HISTOIRE Í>ËS
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C 4 est-lì où tous les Juges Royaux de la Ville d’Or-ìéans attendent le nouvel Evêque, pour le compli-menter fur fa joyeuse entrée , & lui présenter lesCriminels qu’ils ont eu foin de faire sortir des Pri-sons , & de faire conduire par leurs Huissiers jusquesdans une maison voisine.
Le nouvel Evêque étant arrivé en cet endroit ,son fauteuil est mis en bas & placé contre le murd’une des tours restantes de l’ancienne porte, qu’ona eû soin de préparer-& d’otner à cet effet. Aussi-tôt l’Official dudit Seigneur Evêque complimente cePrélat ; il est suivi du Lieutenant Général au Bail-liage & Siège Présidial d’Orléans, & du LieutenantCriminel dudit Siège , qui le haranguent à la têtede leur Compagnie. Le Prévôt d’Orléans fe pré-sente ensuite avec les Officiers de son Corps , &fait son compliment , comme font aussi le Grand-Maître, ou en son absence un des Maîtres particuliersdes Eaux & Forêts de l’Apanage , & le Prévôt desMaréchaux, (Raccompagnés, l’un des Officiers deson Siège,& l'autre des Lieutenans & autres Officiersde 1 a Maréchaussée. Chacun d’eux, avec le Bailli del’Evêché, ayant representé à ce Prélat , que suivantl’usage immémorial des Juges leurs Prédécesseurs, ilsont amené tous les Prisonniers détenus dans les Pri-sons, afin qu’en vertu du Privilège accordé par nosRois aux Evêques d’Orléans, il donne ausdits Crimi-nels le pardon, la rémission & l’abolition de leurs cri-mes ; le nouvel Evêque prend le serment desdits Ju-ges, du Procureur du Roi au Bailliage , & de celuide la Prévôté. Ils jurent tous ayant les mains fur lessaints Evangiles, qu’ils n’ont détenu ni détourné (b)aucun Prisonnier criminel de leur Ressort & Juris-diction ; comme aussi qu’ils n’ont avancé ni procès,ni Jugement, ni éxecution d’iceux, pour les empêcherd’obtenir leur grâce ; ensin qu’ils n’ont rien fait quipuisse nuire en aucune maniéré au Privilège duditSeigneur Evêque. Le serment pris, & après que lesGeôliers des Prisons Royaux & de l'Officialité ontaussi fait serment comme ils ont amené tous les Prison-niers qu’ils avoient en leur garde , fans en avoir celéni détourné aucun; on fait sortir tous les Criminelsde k maison où ils étoient, (c) lesquels se jettant àgenoux devant le Seigneur Evêque , lui démandentgrâce, en criant par trois fois, Miséricorde . Aussi-tôt ce Prélat les met entre les mains du Bailli & duProcureur Fiscal de sa Justice , qui les sont avan-cer à k tête de k Procession où ils marchent deuxà deux, tête nue & sans épée, & précédés des Geô-liers des deux Prisons.
Après ces Cérémonies , k marche continue dansle même ordre où nous savons vue arriver. Messieursdu Bailliage & Siège Présidial prennent leur placeaprès 1 a Maison du Seigneur Evêque , (d) & mar-
(а) Le Vrévêt des Maréchaux.'] Quoique les Officiers de laPrévôté soient en droit de préeeder ceux des Maréchaussées, d’ha-ranguer, & de prêter ferment avant eux dans la Cérémonie desEntrées; ces derniers ne laissent pas de paotesler au contraire 8c defe retirer après le serment prêté.
(б) £>ht’ils riont détenu nì détourné .] Lorsque pour quelquesconsidérations particulières, les Juges ont fait rester dans les pri-sons quelques Criminels, ils en font leut déclaration,8t expliquentla raison de cette détention. Sur laquelle déclaration on protestede la part du Seigneur Evêque de se pourvoir contre qui il ap-partiendra, ainsi qu’il arriva à l’Entrée de Jean d Orléans-Longue-ville, oùle Geôlier des Prisons Royaux déclara qu’il y avoit laisséun certain Criminel, qu’il n’avoit osé amener, en ayant été em-pêché par le Prévôt des Maréchaux qui le lui avoit défendu.
(c) On fait sortir tous les Criminels de la maison ou ils étoient.]Cette maison qui perce de la rue Bourgogne , devant l’Eglise dela Conception, est sujette à cette servitude, ainsi qu’il a été jugépar Sentence du Bailliage d’Orléans du if. Février 1706.
(d) Mejfieurs du Bailliage Siège Vréfidìal prennent leur placeâpres le Seigneur Evêque.] Le Discours Manuscrit sur lés En-trées des Evêques d’Orléans que j’ai déja cité , remarque qu’à l’En-trée de Jean d’Orléans-Longueville, Noble homme François Fo-restier, Ecuyer 8t Hérault du Roi, du nom de Picardie , mar-choit devant ce Prélat, ayant dessus fa robe une Cotte-d’Armes desoye bleue, íèmee de Fleurs-de-Lys d’Or. L’Auteur dit n’en sa-voir la raison, sinon que ce Prélat étoit Prince ; cependant dansle Procès-Verbal il U'est point fait mention de cette circonstance.
chent fus le côté droit, pendant que Messieurs íésMaire & Echevins marchent fur le côté gauche. Aprèsle Bailliage, suivent Messieurs de k Prévôté ; & der-riere Messieurs de Ville j les Officiers des Eaux &Forêts, & le Prévôt des Maréchaux. La marche estfermée par les Archers de Ville & ceux d u Guet.
La Procession continuant fa marche par 1 a rue déBourgogne, passe pardevant S. Liphard , Notre-Da-me de Bonne-Nouvellé , k Commanderie de SaintMarc; (e) tourne au coin de k rue de 1 a Véronique»appellée autrement du Batoir-verd, entre dans celle déS. Martin de k mine , d’où elle entre enfin dans I eCloître de Sainte Croix , qui répond à k principalentrée de cette Eglise.
A mesure que tous les Corps, tant Réguliers quéSéculiers, entrent dans le Parvis de l’Eglise , comsoéce lieu n’a pas assés d’étendue pour les contenir , ibentrent tous dans ladite Eglise, à l’exception desDoien»Chanoines & Chapitre d’icelle , qui demeurent à bporte qu’ils font fermer» & là y attendent leur nou-vel Evêque (/).
Ce Prélat étant arrivé devant k grande porte dél’Eglise, le fauteuil dans lequel il est porté est mis estbas. Il se léve. Le Doien lui présente alors 1 a Croi2& le Livre des saints Evangiles à baiser , le compli'mente ensuite sur son heureux Avenement en LanguéLatine. Le nouvel Evêque y répond en 1 a mêivéLangue ; après quoi le Doien ouvre le Livre où sontcontenus les sermens qu’ont accoutumé de faire les E-vêques à leur nouvelle Entrée, & le requiert humble-ment d’y vouloir bien satisfaire. Ce que le SeigneufEvêque fait, la main fur les saints Evangiles, en di-sant: „ Je jure qtie je garderai & maintiendrai, sera*„ garder & maintenir mon Eglise avec les personnes »„ les droits, les privilèges & les coutumes anciennes^,» & approuvées qui k concernent ; comme aussi } e„ jute que je conserverai & maintiendrai selon mon,, pouvois les biens & les droits de l’Evêché d’Ot'„ léans; qne je n’aliénerai aucune chose des biens d e„ ladite Eglise, non plus que des droits dudit Ev e '„ ché, fans le consentement du Chapitre d’Orléans j„ & que si j’en trouve quelques-uns qui ayent &„ injustement aliénés, je les retirerai selon mon p° 1 !'„ voir; ce sont les choses que le promets & que ss„ jure". A quoi le nouvel Evêque ajoute ordinairement k clause, sauf mon droit : Juro quod Eccleflmeam , persnas & jura & privilégia & confluetudiantiquas & approhatas illius fervabo & servari facialItem juro quod bona er jura Episopatus jiurcliaflEfservabo pro posse, quod alìqua de bonis Ecclcfla vel de fl'ribus Episcopatus prater confenfum Capitulì Elurcliar en flnon alienabo ; (fr fi qua invenero maie alienata , revoOdpro pojfe meo ; & ita juro falvo meo jure.
Après ce serment, 1 a porte de l'Eglise est ouvs^’& tout le Chapitre y entrant, le Doien sur le f e j” 'dit au nouvel Evêque, & en Latin : Reverend Lle Seigneur a dit dans V Evangile , que celui qui n ,0pas par la porte dans la Bergerie , efl un voleur &,. >larron , & que c efl lui-même qui est la voye , ld ' ve y.
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(e) La Commanderie de S. Mctrci] L’Auteur d’une RelaU 0 l(ll’Entrée de M. d’Armenonvilìe, imprimée chez Jean [Jass,4. dit, que l’Evêque arrivant devant la Commanderie de S- ^ ,y trouve un Héraut de la part du Grand-Maître de ''P - u ’ild’où dépend cette Commanderie, qui le prie de se souvent v. g(lest sur les Terres de la Religion. L’Auteur íèroit peut-eUembarassé , s’il lui falloit dire où il a trouvé cela. . ce qiie
(/) Et là y attendent leur nouvel Evêque.] On ne f alt aSymphorien Guyon a voulu dire, quand dans la Relatio" st .q^efait de l’Entrée de nos Evêques , il dit que le nouvelétant arrivé à la porte de son Eglise, le Chantre avec S jenoines viennent le recevoir honorablement ; puisque le çjcù 0 'la Cathédrale marche devant ce Prélat pendant toute la ^nie. Cette faute a été copiée par M- Piganiol de Ia/° r j a ns kíà Description nouvelle de la France; & par M. de * a 7 r ,çs„agQ e lDescription Topographique du Voyage de Plissante ^ n’ e .Ce dernier observe encore assez mal-à-propos , st“ e > osl estqu’après que le nouvel Evêque est entre daíis I EgWe 4ferme les portes.