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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

tre s & dans celui de Rouen de 1640. Dans celui de^eaux de 164;. Dans celui dAlbi, & dans celui deBologne de 1647. Dans celui de Malines, & dans ce-hi de Châlons fur Marne de 1649. Dans celui de^ermont de 1656. Dans celui de Troyes de 1660.

celui du Mans de 1661. Dans celui de Bourges^ 1666. Dans celui dAlet de 1667. Dans celui de^ayence, de Wirsbourg & de W orme s de 1671. &dans celui de Reims de 1677.

Or comment il est possible que des gueux & desgueuses, qui pour lordinaire nont point de demeureapurée , qui font obligés de courir çà & pourPercher leur subsistance , qui napprocheront de lasaison de leurs filleuls & de leurs filleules quavecCr ainte & tremblement, lors particulièrement que leurspaïens seront riches & accommodés ; que ces gueux^ ces gueuses , dis-je , donnent à leurs filleuls & à| e Urs filleules les avis qui leur seront nécessaires poureu r salut , qu'ils les instruisent de nos Mystères,qu'ils leur apprennent à prier Dieu , quils les fassentjpuvenir des promesses de leur Batême? Tout cela nee pouvant pas faire commodément ,. j'aimerais beau-c °up mieux, & il serait même beaucoup plus à pro-P° s , que lon prit pour pareins & pour mareines tou-îes autres personnes que des pauvres.

. Cest dans cette vue que S. Charles Borromée en-Joint aux Curés dexhorter leurs paroissiens de nePoint prendre pour pareins des étrangers , des person-J le s inconnues , ni des gens qui demeurent si loin deleurs enfans , qu'il ny a pas dapparence quils ayentJamais grand commerce avec eux , ni par conséquentquils puissent bien sacquitter des obligations quilsOnt contractées en les tenant fur les fonts de Batême (a).Rien nest plus aisé que de faire lapplication de cettedoctrine aux pareins & aux mareines dont nous par-, ns , & sont souvent des personnes étrangères,joconnues, ou qui demeurent, ou peuvent demeurerloin de leurs filleuls, ou de leurs filleules.

VI. Cést une pratique assez ordinaire de parer lePlus superbement & le plus magnifiquement que lonP e ut , les enfans que lon porte à lEglise pour y re-cevoir le Batême. Mais le 5. Concile Provincial deElan en 1579. {b) & le Concile Provincial dAix1585. (c) la condamnent positivement comme op-Posee aux engagemens que les enfans contractent deénoncer aux œuvres de Sathan & à ses pompes ; &jls ordonnent aux Curés davertir le peuple fidèle dees vêtir simplement & modestement lorsquon lesPorte au Batême , nétant nullement convenable dejrr faire violer , auffi-tòt quils entrent dans la viejhrétienne , les promesses solemnelles quils font àle u dans ce Sacrement (d).

Be Rituel Ambroisien (e) réitéré la même condam-^ton en peu de mots, & les Constitutions Syno-^ de S. François de Sales , & de M. dArantonAlex, Evêques de Géneve, en parlent de la mêmeatiiére (f) : On avertira les parens qu'ils s'abfliennentci*). Jastruct. Sacram. Baptis. Eam quoque rationem (dit ce S.

yst d ' n »l .. '

dans le Rituel Ambroisien ) cohortando habebit ParochusPeregrini, hospites, ignoti , & ii denique compatres adhi-rst tUt > quorum domicilium cùm longé ablìt , veriiìmile non

c et). c °nsuetudinem inter baptizatum eosque ita futuram , ut sus-

ntuneris functionem in eo instruendo prsstare poísint.

e Pti

*«uneris

/ { Conflit, p. i. art. 7\J, Tit. de Baptis. Sacram.tif ' Voici les paroles de ces deux Conciles : Quoniam in Bap-nu 0 u nusquisque pié ac religiosé pollicetnr, operibus Sathan* re-t, erjt Clar e, ejusque pompas deserere , id Parochus, cùm usu ve-Hejf ' Populurn doceat, prœsertimque Baptismi tempore prsmo-htis a n ° n Polùm quomodo 8c quàm simplici amictu ad illum in-ferendus íìt, sed quàm religiosa in Deum pietate , quàmtorn ' 1 Vpiritu, Sc quanta etiam vestitus moderatione, compatres,ìel aij , tresVe adesse debeant. Ne verò ullum vel ornamentum ,Mhfl, . ^dquam , quod mundi hujus pompam prx se ferat,Ch r ,a ri P a tiatur : cùm minime consentaneum íìt, in ipso vit*sole m lan - E ingressu, statim iis rébus studeri , quibus potilîìmum. ( e 'j n ' Iponlìone renunciatur.

dit é oupr. Sine ullo pomp* ornatu infantem deferri prxmone-Ce tfe ai í cllus > cum candela, qu* ubi commode haberi poterit,(n aib *erit.

Tn-l P Tit * 7- n. r».

des dépenses superflues qu'ils font en Vadministration dttSacrement de Batême , comme de choisir la nuit pour por-ter / enfant avec plus de pompe , k la lueur de plusieursflambeaux ; de le couvrir de langes superbesde flaire desfeflins ou l'on commet des eXc'es a boire , sotis prétexted'une réjouissance Chrétienne ; par ce que celui qu'ils pré-sentent au Batême efl m criminel , fy qu il n efl pas apropos de lui faire commencer la vie souffrante de Jesus-Chrifl par une magnificence qUi tient du vieil Adam ,auquel il renonce en recevant ce Sacrement.

VII. lUarrive encore assez souvent en certainslieux, que lon conduit les enfans au Batême, au sondes violons , & des autres instrumens de musique.Mais cette pratique nest pas moins repréhensible que laprécédente. Le Concile Provincial de Toulouse en 1 j 90*la défend en la maniéré (F) q u'on voit ci-dessous, aussibien que les ris, les railleries démesurées, les promenadesqui fe font dans les Eglises, & les baisers que les com-pères & les commères sy donnent les uns aux autresau sujet du Batême. Le Concile Provincial dAix en1585. avoit dit auparavant même chose (h). LeConcile Provincial de Narbonne en 1609. (í) con-damne cet abus dans les mêmes teímes à peu près quele Concile Provincial de Toulouse : Cest ce que fontaussi les Ordonnances Synodales de Grasse & de Ven-ce (k) : Nous enjoignons aux Curés dempêcher que lesviolons , ni autres fortes d'inftrumens , qui en quelqueSlieux vont devant lenfant , n entrent en l'Eglise ; tsid'avertir les parens de s'abstenir de cette dépense superflue ,fy de toutes les autres , par la considération que celuiqu ils présentent au Batême efl un criminel , fy qu il eflfort mal séant de lùi faire commencer fa vie nouvelle pafune magnificence qui tient du vieil Adam. Et les Or-donnances Synodales du diocèse de Grenoble (l) :Nous enjoignons aux Curés d'empêcher que les violonsn accompagnent les enfans lorsqu on les présente a l'Eglts ,& d'avertir les parens de s'abstenir dam les repas fr ail-leurs de toute dépense superflue; n etant pas bienséantde faire commencer la vie nouvelle dun batiz^é par desexcès fy des magnificences , qui ressentent le Paganisme , fyqui tiennent plus du vieil Adam que du nouveau. Deforte que si ces deux dernières pratiques, je veux di-re , celle de vêtir superbement les enfans que lon por-te au Batême , & celle de les accompagner à lEgliseavec des instrumens de musique, ne sont pas supersti-tieuses , on navancera rien contre vérité , quandon soutiendra quelles sont contraires à lesprit, & auxintentions de lEglile , & par conséquent irrégulieres& abusives.

CHAPITRE X.

Continuation du même sujet.

Autrefois , hors le cas de nécessité , on impo-sait le nom avant le Batême à ceux quêson batizoit solemnellement. Superstitieu-se

(g) P. r. c. 1. n. 7. Et quoniam Christiani ( Mt-ìl ) & Sathanani,& mundi fastus, pompasque ipso Baptismate ejuraht , absurdunìfané videtur , magnifico adeo luxu inanibusque sumptibus dientqu o Baptismus confertur traníìgi. Solemnem itaque illam muiì-corum concentuum concomitationem , riíus , jocosque cffuíïo-res , & illas per Eccleiìam deambulationes tollimus ; oscula de-mum in Ecclesia omnino dan prohibemus.

(b) Supr. Curati, gravi illis pœna arbitratu Episcopi infligendjin posterum , Sacramentum Baptismi nc miniftrent iis , qui a dEccleiìam accedunt cum tympanis, & aliis instrumentis strepitumac clamorem cum risu & aliis inanis ktitiac signis excitantibus(i) C. 14. Et quia in Baptismi susceptione, Sathan*, mundi-que pompis renunciatur, abfurdum e|ì:magnifico acìeo luxu, ma-nibusque sumptibus diem , quo Baptismus confertur, traníìgi íb-lemnem itaque musicorum concentuum concomitationem , ri-sus jocosque eíFuliores , deambulationes , & oscula in Ecclesia,omnino prohibemus.

(k) Tit. 4. cap. z. num. 7.

(/) Tit. 6 . art. 3. num. 17.

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