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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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íiS HISTOIREDES

paroît fur le seuil, debout, les mains jointes & fansgants. U est salué par tous les Chanoines , {a) enpassant devant lui; & à la fin, le Chanoine qui por-te le Livre des saints Evangiles, le lui présente àbaiser.

Ce Prélat marche après son Clergé. (£) Il estprécédé des Gardes de M. le Gouverneur , des Ap-pariteurs de la Justice Ecclésiastique, de son Porte-Crosse, & de ses Aumôniers, ayant à ses côtés sesGrands-Vicaires. Derriere lui font le Syndic & leChanoine députés du Chapitre, lOfficial & le Pro-moteur ; le Bailli & les autres Officiers de la Justicede lEvèché, les Abbés des Abbayes du Diocèse enRochet & én Camail. Suit la Maison. du SeigneurEvêque, ses Officiers & Domestiques; (c) & aprèseux marchent immédiatement les Maire & Échevins,& les Officiers de la Bourgeoisie : accompagnés desArchers de Ville, ayant leurs Officiers à leur tête.

Cest dans cet ordre que la marche se sait dabòrdpar la rue de lEtelon ; puis entrant dans la grande ruede la Porte Bourgogne, elle savance jusquà la Cha-pelle de S. Michel qùí y est située. Elle tourne àgauche, & passe dans la petite rue de lOriflamme ,qui aboutit à une des portes du Cloître de lEglise deS. Aignan, dans lequel elle entre. A mesure que lesCommunautés des Religieux & les Ecclésiastiques yarrivent, ils sy rangent en haie des deux côtés, àlexceptiôn du Chapitre de la Cathédrale, qui savancejusques dans lEglise de S. Aignan, & se place dans laChapelle du Crucifix.

nouvel Evêque arrivant ì la porte du Cloîtré ,y trouve tout le Chapitre de' S. Aignan en Chappes,avec la Croix, l'Encens, lEau benîte & Livre dessaints Evangiles. Le Doyen & les deux prémieresDignités lui présentent, lun laspersoir, le second, laCroix à baiser, & lautre les saints Evangiles. LeDoyen, ou la prémiere Dignité en son absence , faitalors une harangue (d) Latine au nouvel Evêque, qui

son Auteur, écrite au même Hugues , il est dit, qué lEglisede S. Euverte , par reconnoissance des bienfaits qudle a reçu desEvêques d'Orléans, est obligée, entrautres choses » à leur admi-nistrer les Sàcremens dans la maladie , & à leur donner la sépul-ture après mort. Tenetur. . . . ìnfirmmtibus exhiberefolatium ,

decedentibus prststare fepulchrum.

(a) Il est salué par les Chanoines.] Dans un Discours Françoismanuscrit sur les Entrées de nos Evêques , qui est à la Biblio-thèque publique, donnée par M. Prousteau aux Bénédictins decette Ville, le 6. Avril 1714. il est marqué, que suivant les Mé-moires de lEglise de S. Euverte, anciennement tous les Chanoi-nes de lEglise Cathédrale donnóient le baiser de paix au nouvelEvêque, en passant devant lui.

{b) Ce Prélat marche après son Clergé.] Parmi les Corps Ec-clésiastiques qui assistent a lEntrée de nos Evêques , on voyoitautrefois le Chapitre de S. A vit, 8c les Religieux de S. Samson;mais ni lun ni lautre de ces Corps ne subsistent plus. Le Cha-pitre de 8. Avit fut supprimé en 1670. 8c les Prébendes réu-nies au Séminaire que M. de Coiílin alors Evêque dOrléans luisubstitua. Ce Prélat fit jetter les fondemens du Bâtiment quenous y voyons aujourdhui en 170p. 8c M. Fleuriau son Succes-seur la parachevé. Dom Thierry Ruynart sest trompé fur lar-ticle du Chapitre de S. Avit, lorsque dans ses Notes fur Gré-goire de Tours, il suppose que ledit Chapitre subsistoit encoreconjointement avec le Séminaire en lan 1699.

Pour ce qui regarde les Religieux de S. Samson; qui étoientdes Chanoines de lOrdre de S. Augustin, les RR.PP. Jésuites,âpres sêtre accommodés avec eux , prirent possession de leurPrieuré le' 14. Mars 1619. fur les Lettres quils en avoient obte-nues du Roi Louis XIII. deux ans auparavant.

(c) Ses Officiers & domestiques.] Les Evêques anciennementau tems de leur Entrée faifoient venir un nombre de leurs Vas-saux , pour les accompagner, 8c servir à la pompe de cette fête.Ces gens avoient le droit de marcher armés par la Ville , 8c defaire le Guet pendant la nuit. Cest ce que nous apprenons dunArrêt du Parlement de Paris rendu le 10. Avril 131a en faveur deRoger Le Fort, Evêque, contre le Bailli dOrléans. Fuerit etiamcliâla curìa ìnformatà quod servientes dìcli postant . . . arma por-tare f? armati fer Vìllàm intedere, item postant facere Guaitum.

(d) Fait alors une harangue.] Le Maire , dans son HistoiredOrléans, écrit quaprès que le Doyen de S. Aignan a compli-menté le nouvel Evêque, il lui présente le Livre sont conte-nus les privilèges de cette Eglise , quil le prie de vouloir bienconfirmer ce qui suppose deux sermens , puiíque selon la re-marque metne de Le Maire , & comme nous Je verrons plusbas, le Doyen fait cette réquisition dans lEglise immédiatementaprès que le nouvel Evêque a ete revêtu de ses habits pontifi-

y répond dans la même Langue. Auffi-tôt le Sous-Chantre entonne le Répons Honor , virtus &stotejìus ,qui est continué par les Musiciens, jusquà ce quonsoit arrivé dans le Chœur de lEglise de S. Aignan,ou le nouvel Evêque est conduit proceffionnelle-ment par tout le Chapitre qui marche immédiate-ment devant lui. Il donne la Bénédiction (e) auPeuple , comme il a fait pendant la marche jusquàS. Aignan.

Lorsquil est arrivé devant le Grand Autel, il í" emet à genoux sur un Prié-Dieu ; & pendant quil yfait sa priere , on chante en musique l'Hymne T eDeum laudamm ; laquelle étant finie, le Prélat est con-duit dans la Sacristie. se présentent les Marguil'liers Clercs C/) de cette Eglise , pour lui ôter ses fan'dales , & lui laver les pieds avec des eaux odoriferafl'tes, pourquoi il leur est quarante fols parisis, q ulleur font comptés fur le champ de la part du SeigneurEvêque. Cela étant fait , les mêmes Marguilliers»conjointement avec ses Aumôniers , après lui avoirôté ses ornemens blancs, lui mettent dabord aux jam-bes 9 pardessus ses bas, des brodequins & des sandalesde damas rouge ; puis pardessus son Aube ils le rêve'tissent dune tunique & dune Dalmatique de mêss ecouleur, & fur le tout dune Chappe de brocard dor*Us lui mettent des grands de soye rouge brodés d osaux mains, son Anneau Pastoral au doigt ; & au li £tJde la Mitre unie quil avoit , ils lui en donnent®autre en broderie dor : cest alors que la Crosse q ulétoit voilée dun tafetas blanc, est entièrement décoU'

verte.

Le Prélat fort ensuite de la Sacristie , ayant devantlui leS deux prémieres dignités du Chapitre qui 1/ont accompagné, & qui le conduisent dans lenceintfdu grand Autel, étant assis dans un fauteuil quilui est préparé , on lui présente dun côté le Livtfdes saints Evangiles, & de lautre une formule &serment quon lui remontre avoir été sait par tous jf sEvêques ses Prédécesseurs. Le nouvel Evêque y f

tissait (V) dans létat cette formule a été mise

* plstS

eaux, 8c récouduít de la Sacristie à lAutel. Mais Le 'comme chacun fait , est un Auteur qui nest rien so 0 " 1quexact.

(e) Donne la Bénédictions] Avant lannée 1674. que parcontradictoire du Parlement de Paris du 4. Juin , entrePierre Du Cambout de Goiilin Evêque dOrléans, Sc le Chass j £de S. Aignan, les Evêques ont été maintenus 8c gardés au dpde toute Jurisdiction Episcopale sur les Doyen, Chanoines, ^'j epitre, Chapelains 8c Choristes de ladite Eglise de S. Aignan í .nouvel Evêque, tout le tems quil étoit dans le Cloître ou "solEglise, ne donnoit point la Bénédiction ; & les deuxDignités qui raccompagnent, le tenoient chacun par unepour marquer que ce Prélat navoit aucune Jurisdiction 6»"^.lieu. Ce fut pour faire allusion à ce droit, quà lEntrée desieur De Netz, entre autres vers quon avoit placés fur la rde lEglise, on y voyoit ceux-ci :

Nulla hîc Pontifia manus est, htc nulla poteftas:

Nil nifisublimes Divos bac turris adorât.

t ufl

Quelques-uns même prétendent que dans cette vue on jette»ruban violet fur les mains de lEvêque; mais cest une circonce qui ne se trouve nulle part. _ st.

if) Lk se présentent les Marguilliers-Clercs,] Ces Officies 5 ..tant présentes à lordinaire pour laver les pieds de M. èt

ville dernier Evêque , ce Prélat, que fa santé avoit j e s

rester chaussé, les dispensa de cet office pour cette sois.pfO'fit payer; fur quoi le Syndic du Chapitre de Sainte Croijeîtesta que cette dispense ne pourroit préjudicier aux or°Successeurs Evêques. coiv

(g) Le nouvel Evêque y satisfait J Après lArrêt de l °0 s poi*'tre Péremption du Chapitre de S. Aignan, on crut que , ífveaux Evêques ne feroient plus de serment dans cette && fl'M. du Saussai lavoit écrit de même. Cependant M. d'h-tville, le premier qui ait fait son Entrée depuis , le fit® l£ sque ses Prédécesseurs. On sc contenta dôter dans la sormots dExemptiones, immunisâtes, & libertates, qui * pst &voient avec celui de Privilégia. Voici ce serment : Eg° ' ^0S. Sedis Apoftolic» gratìâ Epifcopus Aurel.juro ad hac cín stt^'

gelia me fervaturum privilégia hujus Ecclesta , atque ea ffifòurtss"turum, tuìturum & defensurum pro poste meo, cateretqu i^ n fipi ead qua teneor prout sp quemadmodum meï PradecestoreAurelianenses ab antique facere confusverunt.