi Saint Bonaventure par deux foisPelant des stigmates de Saint François (b ), & que
1 Apôtre Saint Paul (c) distingue expressément par cecaraétére , lorfqu’il dit qu’il n’a point fait professionde savoir autre chose que Jesus-Christ crucifié.
CHAPITRE V.
Quand S. François auroit été ‘véritablementcrucifié comme Jesus-Chrifi , il ne devroitpas être comparé en cela à Jesus-Chrifi .II y a eu plufieurs Saints qui ont été es-se hivernent crucifiés , mais jamais on neles a comparés à Jesus-Chrifi crucifié .Belles paroles de Saint Jerôme , de M.Godeau Evêque de Vence & de l'Auteurdes livres de limitation de Jesus-Chrifi sfur les comparaisons qui se font des Saintsles uns aux autres , de leurs mérités & deleur gloire.
J E dis encore bien plus que cela. Quand les stigma-tes de S. François auraient été un véritable cruci-fiement (ce que néanmoins personne raisonnable n’a ja-mais dit, parce que pour avoir été véritablement cru-cifié , il faut avoir été véritablement attaché à unecroix , ce qui n’est jamais arrivé à S. François) n’estce pas une chose insuportable & extrêmement cho-quante que de faire un paralelle de S. François cruci-fié avec Jesus-Christ crucifié , Utrique Crucìfixo ?N’est-ee pas quelque chose de plus étrange que íi l’ondedioit un Livre, un Tableau, ou une Thèse au Pa-pe, 8c à un de ses Cameriers en y ajoutant ces paro-les : Utrique Saniïiffimo : au Roi très Chrétien, & àun de íës Ministres , Utrique ChrifiianiJJimo , à Mon-sieur le Cardinal Antoine Archevêque de Reims 8c àM. Thuret l’on de fes grands Vicaires: Utrique Emi-nentiffimomy à un Evêque, & à son Aumônier : Ulri-que lllufirijfimo ; à un Président au Mortier , & à sondécret aire : Utrique Infiulato ì T ous ceux qui seroientnommés dans ces inscriptions & dans ces titres dedica-toires ne s’offenseroient-ils pas avec raison , les unsd’être mis dans íe même rang que leurs inférieurs& leurs sujets , les autres de ce qu’on leur rendraitles mêmes honneurs qu’à leurs supérieurs & à leursmaîtres ?
Cependant le P. le Franc fait pis que tout cela encomparant Saint François avec Ion Seigneur & sonDieu, entre lesquels il y a une distance infinie ; & ilne se peut faire que cette injure ne soit très-sensible àl’humilité du Séraphique Patriarche. Assurément ilne saurait souffrir une telle comparaison, lui qui a tantaimé l’humilité, qu’on aurait peine à trouver un Saintdans toutes les Flistoires de l’Eglise , qui eu fournitplus d'illustres, plus de glorieux & plus de singuliersexemples à la postérité. Car j.e n’imagine que l’hon-neur que le P. le Franc a cru lui rendre par son inscri-ption , ne lui a pas été moins désagréable , que l’ado-ration des Payens le fut à S. Paul & à S. Barnabé (d)dans la Ville de Lystre , lors qu’aprcs avoir guéri unboiteux, on leur voulut sacrifier comme à des Dieux ;& que ce Gardien étant sur le point de publier souinscription , reçut intérieurement & secrètement cetavis de son Patriarche , que l’Ange donna à S. Jeanqui le voulòit adorer dans l’Apocalypse (e). Gardetoi bien. de le faire: „ Je suis serviteur de Dieu com-„ me toi 8c de tes frères qui demeurent fermes dans„ la confession de Jésus : adore Dieu Mais quoi-
qu’il
rexx * n officio Pasch. Scio quia Crucifixum quxritis, jam íur-U\ i • Crucifixus surrexit à mortuis, & redemit nos.W v .^B»d. cap. í. Caméra Crucìfixo conformi extetiusm-Cf Ve'm Cffigie &.c. Descendit de monte secum ferens Crucifixi
//
(c) I . Cor. V. Non.judicavi me Lire aliquid nisi- Jesum Chris-tura, & hune crucifixum.
(d) Act. 14. ,
(e) Cap. 19. 2 c 11. Vide ne feceris: conserves tuus íura & ira-trura tuorum habentium testimonium Jesu: Deum adora.
Cc