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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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,8 DES SUPERSTITIONS.

cette question (a) : La Bénédiction des cloches peut-elleêtre raisonnablement appellée un Batême ? la résout encette maniéré : Non ; .& fi les Curés votent que le peu-ple soit en cette erreur ils les doivent désabuser. Car lelavement des cloches qu'on fait deau bénite , gr les onc-tions des saintes huiles dont on fie sert . font de simples cé-rémonies que L Eglise employé pour les bénir , comme onbénit & consacre les temples , les autels , les calices , &c.fivant que de sen servir aux fondions sacrées. Mais cequi a fait que le peuple a donné a cette cérémonie le nomde Batême efi , que les cloches y reçoivent le nom de quel-ques Saints, fous / invocation desquels on les offre a Dieu,ftfin qu ils les protègent, & qu'ils aident lEglise a obte-nir de Dieu ce quelle lui demande : puisqu'il ne lui don-ne rien sans leur intercession , Qr principalement les gran-des grâces & les perfections qui font signifiées par cette Bé-nédiction. En voilà assez sur cette matière , que jaiexpliquée plus amplement dans mon Traité des Cloches,qui n a pas encore le jour.

CHAPITRE VIII.

Pes Superstitions qui regardent les cérémo-nies qui précédent le Batême.

SuperstitionsPayennes des femmes grosses.Superstitions de la naissance des enfans ,& des accouchement des femmes. Si ladévotion des femmes grosses à sainte Mar-guerite est superstitieuse ? sfiu'il y a plu-sieurs saintes Marguerites , & qu'il efi in-certain quelle efi celle que les femmesgrosses réclament. De la dévotion à laceinture de sainte Marguerite. Si sainteMarguerite avoit une ceinture ì Les Vier-ges Romaines rìen portoient point , & ilne parait pas que les Vierges Grecques enportassent. Jíntiquité des Epcorcismes duBatême. Deux Exorcisme s Superstitieux ,s un sur une femme grosse, lautre sur unefemme en travail denfant.

L Es premières cérémonies qui précédent le Batê-me , sont celles qui concernent Paccouchementdes femmes, & la naissance des enfans.

Les Romains invoquoient quantité de fausses Divi-nités , afin quelles fussent favorables aux accouche-mens de leurs femmes , & à la naissance de leurs en-fans. Junon Lucine , Junon Opigéne , Pertonde,Latone, Prose, Prorse, ou Postverte, les Dieux Ni-xiens , Egérie, Intercidonne , Pilonnus, Deverre,la M.ere Matute , Bonne , (ou la bonne Déesse) la(b) Grande Genète, Ope, Nascion, ou Nation, leDieu Yaticane, Levane, Cunine, Rumine, Potine,Educe, ou Fduse , Carnée, ou Carne, & Orbone,sont les principales de ces (c) Divinités. On ne pou-voit les réclamer fans Idolâtrie. Mais outre que cet-te Idolâtrie nest plus de saison , elle est en quelquefaçon étrangère à mon sujet , parce quétant toutePayenne, & ny ayant point de Chrétiens qui la pra-tiquent aujourdhui, elle na nul rapport ni au Batê-me, ni aux cérémonies toutes saintes qui le précédent.II faut donc marquer dautres Superstitions qui con-viennent à ces cérémonies.

I- Cen est très-constamment une de croire quunenfant ne fera point sensible au froid , & quil nap-prehendera point lhyver , si peu après quil est sorti

si») Pft. 2. p. 7 i. col. *

(è) LAuteur s*est trompé ici. II a lu Marna Geneta , au Heu: Man a Geneta. _ 6

(c) LAuteur a tiré les noms de ces Dieux & Déesses ou génies, Ch. 19. du Livre a. de Rosmt Antìa. Roma. -

du ventre de fa mère on lui trempe les pies 8c k*mains dans de leau qui naura point été chauffée ; &que , si en même teins on lui frotte les levres dunepièce dor, il les aura toujours vermeilles.

II. Cen est auísi très-certainement une de simâgi-ner q u'une femme groffe ne sentira aucune douleur enaccouchant , pourvu q uelle demeure assise pendantlEvangile de la Messe à laquelle elle assistera quel-ques jours auparavant. Car quelle faculté peut avoircette posture pour faciliter son accouchement ? Onfait néanmoins quil y a bien des gens de lun 8 c deVautre sexe, & particulièrement à la campagne, pré-venus de cette erreur, qui est un faux culte, un cul-te superflu, une vaine observance , & une divinationdes évenemens & des rencontres.

III. Les hérétiques du dernier siécle croyent qu ecen est une aux femmes Chrétiennes dinvoquer salu-re Marguerite dans leur grossesse , afin davoir u slheureux accouchement. Mais ils nauroient pas cettepensée , sils étoient persuadés de ce que le Concilede Trente nous enseigne (d) touchant Vinvocationdes Saints : Oue les Saints qui règnent avec Jefó"Christ , offrent k Dieu leurs prier és pour les homtfid'qu'il est bon Q" utile de les invoquer d'une maniéré fiff"pliante , gr de recourir k leur aide & k leur secourspour impetrer de Dieu ses bienfaits , par fin Fils » otrtSeigneur Jesus-Chrifl, qui fiul efi notre Sauveur efitre Rédempteur. Mais comme ces vérités sapent undes fondemens de leur Schisme , il ne faut pas béton-ner sils traitent de superstitieuses les personnes qui fsont attachées. Les femmes peuvent donc sins Su-perstition implorer Vaffistance de sainte Margueritedans leur grossesse. Ce culte est bon en foi , il eylégitime, il na rien de Superstitieux. Mais elles doi-vent extrêmement prendre garde quil ne soit accom-pagné daucune circonstance vitieuse & abusive. Ey a plusieurs saintes Marguerites quelles peuvent in-voquer ; sainte Marguerite Vierge , qui est la mém áque sainte Marine, & qui fut martyrisée à AntiotJ^de Pisidie le 15. le 17. le 19. ouïe 20. jour dejm 1 'let j le 15. selon Vaddition au Martyrologe d° n 'le 17. félon ie Ménologe des Grecs ; le 19. selon l fSMartyrologes de Bédé , ou le 20. selon le Marte-lage dUsuard & le Romain. Sainte Marguerite»Vierge de Parthénople , surnommée La Racourú 1ContraLla , & dont parle Molan dans ses Notes fus ®Martyrologe dUsuard au 22. jour de Mars, & if'te Marguerite Reine dEcosse , dont on fait la * etle dixième jour de Juin. II y a encore deux M i( 'guérites qui sont appellées Bienheureuses dans letyrologe des Franciscains ; la Bienheureuse Massifte de S. Dominique , du tiers Ordre de S. François»premiere Abesse du Monastère de Fuligni en Omh ^qui mourut le 13. jour de Juin en 1404. & la /heureuse Marguerite de Lorraine , femme de R. _Duc dAlençon , & Comte du Perche, Fom^T^des Monastères de sainte Claire dAlençon , de Mtagne, dArgentan , de Château Vilain, & de Lteau Gontier , qui se fit Religieuse après la moF 1 fson mari, & qui mourut en 1521. le deuxième)^de Novembre. Nous avons son Testament vrayeU* cChrétien dans le 5. Tome du Spicilége de V- hdAcheri, Bibliothécaire de S. Germain des P rC /*£jr

Mais comme VEglise na point encore prononce ^la Béatification de ces deux dernières Marguerites ^quelles ne sont Béatifiées que par les ReligieuxReligieuses de S. François , & par VAuteur du f

tyrologe des Franciscains , cela ne suffit P aS V ci *quon leur puisse rendre un culte aussi publie f er j-lui que les femmes grosses rendent à sainte M* »te. Par la même raison on nen peut p» 3 v ° f ^ 0 p.rendre un à Marguerite de Rusci , morte en *Institutrice de la Congrégation des Prêtres jjj.

Ravenne , qui fut approuvée par le Pape cppK