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S T I T I O N S.
> point la Résurrection des morts * íë divertissent 8cse donnent du bon tems autant qu’ils peuvent ; aulieu que nous autres Chrétiens nous sommes tousles jours exposés à mille dangers, à cause que nouscroyons la Résurrection des morts. Et il dit enfui-,, te”: Pourquoi nous cxpofbns-nous a toute heure a tantde périls ? II n y a point de jour que je ne meure, je vousen ajfûre , pour la gloire que je reçois de vous en Je Jus*Chrifi notre Seigneur. Si je n ai fait qu une aílion hu-maine en comhatant d Ephefi contre des hommes aujjicruels que des bêtes , quel avantage r étirerai-je fi les mortsne refufcitent point ? Ne pensons qu'd boire êj d. manger ,puisque nous mourrons demain.
La seconde chose qu’il dit aux Corinthiens, c’est:„ Je n’approuve pas la raison dont je dois me servir„ pour vous prouver la Résurrection des morts. El-. „ le est appuyée fur une des erreurs dont quelques-„ uns de vous font prévenus. Je Pallegue simplement,, pour vous faire voir que vous n’êtes pas d’âccord„ avec vous-mêmes, lorsque vous niez, ou que vous», doutez de cette Résurrection. Car si les morts„ ne résuscitent point, que prétendent faire ceux„ d’entre vous qui reçoivent le Batême pour leurs,, parens. Ou pour leurs amis qui font morts fans l’a-,, voir reçu ? N’est ce pas se contredire que de nier„ la Résurrection des morts, & cependant pratiquer„ une cérémonie qui prouve la créance & l’esperance„ de la Résurrection des morts”?
Ainsi quelque tour que l’on donne au Batême reçupour les morts, on ne sauroit l’exemter & de Sacri-
DES SUPE
première fois aux personnes naaléficiées ? On n enbarque ici aucun. .
Le second est celui que l’on donne aux (a) Noítam-bules , c’est-à-dire, ì ces gens qui fe promènent lapuit tout endormis dans leurs chambres, dans leursWdins, dans les rues, fur le bord des rivières & destaangs, dans les grands chemins, 8c quelquefois me-^e fur les toits des maisons, fans se faire ancun mal,
& qui tombent à terre & se réveillent lorsqu on lesa Ppelle par leur nom propre, comme si ce nom netaur avoit pas été bien donne dans leur Bateme. Pin-ceurs personnes soutiennent qu’il les saut rebatizerP°ur les guérir, & qu’ils en ont l’expérience (b).
^tais ce remede est absolument superstitieux de la su-P er stition du faux culte, du culte superflu, de la vai-Ilc observance des choses sacrées, quoi qu en disentces deux Dominicains. .
Quelques-uns aufli, comme les Cerinthiens, auïa Pport de S. Epiphane ( c ), & les Marcionites, auapport de Théophylacte (d) , s’imaginent qu’il n’ya nulle Superstition à se faire batizer pour les mortsQui ne l‘ont point été, & que ce Batême est avanta-§ e ux aux morts. Ils íe sondent sur les paroles de S.ssml, qui dit aux Corinthiens (e). Quelle raifln au-r °ient ceux qui fìnt bati&és pour les morts, s il efi vrai9*^ les morts ne rejfufìitent point ? Pourquoi font-ils bâti-es pour les morts ? Et voici de quelle maniéré cela fePfatiquoit parmi les Marcionites, selon le témoignageue Théophylacte : Ces hérétiques (dit-il) avoient ac-coutumé, lorfhu il mouroit quelquun parmi eux Jans B a- . r m n „ ,
tême, de faire cacher fous 1 le lit du mort m homme vì- lege, & de Superstition tout ensemble. C est un cul-Vant, quílui demandoit, s'il vouloit qu'on le batUdt ? te indu, un culte superflu, une vaine obíervance eáCelui qui étoit caché ne manquoit pas de répondre qu il le , choses sacrées. ^
vouloit bien, & on le batìz-oit pour le mort . En quatrième lieu il faut que 1 homme qui doit e-
Mais ce fondement est tout à fait ruineux. Car tre baptizé, soit ne. Car comme dit fort bien S. Au-quoique l’endroit de S. Paul touchant le Batême pour gustin (k), personne ne peut renaître en Jesos-Chnst,tas morts, ait donné la torture à beaucoup d’Interprê- s il n est auparavant ne en am. e
tesde cet Apôtre, il n’y a pas une feule explicationqui favorise la pratique erronée & superstitieuse de setaire batizer pour les morts qui ne l’ont pas ete. QueVe ut donc dire S. Paul: Ou'il efi inutile d’être bati^éfour les morts , fi les morts ne ressuscitent psint ? Son des-est de convaincre les Corinthiens de la résurrec-tion des morts. Pour cela il leur dit plus vrai sembla-blement une de ces deux choses.
La première. Qu’il est inutile d'être baptizé, c’est-a 'dire, de souffrir persécution pour les morts, pour* a soi, pour l’efperance que l’on a qu’ils résusciteront
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jour, s’ils ne résuscitent pas. Car le mot de bap-
Por ' tagnifie ici être en danger, être affligé, être ex-mort , souffrir la persécution, souffrir la mort,de M ^ ^ m artyre , selon l’expression de Maldonat (f) ,ç de Gagny (g) , & de plusieurs autres savans^mnaentateurs de saint Paul. Le Fils de Dieu lui-7 "l 1 / 6 p r end en ce sens, lorsqu’il dit aux ensans dey ^ e dée (h) , pourez,-vous boire le calice que je dois boi-p fif être baptisés du Batême dont je dois être baptisé?q " semble-t-il que ce soit celui du saint Apôtre,z^/soi précede & ce qui suit, le justifie. IIavoit ditqss rava nt (i) : Si nous n avions d'espérance en Jésuscl e que pour cette vie, nous fierions les plus misérablestQHs les hommes ; ,,parce que ceux qui ne croyent
fUrì Cu V °y. dans l’Abrégé de la Philosophie de Gassendi un détail
(M * touchant les caulès de ce mal.
’lQQuf rtUr e tiam de illis ( disent nos deux Inquifîteurs ) qui dec . e der e n ° tern pore in somnis per alta œdificia sine laesione soient in-Us, pj’ quod u tique opus esse maligni spiritus taies sic deferen-Uir, p res asserunt. Hi cùm rebaptizantur melius habere noscun-ter r 1 rn ' rum quod ubi nominibus propriis annuuntur, subitofi aptis n ani tolliduntur, ac si fortassis illud nomen non débité in
(c) tV° fucrit impositum.
U) I * res - l8 -
(c) , £• iy. Epist. t. ad Cor.
C/) ~5* r - ir. ry.
(£) T ' a ^- de Sacram. T. I. diíput. Z. p. 6 .
(h) , hune Apost. locum.
n\ a/T_: __ .
(0 Ve £ j 11 * & Marci io. z3.
s’il n’est auparavástt né en Adam. C’est ce qui fâitqu’il n’est pas permis de batizer un enfant dans le ven-tre de fa mere ; & un tel Baptême ne feroit pas moinssuperstitieux que celui qu’on recevoir pour les morts.S. Isidore de Séville (/), en rend la même raison queS. Augustin, au Canon, Qui in maternis (m). On enpeut dire autant du Batême que l’on conféreroit à ti-ne femme grosse, dans la pensée qu’il feroit avanta-geux à l’enfant qu’elle porteroit dans son sein. Il estcondamné par le Canon fi ad matris (n) , 8c par le Ca-non si qua mulier (o). S. Thomas (p) apporte pourraison de cette condamnation, que le Batême étant ti-ne ablution, il faut de nécessité que le corps de Pen-sant soit lavé dans le Baptême, qu’il ne le peut êtrenéanmoins avant que d’^oir vû le jour ; à moins qu’on
ne
(k) Epist. fj. ad Daçdan. Renasci quisquam noa potest ante-quam natus fit.
(/) L. i. Sentent, de sum. bono, c. rch.
(m) Où il dit : De consecrat. dist. 4. Qui in maternis uterisíunt, ideo cum maire baptizari non possunt, quia qui natus ad-huc íêcundùm Adam non est, renasci íccundùm Christum nonpotest. Neque enim dici regeneratus in eo poterit, quem gene-ratio non prseceffit.
(») Ibid.
(a) Ibid. Si ad matris corpus ( dit le premier de ces Canons) idquod in ea concipitur, pertineret, ita ut ejus pars deputaretur in-fans, cujus mater baptizata est aíiquo mortis urgente periculo,cùm eum gestaret in utero. Et le second: si qua mulier praegnansdesideravit gratiam Baptismi percipere, quando voluerit habeatpotestatem. Nam nihil participât in hoc mater intanti, qui naí-*citur : propterca quod uniuscujui^ue propria voluntas in confcfíio^ne monstratur.
(p) z. p. q. 68. art. n. in corp. De necessitate Baptismi est(dit-il) quod corpus baptizandi aliquo modo aquâ abluatur, cùmBaptismus sit quacdam ablutio. Corpus autem infantis, antequam.nascatur ex utero, non potest aliquo modo ablui aquâ, nifi fortedicatur, quod ablutio baptismalis, quâ corpus matris lavatur, adfilium in ventre existentem perveniat. Sed hoc esté non potesttum quia anima pueri, ad cujus sanctificationem ordinatur Bap-tisinus, distincta est ab anima matrisj tum quia corpus puerperiianímati jam est formatum, 8c per coníëquens à corpore matrisdistinctum : 8c ideo Baptismus, quo mater baptizatur, non te-dundat in prolem in utero matris existentem.... & ita reliriqui-tur quod nullo modo infantes in maternis uteris existentes, bap-tisari possunt.
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