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ES SUPERSTITIONS.
des derniers, il est difficile de le disculper de faux zè-le & de faux culte, & même, comme parle Silvestre,Maître du sacré Palais, de péché mortel & d’homi-cide (a).
V. Auffi-tôt que l’enfant est batizé, on Point dusaint Chrême sur le sommet de la tête, comme on l’a-voit oint auparavant de P huile des Catéchumènes furla poitrine & fur les épaules. Cela se pratique dansl’Eglise Latine & dans celle de Milan. Mais dans l’E-glise Grecque on oint Pensant par tout le corps im-médiatement avant que de le batizer. L’Euchologele témoigne ainsi , (b) & c’est aussi ce qu’Arcu-dius remarque (c). On pourroit peut-être s’imaginerque ces onctions qui fe font fur tout le corps de Pen-sant, feroient un culte superflu, parceque celle qu’onlui sait sur la poitrine, sur le milieu du dos, 8c furle front font suffisantes. Mais elles ne font nullementSuperstitieuses, puisqu’encore que le Pape InnocentIV. souhaite qu’on les retranche, supposé qu’ellespuissent être retranchées fans scandale, il les tolèrenéanmoins, & il déclare dans fa Bulle Sub Catholictt(ch, qu’elles font indifférentes, c’est-à-dire, qu’on lespeut faire fans intéresser l’essence du Batême.
VI. Il n’en est pas de même de ce que plusieursSorciers 8c plusieurs Malfaicteurs ont avoué,que dansle tems qu’ils renoncent à la foi de Jeíiis-Christ pourfaire pacte avec le Diable, & fe donner à lui, cet es-prit de ténèbres leur gratte le front pour leur empor-ter toutes les traces du saint Chrême dont ils ont étéoints dans leur Batême. Car cette pratique est entie-rement superstitieuse , comme le; montre fort bienBinsseld,, Suffragant de P Archevêque de Treves (e) yqui assure qu’encore que ces malheureux n’ayent plusaucun vestige du íaffit Chrême, le Démon ne laissepas pour cela de les gratter, afin de leur faire com-prendre qu’ils auront plus de peine à fe tirer de P étatdéplorable où il les engage, & à retourner à Dieu parune véritable & sincere conversion.
VII. On fait l’abus que les Sorciers & lesMalfaic-teurs font souvent ,du saint Chrême pour leurs sortilè-ges & leurs maléfices. Nous en rapportons des: exem-ples en divers endroits de ce Traité., & il seroit inuti-le de les repeter ici. -
VIII. C’est plutôt une Hérésie qu'une Supersti-tion, de croire que le Batême seroit inutile & insruc-
(œ) Peccavit mortalités tariquam homicida ille pius baptizator.Cette décision étoit juste. L’action du baptizant étoit l’effet d’unfaux zélé. Çc ci'unc ignorance superstitieuse, tristes accompagne-mens de Cette attention littérale & Judaïque, qui voudroit ren-,dre la cérémonie plus méritoire devant Dieu que la chose qu’elleré présenté.
(b) In Offic. S. Baptismat. Tune offertur baptizandus: & 8a-ccrdos accepto oleo crucis’figuram exprimit in ejus fronte & inpectore & in dorso , dicens, ungitur servus Del, f:c. Et cruce si-gnât ejus pectus & dorli médium. In pectore quidem dicens : inanimas corporiíque medelam. In attribut, Ad fidei auditum. Inpedibus , Ad ambulandum greflus tuos. Inmanìbus, Manus tutefecerunt me & plasmavérunt me. Uncto véro toto corpore, bap-tizat eum Sacerdos, erectum illum'tenens, Lc ad ortum Solisrespicientem 8c dicit, Baptìzatur servus Dû N. &c.
(c) L. i. de Sacrant, c. 16. In Baptismate non solum aquam
íèd etiam oleum benedicunt Grsecorum Presbytcri, ut videre est.in Euchologio. Quò deinde ungunt varias partes còrporissatqûeadeò totíim corpus Gatèchumenorum. N f
(d) Du 6. Mars 1274. §. 3 ■ Ritus, feu cottfuetudo (íto-z/)quamGraeci habere dicuntur^ 'ungepdi per totum 'Mptízandoruisisdòf-Iporá, fi tolli sine scandalo Vel removeri non potest, 'cutis sivè 1fiat, sive non, quantum ad Baptismí efficacfam,‘vel effectum^non rriúltum référât,'toleretur.
(e) Tract, de Confession. Maleficor. Praelud. 6. Quòd Vcro (dit-il) plurimi utriusque J fexus hommes confitéantur ,"quòd in abne-gatione fidei, quando fœdus initur, Daemon malefico, aut SagxChrisma è fronte eradicare contendat : id fané intelligendum,quia Daemon, qui ubique suum lucrum & humante salutis interi-tum quserit, hîc etiam Christianis hanc vult fuggerere Superstí-tionem, ut credant aliquem effectum haric habere eradicationem,8c íè minus hoc modo potentes fieri ad refipiícendum à tam infe-lici statu, & ad rumpendum fœdus iniquum per pœnitentiam 8Cveram ad Deum conversionem. Chriíma, quo Christiani moreCatholico m Baptismo unguntur, in corpore Lc fronte ampliusnon haeret, fed diu aqua idem detersif, nec tam chrifmàte urigi-mur ob córporis commodum, quàm anim* íàlutem. Chrifmatisvirtus animant afficit. Unde eradicari Diaboli ungulis non valet.
tueux, fans l’onction du saint Chrême. C a néan-moins été la pensée des Arméniens, au rapport d Afonse de Castro (f). Le P. Thomas de Jésus (g) l eurattribue la même erreur.
CHAPITRE XII.
Des Superstitions qui regardent les cérémoniequi suivent le Batême.
S’il y a de la Superstition à communier & dconfirmer les enfans auffi-tôt qu’ils fontbatizé s , comme font les Grecs , les CopEtes , les Abyfstns & les Arméniens? Pi°‘fanations que font les Cophtes & les A-byffìns du Sacrement de l'Ordre , en con-férant la Tonsure , les Ordres mineurs &les majeurs , excepté la ‘Prêtrise , aux tsfans , incontinent après leur Batême. &n’est point une Superstition de communs& de confirmer les enfans nouvellementbatizés. Clement VIII. défend le dernierà certains Grecs , & pourquoi ? Sentimentde S. Fulgence fur la validité du Batêmefans 1 Eucharistie. Superstition de donne*du vin à boire aux enfans après leur B&'terne , & de sonner les cloches. Abus deporter les enfans fur un Autel , ou au ca-baret pour les faire racheter par argent•Condamnation des festins déréglés le joftdu Batême des enfans. La Purificationdes femmes après leurs couches n’est p a {d’obligation. Diverses Superstitions esttregardent cette purification ..
I L faut finir les Superstitions qui concernent le ®terne, par celles qui fe pratiquent au sujet des cé-rémonies qui le suivent.
I. Quoique l’Eucharistie & la Confirmation ’îfsoient nullement nécessaires pour la validité du B ateme, la pratique ordinaire de ì'Eglise Grecque d a ^jourd’hui est de conférer ces deux Sacremens aux el1fans auffi-tôt après leur Batême. On peut lire ^l’Euchologe comment il marque la Confirmation ("fdans Allatio comment il parle de l’Eucharistie W-’& dans un ouvrage de M. Smith, Prêtre de ì’BgfAnglicane ee-qu’il dit (k) conformément à l’Euch° 0ge & à Allatio. A ces témoignages on peut ajouterlui d’Arcudius qui parle encore plus distinctement
(f) L. 3. adverf. sixtes. V. Baptis. híeref. 6. Armeoi ^^1,çhrisina ad:ò esté exactum ad veram Baptismum persi c > e0ut nisi baptizatus chrifmàte u ngatur, non lit baptizatuS' ( 3 d(j') L. 7. c. 17. n. f. Chrisina. ade neceífarium dicebaNverum Baptifma perficiendum , ut. nifi. baptizandus ipíb < -t irte.ungatur, non baptizatum cenlèrent. .
(h) Offic. S. Baptis. p. z 56. col. 1. Oratione hac t erlI,1 ^. 0 n'baptizatum sancto unguento ungit, crucis fignum iaciens »'te, Lc in oeuIis, Lc in naribus, .Lc in n traque aure, íe 10 ”
bus dicens: „ Signaculum doni Sancti.Spii'itus, Amen.
. ad.
cal"
. (Ô Annot. 1. de Commun. Oriental, fub fpe. unica,qcm 1 . de Ecclef. Orient. Lc Occid. perpet coníénf. n. y- . . ’jjn-bus recens baptizatis dant Eucharistiam fub fola fpecie v J ní [ 0 í,C'buentes guttuiâ linguam eorum. Idque fit etiam apud ip* 05clpsijis. : / ... - 5.:ît-
(k) Epist. de Grse. Ecclef. hodierno stat. p. 108. Sc >
z. p. 118. Interpolita prece fiatim, ac sine mora Uvs"Neophytum progredifur Sacerdos. Chrifmatio enim à ^te infeparabilis, est, Lc ejus appendix & quasi complenaentubetur. Et ensuite \ Pueri , licèt tenellse tetatulse, puta ’ c o&'recens nati, modò íàcro lavacro priùs iinbuti fuerint,l aCmunioni admoventui-. rhrisi 11 *^
(l) L. 1. de Concord. c. iz. Graeci infantes etia® «.fefià*
consignant Lc Eucharistiam ilíis impertiunt, Lcc. ’
Grxci q uotics aliquem baptizant, reliquis duobus aConfirmatione Lc Eucharistia communiunt.