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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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,, voyant quil ne restoit plus que le fils de Dieu,,, il nosa pas dire que S. François leut fait sortir», de son Trône , mais il sécria quon ne lui avoit point encore trouvé de place dans le Ciel qui fut,, digne de lui. 8'étant donc un peu arrêté, &», demandant de fois à autre, Ou mettrons nous notre Père ? Un des assistans fe trouvant fatigué de ce,, discours fe leva , & lui dit ; fi vous n avis point», d'autre place a le mettre , voici la mienne que je vous donne pour cela. Et aussi-tôt il sortit du Ser-», mon.

Le Père Déza ne fe mocquoit il pas de ses audi-teurs , ou ne jouoit-il pas ses frétés les Cordelierslorfquil prqnonçoit ces paroles dans le Sermon quilfit à la louange de Saint Ignace de Loyola, lesquel-les font ainsi rapportées & traduites par le P. SolierJésuite, dans la réponse quil a faite ì une Censurede la Faculté de Théologie de Paris (a) ? Le qua-trième endroit (ce font les paroles du Père Solier) quiscandalise les âmes foibles ejt en la page i j i. ou P élo-quent Dèzja écrit. ,, Quil n ? y a que lOrdre de 8. François qui fasse des miracles en matière de pau- vreté volontaire. Car un frere lay de son Ordre,, (dit-il) avec le cordon qui lui sert de ceinture en fa main, fait plus de miracles, que ne fit jamais la verge de Moïse, parce que celle- ne tira que de», leau dune pierre, & cettui-ci tire pain, vin, chair, & tout ce qui lui fait besoin des poitrines plus du- res que les rochers.

Enfin ceux des Cordeliers qui fe sont autrefois ima-ginés que le Diable n'avoit aucun pouvoir fur eux, &quil ne leur pouvoit nuire, n'étqient-ils pas ou soux,ou présomptueux, qu malicieux de mettre en avantune telle chose? Voici une histoire assés divertissanteque rapporte à ce propos le Père Garasse de la Com-pagnie de Jésus dans son Rabelais reformé, (b) Lebon Ministre Grégoire Ecojfois , dit-il, ayant été ìnflruiten fies jeunet ans dans k Cloître de S. François , commeU affifiot un jour ses troupeaux , sommeillant Jur sabête ; <& étant par un faux pas tombé dans une char-bonnière fous terre , fe -voyant environné de ces Cyclopesenfumés , - conçut une frayeur étrange , gr fi ressouve-nant encore du figne de la Croix » qu il saisit jadis ,il s'écria en homme defijperé : Je fuis Cordelier, Mes-fieurs les Diables , je fuis Cordelier & n,on pas Ministre.Nétoit ce pas demander bon quartier au Diable- sousle nom des Cordeliers dans lefperance quil ne fàisoitpoint de mal à ceux qui en portent f habit ?

ÇHAPIT RE VII.

Le T. le Fr me a fris de f livres des Con-formités dît F. Barthelemi de j Pise , lesujet de son inscription. Excellent passa-

ge de Me Içhior C anus contre ceux qui mê-lent dpsfaussetés dans lès vies des Saints.Combien certains Auteurs font pernicieuxd PEglife pàr "leùxifiistoéres fabuleuses.Censure de la Faculté de Théologie de Fa-rds contre trois Sermons prononcés en l } hon-neur de S. Ignace de Loyola.

7\ Près les sotifes , les extravagances, les impiétés,/*\ & les blasphémés, les mensonges & les fausse-tés qûe íe P. Barthelemi de Pise (pour ne rien dire deses Compagnons) a avancées dans ses livres des Confor-mités de la vie du Bienheureux çfi Seraphique Per-e S.François avec celle de Jefus-ChriJi , quelle si grandemerveille y a-t-il quun Cordelier aussi peu discret, &

(t) Du i. jour dOctobre ,6n

(b) L. I; C, Ego sum Frandseanus, domini Diaboli.sum Françiscanus, non íum Mmifter.

RE DES

peut-être plus hardi que lui , ait fur le beau modèlequil lui a laissé, fait graver en lettres dor fur unetable de marbre & à la vûe de toute la ville de Reims»une Inscription aussi scandaleuse, & aussi injurieuse alhonneur de Jésus Christ & à lhumilité de S. Fran-çois que celle-ci : Deo homini & Beato Francifco , U tri-que Crucifixo. Si elle venoit dun autre auteur qnedun Cordelier, certes il y auroit plus de sujet de-tonnement. Mais étant le fruit des travaux 8c desveilles dun Cordelier fondé en exemples & en autorp 1, qui pourroit si fort en être surpris ? Pour moi j ene fais pas de doute que le P. le Franc nait formélidée de cette Inscription phantastique,sur les parolesdu Père Barthelemi de Pise, que jai rapportées ci-de-vant, par lesquelles il dit que S. François a été Jeso?de Nazareth Roi des Juifs : Beatus Francifcus titdéJésus Nazarenus Sex Judaorum. Et en esset si S»François peut-être appellé Jésus de Nazareth Roi l eiJuifs, qui est le titre de la croix du fils de Dieu»pourquoi ne pourra-t-on pas dire quil a été crucifiecomme le fils de Dieu? Il y a autant de raison d 1côté que de lautre, & pour mieux dire il ny en ®ni de lun ni de lautre. Joint que comme le Pes eBarthelemi de Pise na eu autre dessein en donnant deslouanges excessives, impertinentes & ridicules à S*François , que dengager les fidèles à avoir plus devénération pour son Seraphique Patriarche, de même I eP. le Franc na comparé Saint François ì Jefus-Christçruçifié que pour lui attirer davantage de respect de hpart des Chrétiens. Comme il fait quils honoresdun culte particulier Jefus-Christ crucifié, il a cruaussi quil ne pouvoit pas mieux honorer » ni faire ho'norer son Saint Patriarche , quen Pappellant crucifiecomme Jefus-Christ,& en le mettant en parallèle ave^lui, Utrique Crucifixo. Son intention a pu être bonne, 8tlon dira fans doute à fa justification que sil a péché»ce na été que par ignorance, & manque de prévôtles fuites dangereuses que son Inscription pouvoit a "voir. En attendant quil les examine ferieufement *je le prie de tout mon cœur de considérer combiengens defprit, de pieté, & de littérature ont de m®'pris, & diversion pour ceux qui comme lui simag 1 'nent faire honneur aux Saints, lorfquils leur attributdes faussetés.

Je lui en alleguerois, sil vouloir, quantité de ti'notables. Mais il est trop facile à persuader, pour pas laisser convaincre de cette grande & importasvérité, par la feule déposition dun illustre Prélat » flV*a été un des plus fâvans Théologiens du Concile "Trente. Cest Melchior Canus Evêque des Canarieslequel après avoir témoigné douleur & son reste""riment, de ce que les vies des Césars & deí^ Philosphes payens ont été écrites avec plus de sincéritéde vérité que la plupart de celles de nos Saints, c0l \clut enfin,,, Que ceux- font un préjudice très co"" siderable à lEglife de Jefus-Christ (c), qui ne croy^ point avoir bien rapporté les belles actions des Sai rlt: sils ny ont mêlé de fausses révélations ou de miracles. Voilà de quelle façon ce grand horvlst& toutes les personnes sages & éclairées avec soi °.toujours regardé les fantaisies ridicules & |

dont certains Ecrivains ou ignorans, ou trop cre ^ Veu malicieux, ou passionnés, ont déshonoré 1"gion Chrétienne, qui d'ailleurs na pas besoin deI e ^mensonges, & barbouillé les histoires quils nc>uslaissées des vies dune infinité de Saints, defqueF ^hérétiques & les libertins fe mocquent publiquestous les jours ,& souvent avec quelque forte de raî iNe faut il pas donc avouer de bonne fol quil n 1 ^rien de plus indigne dun Chrétien & dun h."?dhonneur que le mensonge ? Quil ny a rien qu 1

(s) De loris Theol. L. u. cap. 6. Ecclesi» igituril) hivehementer incommodant, qui res Divorum ftxc -gjjibu 5non íè putant egregié expofíturos, niíì eas fictis Sc teve8c miraculis adornarint-