DES SUPERSTITIONS.
dans un homme s*il ne trouvait pas qu’il fut me demeuredigne de lui. Or celui qui ejì batizé , reçoit la grâce duSaint Esprit dans fòn ame, par le moyen du Batême.Comment pouroit-il donc , n étant qu une feule personne,recevoir au même tems deux choses st contraires ì C’est cequi fait que le saint Patriarche Timothée n a pas crûqu’un Catéchumène fût digne du saint Batême , tant qu’ilestpojfedé du Démon. „ Mais s’il est en péril de fa vie„ (dit-il) on le batizera, de peur qu’il ne meure fans,, la grâce du Batême, & qu’il ne quitte le monde,, étant privé de ce viatique, & fans être marqué au„ coin des fidèles”.
En troisième lieu il faut que l’homme qui doit êtrebatizé soit un vrai homme, & non un monstre quiparoisse d’une autre espèce qu’un homme : autrementce feroit une Superstition pareille à la précédente , jeveux dire, un faux culte, un culte superflu, une vai-ne observance des choses sacrées , que de le bâti-zer. Les Statuts de l’Eglise de Lyon en 1566. (a)& en x 577. la défendent expressément , le RituelAmbrosien sait la même chose (b). Et c’est ce quesont aussi les Rituels Romains de Paul V. (c) ce-lui d’Angers de 1626. celni de Séez en x6;q. celuide Beauvais de 1*537. celui de Chartres & celui deRouen de 1640. celui de M eaux de 1645. celui deParis de 1646. celui d’Albi & celui de Bologne deï 647. celui de Malines & celui de Châlons fur Mar-ne de 1649. celui de Clermont de x 6; 6. celui deTrojes de 1660. celui du Mans de 1662. celui deBourges de 1666. celui d’Alet de 1667. celui de Ma-jence, de Wirsbourg & de Wormes de 1671. & ce-lui de Reims de « 677. Mais quand on doute qu’unmonstre soit homme, bien loin qu’il y ait de la Su-perstition à le batizer, les mêmes Rituels, & les mê-mes Statuts Synodaux de l’Eglise de Lyon, déclarentqu’on le doit batizer.
Il saut en quatrième lieu que Phomme qui doit ê-tre batizé ne l’ait point été, au moins validement, cars’il l’avoit été validement, outre que ce feroit un Sa-crilège que de le batizer une seconde sois, ce feroitaussi une Superstition du culte indu, du culte super-flu, de la vaine observance des choses sacrées.
L’Hérésiarque Marcion étoit coupable de ce Sacri-lège & de cette Superstition, puisqu’au rapport de S.Epiphane (d), il cróyoit qu’on pouvoit être batizéjusqu’à trois fois pour la rémission des péchez. LesAbyssins en étoient aussi coupables, puifqu’ils se ba-tizoient tous les ans le jour de l’Epiphanie, dans deslacs, des étangs & des rivières, comme on l’a remar-qué dans le chapitre précédent.
Ceux là en font encore coupables qui se sont reba-tizer pour atraper de l’argent, comme sont quelque-fois les Juifs, les Turcs, les Mores, & certains Chré-tiens mal convertis, dont parle le Concile provincialde Milan, en 1579. (e) C’est pourquoi S. Bernardin
(a) Tit. du Batême. c. Z. Portentosum ac monftruosùm par-tum , qui magis vagitu & figura ad aliud animal,quam hominemaccedat, baptizari prohibemus; „on se doit donner de garde de„ ne batizer les monstres, lesquels à la voix & distinction des
membres ressemblent plutôt à toute autre forte de bête brute„ qu’à la nature humaine”.
(b) Tit. Quae Parochus in Baptis. administr. &c. Monstrum,quod hominis speciem non prse se sert, non baptizetur.
(c) Tit. de baptizand. parvulis. Monstrum quod humanum Ipe-ciem non prse se ferat, baptizari non debet. Monstruosum par-tum nihil homini similem baptizare nefas, dit celui du Mans.
(d) Hseres. 42. Cùm corrupisset in civitate sua Virginem (ditce savant Evêque ) St aufugisíèt, atque in magno delicto inven-tus ester, excogitavit prsestigiator sibi ipsi sccundum lavacrum,afferens licere ulque ad tria lavacra, hoc est, tres Baptisinos darem remissionem peccatorum. Quo si quis lapsus eíset post pri-mum, pœnitentia acta accipiat secundum, 8t tertium similiter,si in delicto post secundum comperiatur.
( e ) Quod verò licct horribile dictu sit, aliquando tamen evenis.le compertum est, aliquem seilicet ad turpem quxstum, iterumBaptismuni suscepiffe, id ne unquam porrò accidat, Episcopusantequam baptizet, omne diligens studium adhibeat, quo istoshomines vel ludaeos, vel Turcas, Mauros, qui Baptismum sibiconferri petierunt plane dignofcat, de illorumque conditione sta-tu ac omni, quantum licuerit, a probatis viris accipiat testimo-nium obsignatum, ìdemque exigat omnino.
de Sienne a grande raison de s'élever contre ces misé-rables Superstitieux, qui pour guérir du mal caducallumoient douze chandelles, à chacune desquelles ilsdonnoient le nom d’un des douze Apôtres, puis ikrebatizoient au nom du Diable le malade qui avoit de-ja été batizé au nom de Jésus-Christ, lui changeoientson nom de Batême, & lui imposoient celui de l’A-pôtre qu’ils âvoient donné à la chandelle qui étoit de-meurée la derniere allumée (f).
Il y a des Sorciers qui, par une Superstition encoreplus abominable, après avoir renoncé à leur Batême,à leurs pareins & à leurs mareines, & à la part qu ‘kpeuvent prétendre à l’héritage céleste, en présence duDiable, qui s’apparoit (g) à eux fous la forme d’unhomme, se font rebatizer par cet esprit de ténèbresqui leur verse de l’eau sur la tête, changent leur nom,& en prennent un autre qu’il leur impose ; & poufmarque de la soi & de la parole qu’ils lui engagent,lui donnent un morceau de leurs habits, signent deleur propre main fur le livre très-noir des damnés &des réprouvés, qu’ils veulent être effacés du livrevie, & souffrent qu’il leur imprime un certain stiA'mate ou caractère pour preuve qu’ils lui appartiennent,& qu’ils font absolument à lui.
(h) Toutes ces effroyables circonstances font spéckfiées dans la sentence que le P. Flore, Provincial desJacobins, Docteur en Théologie, & Inquisiteur dela foi Catholique dans toute la Légation d’Avignon»rendit en 1582. contre plusieurs Sorciers. Elle estrapportée par Sébastien Michel (,') , 8 c parDelrio (k)’Le Pere Jacques Sprenger, &c le P. Henri Institut,Inquisiteurs de la foi Catholique en Allemagne, pat'lent (l) de deux autres Batêmes réitérés, qui pot'tent aussi un caractère de Superstition. Le premier estcelui que l’on donne fous condition aux personnes ma'léficiées. Ces deux Auteurs ne l’approuvent, ni nCle condamnent. Ils fe contentent d’abord de n’en rie* 1dire de précis (m). Mais ils avouent ensuite qu’ik n’ 0 'seroient pas le blâmer tout-à-fait (n). Néanmoins st c .certainement Superstitieux, parce qu’il est contrait? ?la pratique de l’Eglise, qui n’a jamais approuvé, oípermis, que l’on réitérât ce Sacrement, à moinsqu'^n’eût un juste sujet de douter qu’il n’eût pas été v *'lablement administré la première fois. Or quel jnd?sujet a-t-on qu’il n’ait pas été valablement adminift^
(/) Conflit, p. 1. Tit. 7. Qux ad Baptis. pertin. Serm. r-Quadrages. art. j. c. î. To. i. Contra morbum regiumsive morbum caducum, ponunt duodecim candelas ad duode^ 1Apostolos, St cùm infirmus sit priùs baptizatus in nomine J p,Chrifti, tune rebaptizatur in nomine Diaboli, commutatur sl .men impositum in Baptismo, & imponitur nomen Apostt" 1cundùm quem remanserit candela accensa.
(g) Mettes ce correctif ( dit-on.) >
( b) On étoit alors plus crédule fur cet article qu’on nejourd’hui. Ce détail St quelques autres pareils qu’on trouver®la fuite peuvent faire croire que M. Thiers l’etoit aussi.
(r) Dans íà Pneumatologie. r e ct.
(k) Voici ce qu’elle dit à nôtre sujet: Disquis. Magic. 1 -1 6. Visis procelsibus, &c. Nobis légitimé constitit 8t f 0,1 :quod vos Lt vestrûm quilibet íàcratilsimo Baptismati £t his 4 4
eo sucrant susceptores, levantes, St proparentes, vestrxq ueParadisi & xternx hxreditatis, quam pro vobis 8c toto g enere ra jiimano Dominus nofler Jésus Christus sua morte acquisivit, f°£ aí i-cacodxmone in humana Ipecie existente, abrenunciastis; líl * e rodente ipsò Diabolo denuò aquam, quam accepistis, ve ^ r °i>que
mnHtA nAmirwa in t) t-1 C. f . _ 1_* - «nlltíl . * */iZ
mutato nomine in íàcro Baptismatis fonte vobis impofito, (galiud commentitium nomen vobis imponi fictitio Baptisma^jj eI j,fuistis 8t accepistis; atque in pignus fidei Daemoni darse vel ^ £torum vestrorum fragmentum St particulam illi dedistis; ^’ggn®libro vitae vos deleri Lt oblitérais pater mendacii procuraret ^ o[Llí ovestra propria manu ipso mandante St jubente in repr° at odamnatorum, mortiíque perpétuas libro nigerrimo ad h° c _apposuistis; 8t, ut ad tantam perfidiam St impietatem vo ^ e [ U tiri vinculo devinciret, notam vel stigma cuilibet vestrum,rei fuse propriîe, inuísit, 8tc.
(/) Mallei. Malefic. p. ì. q. r. c. 6. , , reS fuÇ'
(m) Illud remediuor ( difmt-ils ) de quo fertur quod p
rint líberati, videlicet, quod maleficiati de novo fuermt r
licet sub conditione, íùper quo nihil determinare . .uficiaro 5
(n) Quare necausus sum omnino reprehendere, qui re cUp e °sub conditione vellent rebaptizare, St neglecta foi a
rare.