DES SUPERSTITIONS.
L r
se imposition des noms du tems de S. Chry-fostome. Le nom de Jean donné à un cra-paut batizé. Les Sorciers qui se sont re-bâti fer changent de nom. Noms des ir.Apôtres donnés à douze chandelles allu-mées. Noms des Saints donnés à desf vaisseaux , à des hôtelleries & à d*autresmaisons , ainsi qu*à des Eglises. Ne pasvouloir donner aux enfans des noms deleurs parens vivons, & croire qk'il y a dela fatalité dans certains noms , c* est êtreSuperstitieux. Noms qui ont rapport àla guerre & au carnage font Superstitieux.Si c*est Superstition aux Polonnois de nepas donner à leurs filles le nom de Marie?Si (f en est de donner aux enfans des nomsd*Anges , de Saints , ou de Saintes , quine font point , & qui n*ont jamais été ì*Des noms nouveaux que prennent certai-nes Religieuses. Jannot , Pierrot, Má-rion, Javote, &c. 'Pratique des anciensChrétiens dans l'impofìtion des noms. 'Desnoms de Batême changés ou altérés , Ja-not, Pierrot, Javote, &c. Si la pluralitédes noms de Batême est Superstitieuse ìRaisons qui prouvent que les enfans nedoivent avoir qu*un nom de Batême. Af-fe Hat ion des hérétiques de donner aesnoms de l*ancien Testament , condamnée ,auffi-bien que celle de donner des nomsprofanes & payens , des noms mal-honnê-tes , ridicules , injurieux .
L Es dernières Superstitions qui regardent les Cé-rémonies qui précédent le Batême , font cellesqui se peuvent rencontrer dans l’imposition des nomsque les pareins ou les maternes donnent aux enfans.Lorsque je mets l’imposition des noms au rang des Cé-rémonies qui précédent le Batême , ce n’est qu’enconformité de ce qui s’observoit autrefois à l’égarddes enfans & des adultes que l’on batizoit la veille dePâques, la veille de la Pentecôte , & les autres joursqui étoient destinés, selon les divers usages des Egli-ses , à l'administration solemnelle du Batême, & quenous avons marqués dans le 6. chapitre de ce livre.Car quoique dans les cas de nécessité , on donnât desnoms à ceux qui recevoient ce Sacrement, soit le jourde leur naissance , soit peu après leur naissance, soitdans un âge avancé , par la crainte qu’on pouvoit a-voir qu’ils ne mourussent fans être régénérés en Jesus-Christ, comme il paraît par le Batême d’Ignomer &de Chlodomer , premiers fils de Clovis (a) , & parcelui de Chilperic, fils du Roi Clotaire C b ), 8c quequelquefois même on laiíïât aux adultes qui se sai-soient batizer, les noms qu’ils avoient avant leur Ba-tême , ainsi qu’il arriva-à S. Ambroise & à S. Au-gustin ; il est certain néanmoins qu’on imposoit lenom à ceux qui étoient solemnellement batizés dansl’Eglise , avant qu’on les y portât. Nous en avonsdeux preuves convainquantes.
La première est tirée de l’Ordre Romain (c) , &du Sacramentaire de S. Grégoire (d) , où il est mar-qué , & bien nettement , que lorsqu’on présentoitquelqu’un au Batême la veille de Pâques, on lui de-mandoit quel étoit son nom, Quis vocaris ? Ce qu’on
(d) L. 2 . Hist. Francor. c. tç.
(b) L. xo. Hist. Francor. c. i8.
(c) Tìt. Ordo de Sabath. f. &c.
(d) In Offic. Sabbath. f. Pontifex (dit l’Ordre Romain) bapti-zet unum âut duos, vel quantum ei placuerit de ipsis infantibus:Et tenente eo infantem a quo íuscipìeudus est, interrogat Ponti-fex ita : V9taris i Respondet ille.
n’aurait eu garde de faire , s’il n’en eût point eu unauparavant. Le Sacramentaire de S. Grégoire le ditauffi de même (e) : Mais le dixième Ordre Romainque le P. Mabillon a publié dans le z. Tome de sonvoyage d'Italie, ne laisse aucun doute là-dessus .(/)•
L a seconde est prise aussi de l’Ordre Romain (£)**& du 4. livre de Rupert des Offices divins {h ), ouil est dit que le mercredi de la 4. semaine du Carême,les Compétens, c’est-à-dire , ceux qui aspiraient anBatême, saisoient écrire leurs noms pour être batizesla veille de Pâques. La même chose est rapportéedans le septième Ordre Romain du P. Mabillon (*)•Et les paroles de Rupert se rapportent au même se nS 'Or si c’étoit au Batême de la veille de Pâques quel’on demandoit le nom à ceux qui se présentoient à csSacrement, & si c’étoit pour recevoir ce même jour -là le Batême, qu’on écrivoit leurs noms le mercredi ÔSla quatrième semaine du Carême, il y a lieu de croirequ’on n’en usoit pas autrement pour le Batême de 1 ®veille de la Pentecôte , & des autres jours auxquej®on l’administroit solemnellement dans l’Eglise. M absoit qu’on imposât le nom avant le Batême , ou dau§le tems qu’on conférait le Batême , il y avoit autre -fois , & il y a encore à présent beaucoup de prati-ques superstitieuses dans cette imposition.
I. S. Jean Chrysostome rapporte (k) , que de§
Chrétiens de son tems, lorsqu’il salloit imposer le noSà leurs enfans nouvellement nés , allumoient un cer-tain nombre de cierges, ou de chandelles, à chacunedefquelles ils donnoient un nom, puis au lieu d’app^'ler leurs enfans du nom du Saint , ils les appelloieo tdu nom de la chandelle qui étoit demeurée la dernie-re , & la plus long-tems allumée , afin qu’ils vécus-sent plus long-tems. Il traite cela de folie , & il as'sure que ceux qui mettent cela en usage, donnent sou-vent grand sujet de rire au Diable , lorsqu’il arrive,comme il arrive souvent , que leurs enfans meurenttout jeunes. ^
II. Ce malheureux Prêtre du diocèse de Soissu"^dont on a parlé ci-devant (/), batizoit un crapaut av^les mêmes cérémonies que l’on batize un enfant , ^lui donnoit le nom de Jean , ainsi que le témoig 155Pierre Grégoire de Toulouse (m) , ce qui étoitsuperstition abominable.
III. Ce n’en est pas une moins criminelle aux Sor 1c ‘ eí !
àffl*
(e) Tune baptizantur infantes , priimim masculi, deinde
nse : 8c tenente eo infantem , à quo sulcipiendus est, interr°ePontifex, vel Sacerdos ita : votaris ! Respondet ille. &
(f) P. 106. Praeparatus Pontifex, (dit-il) regreditur ad f° n l8c prsesentatis íibi infantibus, Johanne ícilicet, íîve Petro St ^ria, interroges offerentem, ®uis vocaris l Respondet, Job*’ 11 ^Inculcat 8c dicit, jobames credis in Deum Patron, &c. S* 01ter Petrum 8c Mariam.
(g) Tit. Ordo vel denunciat. Scrutin», 8cc. , j e s
(h) C. 18. Ut autem ad Ecclesiam veneriat Electi (ct
paroles de l’Ordre Romain ) quarta feriâ , horâ tertiâ , s crI pia-nomina infantum, vel eorum qui ipsos íuscepturi sunt , & j pliconus clamet. dicens > Catechumeni procédant. Et yocentu {infantes ab Acolytho in Ecclesiam per nomina vel ordinern, a(ícripti sunt, ita dicendo, Ille puer , 8c sic per íingulos rï at r. sl gu-iriafculi seorsum ad dextram partem. Illa vïrgo , 8c sic P er 1 °las seorsum ad sinistram partem. ^r-
(i) P. 77. Cuncta penc Ecclesise proies , quam per annuo® ^bo prtedicationis novam gignere poterat, instante solewwtS^s,schali, feriâ quarta , sua nomina dabat , 8c per sequ efltcS (rU JaíiJusque ad ipsam Paschte solemnitatem , audiens quisque re » e a u'fidei, unde 8c Catechumenus dicitur (Catechumenus nalT |S 1 jtudi'ditor interpretatur) Iactatus 8c grandelcens , tandem in
ne temporis, postquàm luna plena est , plena fide in 10 * e s gcsancti baptisterii symbolum reddens, Christo > comffl° (lcconsurgebat. f ue '
(k) Homil. 12. in Epist. 1. ad Corinth. ante fin. Sl 11 g. c ùiUrit infans ( dit-il) hic quoque rursus videbis amentiam , ;Sj utinfantem vocari oportuerit , mittentes eum vocari a ^a .^In-vétérés primo faciebant , accensis lucernis, 8c eis noixu sl0sil islCnentes, eíficiunt ut ea qu as diutissimè duraverit , code ^ v jvat«appelletur quo infans , hinc conjicientes futurum tur arn«Deinde cùm fepe contigerit eum mortem subrre > qU òd e °
saepe autem contingit, sequetur multus Diaboli rxlus ,tanquam slultos pueros sit ludificatus.
(f) Chap. 7. . . n a’
(m) Syntagm. Juris univ. part. 3. J. 34.. c. xp. *»• r