DES SUPERSTITIONS.
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jtant on a auffi parlé au même endroit, de se faire re- uniquement rapporté à la providence divine, c’est enMtizer par le Diable, & de quitter le nom qu’ils ont core une Superstition des cérémonies & des rencoiv
re Çu dans leur premier Batême , pour en prendre unto ut nouveau , que ce père de mensonge leur donneP°ur marque qu'ils lui appartiennent.
IV. S. Bernardin de Sienne nous en a rapporté cl-ivant (a) une de même nature, qui consiste à don-ner à 12. chandéles les noms des n, Apôtres , & àc hanger le nom d’une personne malade du mal caducHue l'on veut guérir, en celui de l’Apôtre, qu’on a^°nné à la chandelle qui est demeurée la dernière al-iiunée.
■ V. J’aurois peine à approuver qu’on donnât desfloms de Saints à des vaisseaux que l’on équipe , soitP°ur la guerre , soit pour le commerce , soit pourd’autres desseins. C’est néanmoins ce qui se pratiqueEer souvent , & ce que pratiqua en 1623. M. le~Uc de Nevers , à l’égard des cinq vaisseaux qu’il fitJ^sizer à ses dépens , & à la persuasion du Pérejo-e Ph, Capucin, pour embarquer les Chevaliers de lasilice Chrétienne , qu’il avoit instituée fous le titre“ e la Conception de la Vierge immaculée. M. de Ma-•■olles, Abbé de Villeloin , le rapporte ainsi dans sesMémoires (£) : Le P. Joseph , Capucin , fut le grandPromoteur de la nouvelle Milice de la Conception de laierge immaculée ; gr il suggéra d M. de Nevers de fai-re ecjuiper des vaijfeaux pour embarquer des Chevaliers des a Milice, & aller au secours des Chrétiens opprimés fousk domination du Turc , ejr particulièrement de ceux quifiut en la Morée , qu’il efperoit attirer dans les intérêtsde son entreprise , par une révolte considérable ....
Cinq vaijfeaux furent donc bâtis & frétés de tout pointQux dépens de M. de Nevers , qui n y voulut rien épar-gner , & repurent en la cérémonie de leur Batême , s'ilfaut user de ce terme (celui de j Bénédiction seroit mieux,car on voit dans les Rituels la Bénédiction d’un nou-Veau vaisseau, BenedìElio nova navìs , & on n’y voitPoint le Batême d’un nouveau vaisseau ) les noms de S.
Michel, de saint Basile, de la Vierge, de S. François& de saint Charles. Mais enfin le malheur voulut qu’ilsfièrent brûlés , & que toute cette grande dépense fut abt-7nee dans les eaux, ou dévorée par les fiâmes.
' VI. Ce n’est pas auffi une pratique qui mérité d’ê-ste approuvée, que celle de donner des noms de Saints* des enseignes, à des hôtelleries, & à d’autres mai-nts. Il me semble que c’est mettre les Saints un peutr op à tous les jours, Sc les traiter un peu trop sami-Ukrement, que d’en user de la sorte. Cependant le
lor rent de l’usage le veut ainsi, 8c on auroit peine à t i _ ( _ _ }
en arrêter le cours. On fait que par là on nomme les pour imiter les actions de leurs saints Patrons, ce fe-
rres, de croire qu’il y a des noms qui sont le bon-heur des enfans, 8c qu’il y en a au contraire qui fontleur malheur. Les exemples que le même M. de làRoque en cite (e) , le justifient suffisamment. „ Si„ Constantin le Grand (dit-il) fils d’Helene, a été„ le Fondateur de l’Empire des Grecs 8c de la ville,, de Constantinople, un autre Constantin Paléolo-,i gue, auffi fils d’une Helene, a perdu cet Empire,, 8c cette fameuse Ville, les Turcs s’en étant rendus,, les maîtres.
,, Ainsi fous Charles-Martel fa lignée prit son pre-,, mier accroissement d’autorité, & sous Charlema-,, gne son petit fils, elle monta au solstice de sa gran-„ deur. Mais fous Charles le Simple elle commença,, à diminuer.
„ Le nom de Philippe Auguste a été heureux, par-„ ce qu’il réunit à la Couronne la Normandie, l’A-,, quitaine, l'Anjou, la Touraine, le Maine 8c le,, Poitou, qu’il prit fur Jean sans-terre. Le Régné du„ Roi Jean n’eut pas la même félicité, car il perdît„ une bataille devant Poitiers, avec fa liberté contre,, les Anglois.
„ N’a-t-on pas vû les François conquerâns de là„ ville de Jérusalem après les exhortations d* Urbain,, II. Et au contraire ne l’a-t-on pas vue durant ls„ Pontificat d’Urbain III. retourner fous la servitude„ des Infidelles?
„ Ce qui est encore remarquable, Baudouin fut le„ premier qui porta la couronne du Royaume de Jé«,, rusalem, ce que Godefroi son frere n’avoit point,, voulu faire par humilité, 8c Baudouin le Lépreux„ reçut le premier coup de fortune adverse.
,, On a vû la ville de Bologne fortifiée par ordre,, de Philippe de France, Comte de Bologne, & per-due par le Roi Philippe de Valois. Elle fut de-puis assiégée inutilement par Philippe II. Duc deBourgogne, 8c reprise l'an 1557. par Philipped’Autriche, Roi d’Espagne , époux de Marie Rei-ne d’Angleterre, au nom de laquelle il la tenoit.,, Enfin si Jean Duc de Bourgogne fit assassinesLouis de France, Duc d'Orléans, en 1407. cé,, qui alluma une funeste guerre en France, n’est-il„ pas vrai que Jean d’Orleans, Comte de Dunois,r&*,, duisit la Normandie Sc la Guienne, Sc vengea là,, mort de son pere naturel ”?
IX. Quoique les noms que l’on reçoit au Batême,fervent quelquefois d’aiguillon à ceux qui les portent,
^feignes, les hôtelleries 8c les autres maisons, commeNomme les Eglises, Sc que comme on dit l’Eglisenotre Dame , l'Eglise de S. Pierre, l’Eglise de S.Ja-, &c. on dit de même, l’enseigne de notre Dame,sellerie de S. Pierre , la maison de S. Jaques, 8cc.r éformation de cet abus seroit à desirer. Mais c’est
roit néanmoins être superstitieux, que de s'imaginerque pour avoir des enfans braves & magnanimes, iln’y auroit qu’à leur donner des noms qui auroientquelque rapport à la guerre, à la bravoure, à la ma-gnanimité, au meurtre & au carnage, comme fai-soient les peuples Barbares dont parle l’Auteur de l’ou-
nut ilement qu’on la desireroit, puisqu’on en négligé vrage imparfait sur saint Matthieu (f)
^ infinité d’autres plus importantes pour l’Eglise Sc X. Le P. Théophile Raynaud témoigne (g) qu’en"oiir l’E tat . Pologne, selon le rapport de quelques Historiens, on
•pXlI. On a avancé (dit M. de la Roque dans son a tant de respect pour la sainte Vierge, qu’il est dé-^ ra, té de l'Origine des noms 8c des surnoms (c) que fendu de donner le nom de Marie à aucune fille. Maisf ^Undois font fi superstitieux, qu'ils nouent donner â je ne lai si ce respect n’a point un air de Superstition ;J* rs enfans les noms de leurs parens qui vivent, crainte si on n e pouroit point le rapporter à la vaine observan-s n r acourcir les jours; ce qui est une divination des C e Sc au culte superflu ; Sc s’il n’est point un de cesDémens Sc des rencontres. f aux honneurs dont la sainte Vierge n’a nul besoin,
p ^III. On s’imagine quelquefois qu’il y a de la (d) a y ant aur ant de vrais titres d’honneur , 8c de marques
dans certains noms, que les uns sont heureux indu-
h es autres malheureux, 8c qu’il n’en faut pas don- ^ c la
rJ âs ceux q U i sont malheureux aux enfans. Mais (f) Homil. 1 . Soient Barbara: gentes nomma filiis imponere ad
le bonheur , ou le malheur des enfans doit être devastationem respieieníia bestiarum, fcrarum, vel rapacium vo-
lucrum j gloriosum putantes nlios taies habere ad bellum idotieos& insanientes in fanguinem.
(g) Heteroclit. Spirit. 8c Anomal, piet. terrest. sect. 5. pun ct.2. n. z6. Sanè apud Polonos ( dit-il ) ut aliqui référant , nulli fe-minre nomen Marise sas imponere, prse reverentia Matris Dei. Oucet usage n’a point eu lieu, ou il a été négligé avec le tems, puisque la Reine de France fille d’un Prince Polonois porte le nomde Marie.
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i!o% Cef te erreur populaire est un reste de Superstition de l’O-^•éeir !>î3>íde * ou Divination par les noms. Voy. ce qui a été ditÊd ^ Us dans une Remarque fur l ‘Apologie &C. de Naudé p. 148.
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