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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

set , le Rituel Romain de Paul V. & presque tousles autres Rituels qui ont été publiés depuis , aprèsavoir défendu aux pères & aux mères de batizer leursenfans, à moins quil ny ait danger de mort, & qu'ilne se trouve personne qui íàche batizer , déclarentsort positivement (a) , que sils les batizent en ce cas,ils ne contractent aucune affinité qui empêche l'usagedu Mariage. Cest auffi ce qui a été décidé par plu-sieurs Statuts Synodaux , & entre autres, par ceuxde Langres en 1404. au Titre du Batême (b) : parceux de Troyes en 152p. article du même Ti-tre (c) : par ceux de saint François de Sales , & deM. dArenton dAlex , Evêques de Geneve (d) :Lon avertira les pères de ne point batizer leurs enfans ,fi ce nefl au défaut de toute autre personne dans lextrê-me nécessité , auquel cas ils pourront user du Mariagecomme auparavant. Par ceux de Rouen en 1618. auTitre du Batême : Celui qui basile , contraíle affinitéavec celui qui est batìz>é ; fi ce n étoit quen nécessité lepère bati&dt son enfant , n y ayant dautre personne pource faireauquel cas il ne contrarie point affinité avec fkfemme légitime & par conséquent il peut user avecelle de son droit conjugal , comme auparavant. Parceux de M. Godeau Evêque de Grasse & de Ven-ce (e) : Lés Curés avertiront les pères fr les mères dene batizer point leurs propres enfans , fi ce n'efl au défautde toute autre personne , quand la nécessité les y contraint jauquel cas ils pourront user du Mariage comme aupara-vant. Par ceux d'Evreux en 1644. (f) Celui quibatiz,e contraíle affinité avec le père çfi la mère du batì-ssé, fi ce n étoit qu' en nécessité le père bati&àt son enfantsny ayant aucune persnne pour ce faire , auquel cas il necontraíle point affinité avec fa femme légitime. Et parceux du diocèse de Grenoble (g) : Les Curés averti-ront les pères fr mères de ne point batizer leurs propresenfans , fi ce nefl dans lurgente néceffité , fi au défautde toute autre persnne , auquel cas ils nont contraílé au-cune affinité spirituelle y fr peuvent user flu Mariage com-me auparavant.

CHAPITRE VI.

Des Superstitions qui regardent le tems au-quel on doit administrer le Batême.

II ny a nulle Superstition à batizer la veil-le de saque s , la veille de la sentecòte ,à Noël y aux Rois y ni à la S. Jean ; maisil y en a à ne vouloir batizer les enfansque le 40. ou le So. jour de leur naissance ycomme font les J acabit es , les Maronites& les Ethiopiens y que le 4 0. jour y commefont les Chrétiens des Indes , fy les Coph-tes i fy que le %.jour , comme font lesGrecs , fy comme faifoit l'Evêque Fidus.11 y en a aujst à ne pas vouloir batizer lesfemmes infidèles qui ont été converties ytant quelles ont leurs incommodités ordi-naires y comme font encore les Maronite s-,à réitérer le Batême tous les ans le jour

(a) Tit. de ministro Baptis. Pater aut mater propriam prolembaptizare non debet, prœterquam in mortis articulo , quando a-lias non reperitur qui baptizet ; neque tune ullam contrahunt co-gnationem quae Matrimonii uíum impediat.

(b) Pater vel mater pueri , 8c si alius non esset prseíèns qui sci-ret vel pofíèt baptizare, poííunt íùos liberos in caíu neceffitatis,vel periculo mortis baptizare , & nihilominus possunt licite utisuo Matrimonio.

(c) Conjuges in caíu neceflitatis proprium infantem baptizarepossunt : postea tamen indubitanter matrimonio íùo uti possunt.

{d) 4. p- Tit. 7. n. ,4.

(e) Tit. 4. c. n. r.

(f) C. li-ft Tit. d. art. 3. a. f, . . -

de l'Epìphawie , comme font les Ethio-piens j fy à le différer jusquà la fin dela vie.

L A conduite de lEglise na pas toujours été con-stante & uniforme fur le tems dadministrer leBatême. Autrefois en Afrique on ne batizoit les a-dultes & les enfans même, que la veillé de Pâques Scla veille de la Pentecôte , hors le cas d'une néceffitépressante (h). Néanmoins on les y batiza auffi ensui-te à la fête de lEpiphanie (i). A Rome on les ba-tizoit la veille de Pâques & la veille de la Pentecô-te (kj ; En quelques Eglises de France, la veille dePâques seulement (l) ; en dautres la veille de Pâques - ''"& la veille de la Pentecôte (m) ; & en dautres en-core à la fête de Noël, & á la fête de la Nativité deS. Jean Baptiste (y). En Irlande & en Angleterre 1 *veille de Pâques, la veille de la Pentecôte , à Noël& aux Rois (0) ; en Espagne , la veille de Pâques,la veille de la Pentecôte, & à Noël (p) ; en Allema-gne , aux Rois (q) ; en Thessalie, la veille de Pâ-ques seulement (r) ; en quelques Eglises d'Orient,la veille de Pâques & la veille de la Pentecôte (r) ; &en dautres, à la fête de lEpiphanie (t).

Maintenant il ny a point de jours fixés pour l*ad-ministration du Batême ; lon peut tous les jours ba-tizer les adultes, auffi bien que les enfans, soit quuy ait nécessité de le faire, soit quil ny en ait point;

& il y a déja plusieurs siécles que lEglise est danscette pratique (y).

Mais quoi quon ne batizât autrefois régulièrementquâ certains jours, lEglise nobservoit pas pour ce-la les jours & les tems dune maniéré servile & Judaï-que , & elle navoit pour cela nulle part à la Super-stition que lApôtre saint Paul reproche aux Galates,lorsquil dit (x) : Vous observés les jours fy les rruûsyles tems fr les années , jappréhende pour vous q^ finaye travaillé en vain parmi vous. Car outre q u 011ne sauroit sans insolence , accuser de Superstition de Susages quelle a approuvés pendant plusieurs siéclece nétoit ni la veille de Pâques, ni celle de la peflf c 'côte , ni la fête de Noël , ni celle de lEpiphafli^ni celle de la Nativité de S. Jean Baptiste , qss e ;observoit, en destinant ces jours & ces tems au Ba te sme. Elle observoit seulement les Mystères sacrés f*etoient signifiés par ces jours & ces tems : de m?ssquen observant les Solemnités & les Fêtes , elle n°bserve pas les jours & les tems auxquels elle les céléb îemais ce que ces tems & ces jours signifient , com^ eparle S. Augustin (y) : Ainsi lEglise batizoit la Tle de Pâques, en mémoire de la Passion & de la

suf-

(h) Tertull. I. de Baptis. c. 19.

(2) Victor. Vit. 1 . 2. de persecut. Wand. Ci 1

(K) Siric. Papa , Epist. ad Himer. c. 1. S. Léo Epist- 4 "

|. y. &c. Epist. 80. Gelas. Epist. ad Episc. Lucan. c. 20.

(l) Concil. Antiffiod. can. 18. & Concil. Matilcon. can. ? j g

(m) Gregor. Turon. 1 . y. Histor. Franc. c. n. I. 6. c. * 7 "

. 1 . 10. c. Fortunat. 1 . 3. Carm. 7. & 1 . c. Garm -4

7 * Ct 1. y. -----

de Gior. Conseil-

69 '

£

i4*

is.

(n) A vit. Epist, 41. Gregor. Turon.

. 1 . 8. Hist. Franc. c. 9.

(0) Synod. 8. Patrie, c. 9. 8c S. Gregor. M. 1 , 7. indict*st. 30.

(?) Walafrid. Strab. 1 . de divin. Oss. c. 16.

(q) Annal. Fuld. ad an. 845.

(r) Socrat - 1 . 5. Hist. Eccles. c.. . c

(s) S. Hieron. Ep. 61. ad Pamm. de error. Jo. Hierol-

S. Jo. Chrysost. Serm. 26. de Pentecost. n ay .~

(t) S. Gregor. Naz. Orat. 39. S. Jo. Chrysost. Orat. y e , ystst-hristi, Jo. Mosch, in Prat. Spirit, c. 214. Paul Diac. ' 1 °'yeí'1 an. 520. Theophan. in Chrome. Rupert. 1 . 12. de v f° a gd- ^Dei, c. 11. Eucholog. Grrec. in Offic. major, aqu*

>. Theophan. ,) V 0 "

(v) Omnis dies (dit Tertullien au chapitre 2 o. du Batetv ^ ç 0 ,ini est, omnia hora, omne tempus habile Baptismo :mnitate interest, de gratia nihil refert.

(*) Galat. 4. . A - eía , f

(y) L. contra Adimant. c. 16. Nos 8c Dominicain ^ <jie-ilcha solemniter celebramus , 8c quaslibet alias Cnn ^m festivitates. Sed quia intelligimus quà pertineant,ira observamus, sed qu se ffiis significantur remparions-