P R A T I Q^U ES S U P
F s str impertinentes à leur Seraphique ‘Pa-triarche , & à leur Ordre : ce qui estprouvé par divers témoignages. Cet-te maniéré d'agir déshonoré plutôt SaintFrançois & son Ordre, qu'elle ne les ho-nore.
M Ais au reste le P. le Franc n’est pas le premierdes Cordeliers qui ont élevé S. François au-«eiius des autres Saints,qui,l’ont mis en parallèle avecJ e íus-Christ, & qui lui ont donné des louanges ridi-cules, indiscrètes & impertinentes. Un fiecle tout en-tIe r avant lui le P. Barthelemi de Pise a trouvé douzeconformités de ce Patriarche avec Jesus-Christ dans: e premier livre qu’il a écrit fur ce sujet , seize danssecond, & douze autres dans le troisième, afin defaire voir par-là que S. François a fait des actions aussiéclatantes que celles de Jesus-Christ.
En effet il a écrit qu’il avoit eu douze disciples^Mrne Jesus-Christ {a), & qu’il y en eut un nommépan de Capella , qu’il rejesta comme Jesus-Christ fitJudas. 11 a avancé que S. François avoit été Patriar-Jste, Prophète, Apôtre, Martyr, Docteur, Con-Effenr, Vierge, Ange, & plus conforme à Jefus-'rhrist que tous les autres Saints. Il a encore pouffées louanges plus loin, car il a dit en termes formels'jUe S. François avoit été Jésus Naz.arenus Rex Ju-‘korum (b), Jésus de Nazareth Roi des Juifs, Jésus,h ar la conformité qu’il a eue avec la vie de Jésus ; deNazareth, parce qu’il a été une Vierge très pure ; Roi,Psr la garde & la régularité de ses sens internes & ex-ternes; des Juifs , parce qu’étant rempli d’allegreffe& de joye il a sollicité toutes les créatures à louerDieu. Et pour comble de ses impertinences, en com-parant les belles actions de S. François avec celles deJ e sus-Christ, il a eu la témérité d’assurer que S. Fran-ra- 1S en avoit bien fait davantage que lui. Christ, t“il) w s'est transfiguré qu'une fois , mais S. François3 st transfiguré vingt fois. Christ n a changé l’eau en vinVfttne fois: mais S. François l'a fait trois fois. Christst rejfenti de la douleur de fis play es que pendant un peute ms, mais S. François en a rejfenti des fiennes pendantespace de deux ans entiers. Quant aux miracles detstrir les aveugles , de faire marcher droit les boiteux,chajfer les Diables hors des corps de ceux qui en étoientP 0 fidés , de reffufiiter des morts, Christ n'a rien fait en’stparaifion de ce que S. François st fis freres ont fait.Hr S. François st fies freres ont éclairé plus de i ooo.“sugUs , ji s ont redrejfé plus de 1000. boiteux tantjsttoes que bêtes, ils ont chajféles Diables hors des corpsde 1000. pojfedés , ils ont rejfufiitéplus de 1000.
> Voilà quel est le stile assés ordinaire des Cordeliers^‘stu’ils parlent de leur Seraphique Patriarche. J’enj* Urrois rapporter plusieurs autres preuves de mêmee, si je ne craignois point d’abuscr du tems &n- la patience du lecteur. Je dirai seulement qu’ilscr? pas àé moins libéraux dc leurs louanges indis-l eiJ es & extravagantes envers leurs freres , qu’enversPifg Car, par exemple, le P. Barthelemi de
Qr j ^ se deshonore-t-il pas & tout son Ordre aussi ,
ra PP orte dans les Conformités, qu’un jour S.tr <Miv° 1S ^ orrant à l’oraison , vint tout en désordrev 0]( , . er ses freres, & leur dit, qu’il voudroit (c) n’a-lui ^ aiT,a > s inventé leur habit, parce que le Seigneurdr e> 0lt r evelé que l’Ante-Christ fortiroit de son Or-
c lU‘i] e / ern ^ > Je-t-il pas avoir renoncé au bon sens lors-ec nt que S. François (d) tua de gayeté de cœur
f ,(*) Fol ,
i, *• 4 “- de l'edit. de Milan par Gotard Pomier l’an ifio
rì.* e nìm v< ì lle . m quod istum habitum non invemssem , Domi-m ihi revelavit , quod de Ordine meo exibit Anti-
(<0 F 0 j
' a °. Locus est dictus de Nucerío (dit-il) ín quò’bea-
ERS TITIÊUS ES. 103
le fils aîné d’un Médecin, afin d’avoir ensuite le plai-sir de le ressusciter. Il saudroit avoir beaucoup defoi pour croire ce qu’il assure, (t) qu un avemle re-couvra la veue en touchant de fies yeux le froc du frereFrançois de Duraz.z,o. Quelles impertinences n’avance-t-il point du frere Benoît d’Arrezzo. (f) il fut ,dit il, fort dévot k Saint Daniel, dom le fipulchre esten Babylone gardé par des Dragons. Comme Un jour ildésira de le voir , ne pouvant venir a bout de fis défirs kcaufì de la longueur des chemins , est pour la crainte desdragons st des firpens ; un grand dragon lui aparut stle prennant fur fit queue , il le porta droit au fipulchre deS. Daniel ou étant arrivé il ouvrit ce fipulchre, il pritpar dévotion un doigt de ce Saint Prophète, st ensuite lemême dragon le reporta ou il l’avoit pris. II dit encorede lui qu’un jour il fut jetté dans la mer , comme unautre Jonas , pendant une tempête , mais qu'auffi-tot ilfut envelopé d'une petite nuée, st porté dans le Paradisterrestre ; qu’Enoch st Elie le voyant , lui demandèrentqui il étoit, que leur ayant répondu qu’il étoit le frere deS. François, ils dansèrent de joye st le menerent par tousles endroits du Paradis terrestre; st qu ensuite il fut re-porté dans la mer par une autre petite nuée, ce qui donnabeaucoup d’étonnement k ceux qui le virent.
N’est-il pas extrêmement ridicule , lorfqu’il assureque le frere Jean des Vallées fentoit de quatorze lieuesloin l’odeur de la venue du frere Juniperus (g) ? Etqu’un jour on trouva le même frere Juniperus quipar humilité jouoit avec un enfant à un jeu qu’onappelle la bascule , ou la haujfe qui baisse.
Le Père Bernardin de Buflis (h) parle t-il avecdiscrétion lorsqu’il rapporte cette vision des Chroni-ques de Ion Ordre,, Un jour, dit-il, S. François„ vit deux échelles, l’une rouge fur .laquelle. Jeíus-„ Christ étoit appuyé, & l’áutre blanche ., r ou/ étoit„ la Sainte Vierge. Comme les freres , suivant le„ commandement de S. François, tâchoient dê mon-,, ter dans l’échelle rouge, il en tomboit plusieurs à,, la renverse, de quoi S. François s’affligeoit & pleu-„ roit. Cela obligea Jesus-Christ de lui dire > Faites,, enfirte que vos freres aillent a ma mere ,-st qu’ils„ montent par /’échelle blanche Alors S. François s’é-,, cria, hâtés vous , mes freres, de monter dans l’échel-,, le blanche. Ce que ses freres ayant faits la Sainte,, Vierge les reçut avec joye , & ils monterent ainsi,, facilement au Ciel.
Le Pere Barthelemi de Pise (r) rapporte aussi cettehistoire, ou plutôt cette sable si injurieuse à l’hon-neur de Jesus-Christ , & ajoute entre autres chosesque S. François étant tout consterné de voir tomberses freres du haut en bas de l’échelle rouge , Jesus-Christ lui montra ses mains & son côté , dont ilsembloit que les playes se renouvelloient, & que lesang en venoit tout fraischement de sortir, lui diíant;„ Voilà ce que m’ont fait vos frétés-
Une personne de bon sens pourroit elle entendrefort volontiers un Cordelier , dont Erasme parle dela sorte dans son Ecclésiaste (kj : ,, Un Prédicateur,„ dit-il, faisant un jour le Panégyrique de S. Fran-„ çois, s’avisa de conduire ce S. Patriarche par tous,, les Ordres de la Hiérarchie céleste des Confesseurs,„ des Docteurs, des Vierges, des Martyrs, des,, Prophètes, & des Séraphins memes. Chácun lui„ disant qu’il montât. plus haut. Ce Prédicateur
„ voyant
tus Francisais fecit illud insigne miraculum , quod cujusdámMedici filium primogenitum prius occidit, & contritum susci»tando'restituit.
(e) Fol. 7*.
(/) Fol. 64.
(g) Fol. 91. Hujus odorem feu adventum frater Joannes deVallibus dixit se sentisse per viginti octo milliària.
(h) Mariai, pag- 9 - Ser. a. aíîimil. 1. Quod facientes traire;rà Beata Virgine lstâ facie suscipiebantur, 8c ad cœlum cum fa-cilitate ascendebant.
(i) Fol. f o. Ista mihi fecerunt fratres tui.
(k) Lib. a. ^ Quidam è turbâ morosior, si deest, inquit , íócus,colloca illum in locum meum. Simulque abiit è Concione.
C C L