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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE Í>ËS

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C 4 est- tous les Juges Royaux de la Ville dOr-ìéans attendent le nouvel Evêque, pour le compli-menter fur fa joyeuse entrée , & lui présenter lesCriminels quils ont eu foin de faire sortir des Pri-sons , & de faire conduire par leurs Huissiers jusquesdans une maison voisine.

Le nouvel Evêque étant arrivé en cet endroit ,son fauteuil est mis en bas & placé contre le murdune des tours restantes de lancienne porte, quona soin de préparer-& dotner à cet effet. Aussi-tôt lOfficial dudit Seigneur Evêque complimente cePrélat ; il est suivi du Lieutenant Général au Bail-liage & Siège Présidial dOrléans, & du LieutenantCriminel dudit Siège , qui le haranguent à la têtede leur Compagnie. Le Prévôt dOrléans fe pré-sente ensuite avec les Officiers de son Corps , &fait son compliment , comme font aussi le Grand-Maître, ou en son absence un des Maîtres particuliersdes Eaux & Forêts de lApanage , & le Prévôt desMaréchaux, (Raccompagnés, lun des Officiers deson Siège,& l'autre des Lieutenans & autres Officiersde 1 a Maréchaussée. Chacun deux, avec le Bailli delEvêché, ayant representé à ce Prélat , que suivantlusage immémorial des Juges leurs Prédécesseurs, ilsont amené tous les Prisonniers détenus dans les Pri-sons, afin quen vertu du Privilège accordé par nosRois aux Evêques dOrléans, il donne ausdits Crimi-nels le pardon, la rémission & labolition de leurs cri-mes ; le nouvel Evêque prend le serment desdits Ju-ges, du Procureur du Roi au Bailliage , & de celuide la Prévôté. Ils jurent tous ayant les mains fur lessaints Evangiles, quils nont détenu ni détourné (b)aucun Prisonnier criminel de leur Ressort & Juris-diction ; comme aussi quils nont avancé ni procès,ni Jugement, ni éxecution diceux, pour les empêcherdobtenir leur grâce ; ensin quils nont rien fait quipuisse nuire en aucune maniéré au Privilège duditSeigneur Evêque. Le serment pris, & après que lesGeôliers des Prisons Royaux & de l'Officialité ontaussi fait serment comme ils ont amené tous les Prison-niers quils avoient en leur garde , fans en avoir celéni détourné aucun; on fait sortir tous les Criminelsde k maison ils étoient, (c) lesquels se jettant àgenoux devant le Seigneur Evêque , lui démandentgrâce, en criant par trois fois, Miséricorde . Aussi-tôt ce Prélat les met entre les mains du Bailli & duProcureur Fiscal de sa Justice , qui les sont avan-cer à k tête de k Procession ils marchent deuxà deux, tête nue & sans épée, & précédés des Geô-liers des deux Prisons.

Après ces Cérémonies , k marche continue dansle même ordre nous savons vue arriver. Messieursdu Bailliage & Siège Présidial prennent leur placeaprès 1 a Maison du Seigneur Evêque , (d) & mar-

(а) Le Vrévêt des Maréchaux.'] Quoique les Officiers de laPrévôté soient en droit de préeeder ceux des Maréchaussées, dha-ranguer, & de prêter ferment avant eux dans la Cérémonie desEntrées; ces derniers ne laissent pas de paotesler au contraire 8c defe retirer après le serment prêté.

(б) £>htils riont détenu détourné .] Lorsque pour quelquesconsidérations particulières, les Juges ont fait rester dans les pri-sons quelques Criminels, ils en font leut déclaration,8t expliquentla raison de cette détention. Sur laquelle déclaration on protestede la part du Seigneur Evêque de se pourvoir contre qui il ap-partiendra, ainsi quil arriva à lEntrée de Jean d Orléans-Longue-ville, oùle Geôlier des Prisons Royaux déclara quil y avoit laisséun certain Criminel, quil navoit osé amener, en ayant été em-pêché par le Prévôt des Maréchaux qui le lui avoit défendu.

(c) On fait sortir tous les Criminels de la maison ou ils étoient.]Cette maison qui perce de la rue Bourgogne , devant lEglise dela Conception, est sujette à cette servitude, ainsi quil a été jugépar Sentence du Bailliage dOrléans du if. Février 1706.

(d) Mejfieurs du Bailliage Siège Vréfidìal prennent leur placeâpres le Seigneur Evêque.] Le Discours Manuscrit sur lés En-trées des Evêques dOrléans que jai déja cité , remarque quà lEn-trée de Jean dOrléans-Longueville, Noble homme François Fo-restier, Ecuyer 8t Hérault du Roi, du nom de Picardie , mar-choit devant ce Prélat, ayant dessus fa robe une Cotte-dArmes desoye bleue, íèmee de Fleurs-de-Lys dOr. LAuteur dit nen sa-voir la raison, sinon que ce Prélat étoit Prince ; cependant dansle Procès-Verbal il U'est point fait mention de cette circonstance.

chent fus le côté droit, pendant que Messieurs íésMaire & Echevins marchent fur le côté gauche. Aprèsle Bailliage, suivent Messieurs de k Prévôté ; & der-riere Messieurs de Ville j les Officiers des Eaux &Forêts, & le Prévôt des Maréchaux. La marche estfermée par les Archers de Ville & ceux d u Guet.

La Procession continuant fa marche par 1 a rueBourgogne, passe pardevant S. Liphard , Notre-Da-me de Bonne-Nouvellé , k Commanderie de SaintMarc; (e) tourne au coin de k rue de 1 a Véronique»appellée autrement du Batoir-verd, entre dans celleS. Martin de k mine , d elle entre enfin dans I eCloître de Sainte Croix , qui répond à k principalentrée de cette Eglise.

A mesure que tous les Corps, tant Réguliers quéSéculiers, entrent dans le Parvis de lEglise , comsoéce lieu na pas assés détendue pour les contenir , ibentrent tous dans ladite Eglise, à lexception desDoien»Chanoines & Chapitre dicelle , qui demeurent à bporte quils font fermer» & y attendent leur nou-vel Evêque (/).

Ce Prélat étant arrivé devant k grande portelEglise, le fauteuil dans lequel il est porté est mis estbas. Il se léve. Le Doien lui présente alors 1 a Croi2& le Livre des saints Evangiles à baiser , le compli'mente ensuite sur son heureux Avenement en LanguéLatine. Le nouvel Evêque y répond en 1 a mêivéLangue ; après quoi le Doien ouvre le Livre sontcontenus les sermens quont accoutumé de faire les E-vêques à leur nouvelle Entrée, & le requiert humble-ment dy vouloir bien satisfaire. Ce que le SeigneufEvêque fait, la main fur les saints Evangiles, en di-sant: Je jure qtie je garderai & maintiendrai, sera* garder & maintenir mon Eglise avec les personnes » les droits, les privilèges & les coutumes anciennes^,» & approuvées qui k concernent ; comme aussi } e jute que je conserverai & maintiendrai selon mon,, pouvois les biens & les droits de lEvêché dOt' léans; qne je naliénerai aucune chose des biens d e ladite Eglise, non plus que des droits dudit Ev e ' ché, fans le consentement du Chapitre dOrléans j & que si jen trouve quelques-uns qui ayent & injustement aliénés, je les retirerai selon mon p° 1 !' voir; ce sont les choses que le promets & que ss jure". A quoi le nouvel Evêque ajoute ordinairement k clause, sauf mon droit : Juro quod Eccleflmeam , persnas & jura & privilégia & confluetudiantiquas & approhatas illius fervabo & servari facialItem juro quod bona er jura Episopatus jiurcliaflEfservabo pro posse, quod alìqua de bonis Ecclcfla vel de fl'ribus Episcopatus prater confenfum Capitulì Elurcliar en flnon alienabo ; (fr fi qua invenero maie alienata , revoOdpro pojfe meo ; & ita juro falvo meo jure.

Après ce serment, 1 a porte de l'Eglise est ouvs^& tout le Chapitre y entrant, le Doien sur le f e j 'dit au nouvel Evêque, & en Latin : Reverend Lle Seigneur a dit dans V Evangile , que celui qui n ,0pas par la porte dans la Bergerie , efl un voleur &,. >larron , & que c efl lui-même qui est la voye , ld ' ve y.

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(e) La Commanderie de S. Mctrci] LAuteur dune RelaU 0 l(llEntrée de M. dArmenonvilìe, imprimée chez Jean [Jass,4. dit, que lEvêque arrivant devant la Commanderie de S- ^ ,y trouve un Héraut de la part du Grand-Maître de ''P - uild dépend cette Commanderie, qui le prie de se souvent v. g(lest sur les Terres de la Religion. LAuteur íèroit peut-eUembarassé , sil lui falloit dire il a trouvé cela. . ce qiie

(/) Et y attendent leur nouvel Evêque.] On ne f alt aSymphorien Guyon a voulu dire, quand dans la Relatio" st .q^efait de lEntrée de nos Evêques , il dit que le nouvelétant arrivé à la porte de son Eglise, le Chantre avec S jenoines viennent le recevoir honorablement ; puisque le çjcù 0 'la Cathédrale marche devant ce Prélat pendant toute la ^nie. Cette faute a été copiée par M- Piganiol de Ia/° r j a ns kíà Description nouvelle de la France; & par M. de * a 7 r ,çsagQ e lDescription Topographique du Voyage de Plissante ^ n e .Ce dernier observe encore assez mal-à-propos , st e > osl estquaprès que le nouvel Evêque est entre daíis I EgWe 4ferme les portes.