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XII. On donne quelquefois aux enfans dans leurBatême des noms que l’Ecriture Sainte attribue parti-culièrement à Dieu & qui lui font propres, commeEmmanuel , Noël , qui est un diminutif, Sauveur ,Salvateur, Sophie , & quelques autres de même natu-re. Mais cela est défendu expressément par les Ri-tuels de Paris de 1615. (a) & de 1650. (b) Ici pren-ne garde le Prêtre de ne recevoir le parein , ou la marei-ne à bailler aux enfans qui font a butiner , des noms queV Ecriture Ste attribue particulièrement a Dieu : Par leRituel de Seés de 1654. (c) Par le Rituel de Rouen1640. (d) par celui de Meaux, de 1645. (e) & parle Rituel de Bourges, de 1 666. (f) Le Prêtre quibutinera prendra garde que l’on ne donne d Pensant aucunnom de ceux que nous voyons dans l’Ecriture Sainte êtreattribués d Dieu. Et comme par là on donne à la créa-ture ce qui appartient au Créateur , & que , selon lapensée de S. Augustin (g) , l’énormité du crime deSuperstition consiste , généralement parlant, à trans-porter à la créature l’honneur souverain qui n’est dûqu’à Dieu seul , une telle imposition de noms pour-roit bien être Superstitieuse.
XIII. Par un autre abus on donne auffi quelquefoisaux enfans, des noms de Fêtes, comme Noël, Pente-côte , Pâques , Toussaints , Dimanche , Epiphanie ou Ti-phaine &c. ce qui est défendu par le même Rituel deBourges (h) , qui veut, One l’on donne auv garçons4 es noms des Saints , gr aux~fìlles des noms des Saintes,Comme une chojè convenable , & non pas les noms de Fê-tes , comme Pâques , Noël , Toujfaints , & autres queson voudra imposer.
XIV. La pluralité des noms pourroit peut-être bienn'être pas tout-à-fait exemte de Superstition M. DeSaintes, Evêque d’Eyreux (ij parle de la pluralitédes noms que les Calvinistes prenoient en embrassantl’hérésie , en forte qu’il y avoit plusieurs Ministresde cette Secte qui avoient quatre noms. Mais cettepluralité de noms n’est pas de notre sujet , ne s’agis-sant ici que de celle des noms que l’on impose aux en-fans dans leur Batême. Il me paraît qu’elle est ve-nue premierement d’Italie , d’où elle a passé ensuiteen Espagne, de là en Allemagne , & d’Allemagne enFrance. Mais de quelque source qu’elle ait pris nais ,fan ce , il n’est pas extrêmement facile de la sauver dela Superstition du culte superflu. Car puisqu’un seulnom suffit, n’est-il pas superflu d’en donner plusieurs?Cependant le Pape Alexandre VII. en donna treize àun de ses neveux qu’il batiza , comme je l’ai lû dansune Gazette de France ; & le fils du Duc de Bavièred’aujourd’hui en a reçu douze dans son Batême, ainsique le témoigne une autre Gazette de France, du 12.Novembre 1692. en ces mots : Le 28. d’Octobrel’É-leélrice de Bavière accoucha d’m fils, entre trois & qua-tre heures du matin , & le même jour fur le soir il futbatìzcé par le sieur Tanara, Nonce du Pape , en présencede l'Empereur, de VImpératrice , & du Roi des Romains,qui le tinrent fur les Fonts , çfi le nommèrent Joseph,Ferdinand , Leopol’, Antoine, Cajetan,Jean , Adam , Simon , Thade'e , Ignace,Joachim & Gabriel. Des exemples de cette im-portance feraient capables de disculper la pluralité desnoms du Batême, si l’usage de n’en donner qu’un seuln’étoit soutenu de quantité de raisons, contre lesquel-les on ne saurait prescrire, parçe que, selon le langa-
(<*) Fol. 24. vers.
(á) Fol. 25. vers.
(c) P. 7. Curet Parochus ne nomma Deo in Scripturis ípecia-liter attributa imponi sinat.
W P 12.
(e) P- 15. Caveat Sacerdos ne iis qui baptizantur Deo ípecialiter m Snpturis attributa nomina imponantur.
(/) T. I; p. 14. *
(S) L*, de vera Relig. c . ...
{h) T - '' P- -5 37
^ Theodori Bezse. Nova/nomin
(leur dit-f ) » ad hxrefim regeneramini , foletis super
addere, utquadrmcmiios plures Calvinianos Ministres videamusHUSJU ullos parentum luoriun , nudis appellationibus coatentos»
5 T I T I O N s.
ge de Tertullien ( 4 j, ni le long espace des tems, nìles qualités des personnes , ni les privilèges des païs »ne sauraient prescrite contre la vérité. Or voici quel-les sont ces raisons. 1. Le Fils de Dieu n’a eu qu’unnom dans fa Circoncision. II fut nommé Jésus (di £S. Luc (I) ) qui étoit le nom que l’Ange lui avoit don-né avant qu’il fût conçu dans le sein de fa mère. Le P fcurseur du Fils de Dieu n’a eu que celui que son Isè-re lui donna lors qu ayant demandé des tablettes , il tcffvit dejfus , ,, Jean est le nom qu’il doit avoir , fel° a„ le rapport du même S. Luc (m) ”. La sainte Vi^'ge n’a eu que le nom de Marie. Son saint Epoux n aeu que celui de Joseph. Enfin les Apôtres, & les au-tres Saints dans tous les siécles, n’ont eu qu’un notu*Ce qui fait voir manifestement que la pluralité de snoms de Batême est une nouveauté que nos Pérès n’o ntpoint connue , & encore moins pratiquée, avant lçsiécle où nous sommes , ou tout au plus avant celuiqui le précede. Or la nouveauté, lors particulièrementqu’elle est contraire aux usages reçus de l’Eglise, ^la mère de la témérité, la soeur de la Superstition, ^la fille de l’inconstance , dans le sentiment de S. Ber-nard (n).
2. Les Papes , les Empereurs & les Rois , n’o ntqu’un nom, & si l’on examine la liste des uns & de sautres , on n’en trouvera pas un seul qui ait eu ded*noms tout à la fois.
3. Ce n’a jamais été Pintention de l’Eglisel’on donnât plus d’un nom aux enfans dans leur Bat e 'me. On n’en saurait mieux juger que par les Sacs*'mentaires & par les Rituels , qui le marquent expres-sément, quoi qu’en différentes manières. Les uns»comme les Rituels d’Autun , de 1503. & de 154FComment aura-t-ìl nom ? Pierre ou Jean ou Claude >les autres comme celui de Perigueux, de 1545* CottUfment vol aver nom? R. Peyra vel Johan. Tune Presbjfter reiteret nomen pueri , les autres , comme celui &Chartres, de 1553. Presbyter , nommés^. Pierre,Jean. Les autres, comme celui du Mans, de i 0 fÌ'Outrât Sacerdos , quod nomen infanti imponatur. ^infante nominate, Sacerdos fine Oremus, refiumendo ^men infantis faciat crucem , &c. Les autres, co&f 1celui de Paul V. & plusieurs autres : Accepto no^baptìzcandi , Parochus ad Baptifmum procédât. Les au-tres , comme le Sacerdotal Ambrosien’ : Hic interrogé.Parochus quod nomen parentes , aut afférentes , i n r ,imponi volunt , eoque nomine appellans , crucem in ft°.faciens dicit , &c. Les autres, comme ceux de Par 1 *’de 1615. de 1630. & de 1646. Celui de Sées ,1634. &c. Quel nom voulés-vous lui donner ? Les aNtres, comme celui de Rouen & celui de Chartres» a1640. Celui de Meaux, de 1645. celui deBolog ne ’de 1647. Celui de Châlons fur Marne , decelui de Troïes , de 1660. celui de Bourges»1666. &c. Ouel nom lui donnés-vous ? Les au tr ^ gcomme celui de Mayence , de Wirsbourg , ^ ^Wormes , de 1671. Ouo nomine efi ifle infant ^dus ? Les autres enfin, comme celui d’Aleth, de 16 U
6 celui de la Province de Reims , de 1677-nom voulés-vous donner â cet enfant ? Il n’y en a P a *. sseul qui parle au pluriel, ils parlent tous au siug u l^Isoit en Latin, soit en François, fans exception. ' ^men infanti imponatur , non pas nomina ; accepto
ne , non pas acceptis nominibus ; nomen imponi ,nomina; Quo nomine vocandus , non pas quibus ^> s ,bus; Pierre -, on Jean, ou Claude; Quelnom ’ v °Q fie lsvous lui donner , ou lui donnés-vous , non pasnoms. Auffi voyons-nous dans le 10. Ordre R®donné au public par le P. Mabillon , que ceu y Q(l
r -I Pte P oteíl ’
(k) Lib. de veland. Virginib. Vcritati nemo proeicri non priV 1 'non spatium temporum, non patrocinia personarum,legium regionum.
(s> C 2. 21. ^
%) a '. 61 Contra Ecclefe ritum prxsumpta novice ,ter temeritatis, soror Superstitions, nlu levitatis,