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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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V

PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

puis l’Arrêt de 1674. qui soumet le Chapitre de S.Aignan à la Jurisdiction Episcopale, & avec la clause,que ce serment ne pourra préj udicier ni à ses droits,nt à ceux de son Eglise : Et ita jnro,salvo meo jure &Ecclefa mea ; contre lequel serment (a) le Syndic deSainte Croix ne manque pas de protester en outre pour* a conservation du droit des Evêques ses Succefleursqui n’y font point tenus.

Cette protestation étant faite , le nouvel Evêque^unte à l'Autel, ou après une profonde inclinationqu’il y fait devant le saint Sacrement, & que le Grand-diacre a dit à haute voix, de s’humilier pour rece-v °ir la Bénédiction, Humiliate vos ad Beneditlionem ,e Prélat bénit solemnellement toute l’aísemblée. Il estc °nduit de là dans la prémiere Chaire du Chœur quiE vers l’Autel, du côté droit , & y est instalé enqualité de Chanoine (b) de l’Eglisc de S. Agnan, parla prémiere Dignité, qui lui dit en l’instalant : Nousv °u$ a Lignons cette place comme à un Chanoine nô-Confrère, afin que vous vous y asseyïés toutes lesÍQ is que vous délirerés assister à l’Office divin. As-fi&wmus tibi locum tanqtiam Canonico & Confratri nofiro ,Ht qttotiefcumque adejfe volueris divino Offìcio , ibi federeftffis. Cela fait, le nouvel Evêque fort du Chœur ;p entrant dans la Nef, le Doieu lui demande s’il dé-lr e être porté , (c) ainsi que ses Prédécesseurs. Aquoi ayant répondu,qu’il le veut bien, & s’étant astisu^ns un fauteuil qui est préparé pour cela, il est élevéP ar les quatre prémieres Dignités , qui font tenus dee porter personnellement (d) sur leurs épaules (e) jus-qu’hors la porte de leur Cloître.

Dans ce moment Messieurs du Chapitre de la Ca-thédrale sortent de T Eglise de 8. Aignan , précédésdes Religieux, des Ecclésiastiques, des deux Collé-giales de S. Pierre Empont & de S. Pierre le Puellier,& du Corps de l’Université, qui reprennent tous leur^ug, marchent dans le même ordre vers la porte duCloître qui donne fur la rue S. Côme. Après euxuivent les Chanoines & Chapitre de S. Aignan, chan-la °t le Pseaume, Aiemento Domine Davidis , pendantqu £ le nouvel Evêque est porté de la Nef jusques

(a) Contre lequel ferment.'] II n’est pas inutile de remarquer iciíujet du serment que les nouveaux Evêques vont faire à S.^'gnan, que Hugues Defai, qui fit son Entrée le t 6 . Mars i;66.p ayant été dispensé, à cause des gens de guerre qui couroientd c ampagne, (l’Eglise de S. Aignan alors étoit hors les murs de? yille,) le Chapitre jugea à propos pour la conservation dc seslo 'ts, de faire dresser un Autel à la Barrière de la porte Bour-?og»e, se r lequel le nouvel Evêque jureroit la confirmation desivileg es de S. Aignan; ce qui fut éxecuté en présence des Dé-ch « du Chapitre. Depuis en 1439. Regnaud de Chartres Ar-trat Vec P le de Reims, 8c Chancelier de France, nommé Adminis-perpétuel de l’Evêché d’Orléans , fut de même dispensép e ' er à 8. Aignan; il prêta cependant depuis serment daas l’Egli-A; e S. Samson, où se rendirent les Délégués du Chapitre de S.^gnan.

foP j V est installé en qualité Je Chanoine ■] II y avoit autre-p Q s d ans S. Aignan une Prébende affectée aux Evêques d’Orléans;í 1( >oi ils recevoient par chacune année vingt fols de retribu-■ 4 kr) aìní ' 1 fiu'il paroît par les comptes du Chapitre ; D. Epifcopo

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lors de

^station du Syndic du Chapitre d’Orléans contre le serment“kffieurs de 8. Aignan exigeoient de ce Prélat,qu’il n’y étoit

fat* V 1 ' anno quolibet percipit vigintì folidos pro una lla,jy*j jlvendos. Ce qui fit dire à l’Evêque Jean Nicot,

comme Chanoine: 8t°en effet il jura ut Episcopus Cano-

le p] Doyen lui demande s’il défire être porté.] II est dit danst]H , a ° Ces Verbal d’Entrée de Jean de l’Aubespine, le i. Mai 1589.b<Jc nt Êjé demandé à ce Prélat par Me. François Jamet Sous-Íe fuía S '^ désiroit d’être porté comme ses Prédécesseurs , il le(d) , © 4 . nMrc k a a ?icd jusqu’hors du Cloître.

Par les'J'‘ s ont tenus de le porter personnellement .] Cela se prouve«n , Lettres de Jean de Montmorenci au sujet de son Entrée•E */"t - Quatuor persona vel quatuor Vresbyteri Canonìci diBaPar lg p !,î c athedra noftra por.ere nos tenentur , nosque port are, Etb’îj r ° ce s Verbal d’Entrée de Jean d’Orléans Longueville enPtés en 5 Ul ’ après avoir nommé les quatre Dignités qui s’étoíent1 es P°ur le porter , dit qoe super humeras fitos onerarunt.tì„ * e s demJa.. o_■

derniers Procès Verbaux font-ils mention des protesta-

is Con tre l’usage contraire.

Ifi. J <r eurs épaules.] On trouve qu’Etienne II. élu Pape l’an

Pie _ ,

* II y a toute apparence que l’usage des Eve-1 être portés de même à leur Entrée, dérivé de la.

dp o 52 . se fit porter fur les épaules du peuple jusqu’au Tem-e Constant’- " - a.,

hors du Cloître, ou étant arrivé , le Prélat fait tour*ner le fauteuil où il est assis, desorte qu'ayant le visa-ge tourné vers tout le Corps des Chanoines de laditeEglise de S. Aignan, qui sont sous la porte de leurCloître, il leur donne & à tout le peuple fa Bénédic-tion solemnelle; après quoi lesdits Chanoines le saluentSc retournent à leur Eglile. Cela étant sait , le fau-teuil de l’Evêque est mis en bas, Sc il se levé pour serasseoir dans un autre de velours violet préparé pourcela, & qui est tourné du côté de la rue Bourgogne.

Alors le Seigneur Evêque ordonne à son Bailli défaire appeller les quatre Barons qui font obligés de léporter le jour de son entrée folemnelle, & qui ont étéavertis & sommés, comme nous avons dit, de s’y ren-dre en personnes, ou par Procureurs. Us doivent êtreGentils-hommes; à savoir,le Baron d’Yévre-le-Chas-tel, le Baron Duc de Sully, le Baron du Cherai, &le Baron d’Afcheres Sc Rougemont. (/) A cet appelles Seigneurs comparoissent, ou leurs Procureurs, quirapportent leurs Procurations dont il est fait lecture.Comme il y a dispute entre ces Seigneurs pour la pré-séance , chacun d’eux ne manque pas en cette occasionde faire réprefenter par le Bailli de fa Justice, dont iìs’est fait assister, le droit qu’il prétend avoir de pren-dre la prémiere place, & de protester contre tout cequi pourroit être fait au contraire. Sur quoi le Seig-neur Evêque, après qu’on leur a donné à tous actede leurs protestations (g) respectives , fait ordonnerpar son Bailli que les Parties fe pourvoiront en la Courde Parlement, pour s’y faire régler , & qu’en atten-dant, fans préj udicier âux droits des Parties j les Sei-gneurs Barons ou leurs Procureurs prendront leur rang& place dans l’ordre où ils ont été appellés. A quoiayant acquiescé, le Seigneur Evêque est élevé sur lesépaules des gens préposés par les Barons , pendantqu’eux ou leurs Procureurs réprefentàns tiennent cha-cun une main posée fur les extrémités des bâtons atta-chés au fauteuil » & qui servent â le porter.

La marche continue alors , & la Procession tour-nant à main gauche au coin de S. Victor, s’aváncejusqu’à l’endroit où étoit autrefois ì’ancienne Portede Bourgogne.

C’est-

(f) Et le Baron J’Astheres & Rougemont.] C’est ici l’ordre oùles Barons font appellés, & marchent présentement après les pro-testations respectives qu’ils font entre eux fur la préséance. LéBaron de Sully le dispute à celui d’Yévre-le-Chaftél , 8c prétendne devoir céder à ce dernier, que lorsque b Baronie d’Yévre-le-Chastel se trouve unie 8c fait partie du Duché d’Orléans ; qu’alorsle Roi ou les Ducs d’Orléans ont le pas fur lui : mais que le casest différent avec les Seigneurs Engagistes de cette Terre, puiíqu’ilparoît que ces Barons n’ont pas toujours joui des mêmes droits;ce qui fe justifie par les Procès Verbaux d’Entrée de Messieurs del’Aubeipine 8c de Netz, où ccs Barons n’ont été appellés que lestroisièmes. Le Baron du Cherai qui prétend la même chose con-tre celui d’Yévre-le-Chastel, represente contre celui de Sully l’Ar-rêt du Parlement de 164L. qui juge l’alternativé entre les Baronspour la présentation des Goutieres, prétendant que cet Arrêt doitservir pour le port de l’Evêque, les choses étant égales. Le Barond’Aseheres 8c Rougemont fait les mêmes protestations , 8c il enest donné acte à chacun d’eux. Le nouvel Evêque fait ordon-ner par son Bailli , que les Parties se pourvoiront au Parlementpour se faire régler, 8c que cependant fans préjudicier aux droitsdes Parties, les Sieurs Barons prendront par leurs Procureurs leurrang 8c place dans l’ordre où ils ont été appellés.

(g) Après qu’on leur a donné à tous acte de leurs protestations.]A l’occafion de ces contestations des Barons, on ne sera peut-êtrepas fâché de trouver ici ce qui arriva à l’Entrée de M. Delbene en1648. Le Duc de Sulli, dont la Terre avoit été érigée en Du-ché-Pairie, 8c qui par cette raison prétendoít plus que jamais avoirle pas, avoit envoyé un grand nombre de sis gens pour accom-pagner Pierre de Juglins, Ecuyer , Seigneur de Honconques,qu’ilavoit nommé pour porter en son nom le nouvel Evêque. Cesgens mirent tous l’épée à la main au moment de l’appel, en criantVive Sully., On peut aisément se réprefenter quel embarras un pa-reil procédé pur causer. Comme le tumulte augmentoit toujours,Monsieur Delbene impatient se leva de la chaise où il étoit assis'retroussa sa Chappe fur ses > épaules, 8c mettant une main à sáMitre pour 1 a soutenir: de l’autre saisit au colet un de ces breteursqui paroiffoit le plus échaufté, en ordonnant qu’on s’affurât de fapersonne , ajoutent <ju il sc refïèntìroit de cette insolence. Maiscomme ce jour étoit un jour de grâces, l’Evêque reçut les excusesqu’on lui fit ; le tumulte s’appaisa, 8c les choses sc passèrent ensui-te à la maniéré accoutumée.

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