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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

dans celles où ils étoient obligés de suivre lés Rois.Revenus les Pairs , les Barons, les Lieutenans, lesgrands Officiers des Evêques, car nous les trouvonsfous tous ces noms dans les anciens titres, ils les ac-c ompagnoient dans les grandes Cérémonies , 8 c lesportoient par honneur fur leurs épaules à celle de* e ur Entrée dans leur Ville Episcopale: Usage qu’ilsstnprunterent des Barons du Royaume envers les Sou-verains.

. t H ne faut donc point chercher l’òrigine des deuxre dévances que nous examinons, ailleurs que dans cetVsage & dans la nature des Terres qui y sont sujettes.Ees Terres relèvent en plein Fief de l’Evêché d’Or-^•ans ; les Propriétaires en cette qualité en font lesJaífaux, & comme tels ils sont tenus de ces prestationsdifférentes.

La preuve de P un & de l’autre se tire de l'ancienLartulaire de l’Evêché d’Orléans, qui en contient les^iefs & Arrierefiefs. Voici ce qu’oh y lit au feuil-p t6y. année iz rr. au sujet de lâ Baronie de Sul-.> dont l’article peut servir pour les autres Baro-ns , le fonds pour toutes étant semblable, & ne dis-tant que dans les noms & les qualités des Débi-teurs.

voyons dans différentes Eglises de France sujets à desredevances de cire, ou à porter les Evêques , sonttous, fans en excepter aucun , Vassaux de ces Egli-ses , & fans que dans la plupart il soit fait aucunemention ni de miracles advenus , ni de satisfactionimposée.

(b) Le Baron de Piquini Vidame d’Amiens, quireleve de l'Evêque, est tenu d’offrir tous les ans, lejour de la Décolation de S. Firrnin , à l'Eglise d’A-miens un cierge de cire, qui se présente à l’Offertoi-re de la Messe.

(c) Le Comté de Gien, qui étoit autrefois un Fiefdépendant de ì’Evêché d 5 Auxerre , est chargé d’unCierge de cent livres pesant., qui doit se présenter àl’Eglise d’AuXerre le jòur de S. Etienne.

(d) À Maçon , le Seigneur de Bàulgei , dont laTerre fut inféodée par l’Ëvêqiìe Thêotelmus vers Fan96y. est tenu de présenter tous lès ans le jóur de laFête S. Vincent, Un Cierge appelle Bouclier de cire,Clypcus cens.

(e) L’Evêque de Poitiers est porté à son Entrée parlès Seigneurs de Lefignen, de Parthenai, de Châtel-kraut, & du Fief- 1 ’Evêque ; toUs quatre Feudatai-res de l'Evêché dudit Poitiers.

„„ 3’ Noble Dame de Sully, (Marguerite de Bornés,)» (a) tient en Fief du Seigneur Evêque d’Orléans.3> le Château & Châtellenie de Sully, à raison de ses5 » enfans, comme auífi plusieurs Fiefs & Arrierefiefs3> qui sont situés hors de ladite Châtellenie, pourquoi3 > elle doit une offrande de cire à l’Eglise de Saintep Croix avec les autres Vassaux, & doit envoyer uns, Gentilhomme pour porter ledit Seigneur Evêque”affobilis mulier de Solíaco ráìione liberorum suorum , tenetà Domino Epflopo , in feudiim Câflrum Caflellaniamde Solíaco , çf malt a Feoda & Retrofeoda qus sita smte xtra Caflellaniam p & debet cereum Sanbla Cruci cumCajiicis hominibus , & debet mìttere Mìlitem adhrtandum Epflopum.

. .Marguerite de Bornés Dame de Sully, dont il estjâ parlé, avoit dès Tannée 1294. rëcònnu en pleinsalement tenir en la même qualité que dessus, deEvêque d'Orléans. Domina Soliaci in pleno Parla-^flnto advocat Je tenere nomine fuo ér flliorum flmrpim ,aftrttm & Caflellaniam Soliaci cum fliis pertinenciisEpifcopo Slurelianenjì.

. Henri de Sulli, IV. du nom son fils, étant devenuâge, entra de même en Foi & Hommage en 1312.3l j>si qu’il est marqué dans le même Cartulaire de l’E-j[ e ché, où, après ce que nous en avons rapporté, on11 ! Et inter alìa Dominus de Solíaco qui loabet <sta-flfl , intravit in Homagium Domini Epiflopi de prs-omnibus. Nous avons vu ci-devant , que Guij> L Sire de la Trimouille, à cause de Marie de Sulli./rttime, avoit payé en 1382. à Foulques ÉvêqueOrléans, le rachat dû à cause de son mariage, pour-jj u °i il avoit été reçu à Foi & Hommage de la Sei-§tle une de Sulli.

^ Auífi cette Féodalité & Vasselage des Barons n’a ja-& ls été contestée, non plus que la redevance de cire^ Port de l’Evêque: & dans le Procès entre M. det^ et * Evêque d’Orléans, & Mre. Maximilien de Be-L>uc de Sulli , qu’on pourroit croire , fur lejj^O'gnage de Guy on, avoir été intenté à ce sujet,éi>j^?'^àit que de savoir si Sulli, qui venoit d’êtreen Duché-Pairie , étoit obligé outre cela auxP e 0l ' S de Çyuinj; & Requint, Rachat & autres droits^ a Ux ; ce qui faisoit la contestation.

(}| 6 confirme encore plus ce que nous venons deêe ' à ce qu'on peut appeller une preuve completteCor nparaison , c’est que les Seigneurs que nous

k$JM a rg Her} t e Bornéil] Nos Annalistes d’Orléans l’appel-lleur j de Bonnes. Cette Dame étoit fille de Thibaut , Set-Bornés & veuve de Lòuïs de Baujeu Seigneur de«ir e U^od . quand elle é p 0U f a l’an r r 8a. Henri III. du nomde de f 3 > après la mort duquel en ir8y. elle accepta la gar.lCs enfan s .

* (f) L’Evêque de Soissons est de même porté àquatuor Cajatis major ib us ; à savoir, le Comte de Sois-sons, les Seigneurs de Pierre-Fontaine, de Montmirel,& de Bazoches.

(g) A Nevers , les Seigneurs dé Dfui, Poiscux,Cours-les-Barres, Givry, qui sont Terres mouvan-tes de l’Evêché, postent l’Èvêque à fa nouvelle En-trée.

(h) A Auxerre, l’Ëvêque devoir de même êtreporté par le Comte de Nevers, à cause de sa Batoniéde Doúzi; par lè Comte d* Auxerre , à raison de sonComté; par le Comte de Bár-sur-Seihe, pour la Ter-re du Puifâye; & par le Seigneur dé S. Vétàin.,

< (i) A MéaUXv 'ìe Ëoi, comme Comte de Mèáux j& lé Vidame de Trillcbardou doivent le Cierge, &sont obligés de porter l’Evêque à fa nouvelle En-trée.

(kj Les Seigneurs de Corbeil, de Montleheri, dela Ferté-Alais, de M ont j ai, qui sòHt Terres de FeudoEpiflopi , dévoient 11 ’Eglise' de Paris un Cierge , &étòiênt tenus dè porter l’Evêque , auffi-bien qúe lésSeigneurs de Torci, de Tournon, de Luzárche 8 tde Constans-Sainte-Honorine. Homines Paris. Episcopi.

(l) Enfin à Chartres, les cinq Barons du Perche-Gouet, Alluye, Anton, Brou, Montmiral, & la Ba-Zoche, tenus & mou vans de l’Evêque de Chartres, ícause de sa Baronie de Pontgoin , étoient obligés âùCierge le jour de la Purification, & au port de l’Ë-vêque. A ceux-ci ont succédé en partie le Vidamede Chartres, le Baron d’Alluye,celui du Chêne-Do-ré, & le Seigneur de Longni.

Je pourrois, s’il étoit nécessaire, pousser plus loincette énumération ; mais ces exemples suffisent, 8 cnous doivent convaincre, avec íës autres preuves quej’ai alléguées ci-dessus, que les Goutieres de cire pré-sentées à l’Eglise d’Orléans le deuxième Mái, ^ & léport des Evêques, ne viennent nullement du prétendumiracle des Barons prisonniers, non plus que du meur-tre de l’Evêque Férri; mais qu’elles tirent leur origi-ne,

{b) Lá Morliere, Histoire d’Amiens, fugè

(c) Coquille, Histoire du Nivernois, sage is 4 -

(d) S. Julien, Antiquités de Mascon, page lyi.

(e) Befli, Histoire des Comtes de Poictou, page 6 3. Sc Preu-ves, page ;i 3 .

(/) Extrait d’un ancien Rituel de Soissons, cité dans le III,Factum de M. de Sulli, page 24.

(g) Coquille, Histoire du Nivernois, page 84.

{h) Des diverses espèces de Noblesse par le P. Menestrier,page í2ó. Voyez Coquille, Histoire du Nivernois, page iâ8,(t) II. Factum pour M. de Sulli.

(k) Hadrianus de Valois , Notifia Galliarttm , locis citatis.

(l) Sebastien Rouillàrd, Parthenie, page 2 . folio 7.

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