DES SUPERSTITIONS*
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d'aroser d’huile ces mêmes hosties , de lesbattre , & de les faire sécher au four uneseconde fois. Depuis quelques [iecles ilsdonnent f Eucharistie trempée dans le Sangde Jesus-Christ. La même chose se prati-quoit autrefois en beaucoup d’Eglises d’Oc-cident , lorsqu 1 on donnoìt la communionaux Fidelles fous les deux espèces. Maisdepuis qu'on ne la leur a donnée que fousune espèce , cet usage a c esté. Auffi efi-il
- véritablement Superstitieux & condamnécomme tel par les Conciles , par les Ea-pes , & par les Ecrivains Ecclefîasti-
. que s. Raisons pour lesquelles il a été in~
- traduit.
T^Arce que les premiers hommes offroient à DieuX les prémices de leurs fruits & de leurs trou-peaux , il y a eu des hérétiques qui ont célébré la di-Vme Eucharistie avec des gâteaux faits de pain &,def'omage, qui pour cela ont été appellés Artotyrites,P ar S. Epiphane (a), & par S. Augustin (b). CettePagination sentoit moins la Superstition que l’erreurP la folie.
Les Catharistes, qui étoient une espèce de Mani-c heens choisis, pétriífoient le pain Eucharistique a-Y^c de la semence humaine, ce qui étoit une Super-hition & une erreur exécrable, dans la pensée du mê-S. Augustin (c). C’en étoit une de même natureaux Montanistes, ou Cataphrygiens, 8c aux Pépu-ziens ou Quintiliens, de faire le pain Eucharistique defarine détrempée avec le sang d’un enfant d’un an,qu’ils tiroient de tout son corps, après savoir picquépar tous les endroits, croyant que cet enfant seroit unMartyr, s’il mouroit de ses blessures, & s’il n’en^ouroit pas, qu’il seroit un Grand-Prêtre, ainsi que^ dit encore saint Augustin (d).
. Aujourd’hui le sentiment unanime des Grecs, corn-ue des Latins, des Hérétiques, comme des Catholi-ques , est que le pain de froment est la premiere partieue la matière de l’Eucharistie. Mais ils ne convien-nent pas entre eux si ce pain doit être levé, ou s’ilUoit être azyme, c’est-à-dire, fans levain. Les Grecs^sacrent avec du pain levé, comme tout le mondekit, & comme Allatio le rapporte (<?). M. Smith té-moigne la même chose (/). Ce qu’ils font én cela^ irrépréhensible & hors de toute atteinte. Car leConcile de Florence décide ( g ), que l’on peut valide-m^nt consacrer le corps de Jesus-Christ avec du painiY®, ou avec du pain fans levain, & que les Prêtres, austi bien que les Prêtres Latins le peu-
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W de haere f r8. Artotyritx, sent (dit ce dernier Père)^ us oblatio eorum hoc nomen dédit. Offerunt enim panemterr Ura dicentes à prímis hominibus oblationes dc fructibus(c\ ?í. ov ' um fuisse celebratas.
Perft- n 46. Quâ occasione (dit-il) vel potiùs execrabilisSu-cjjjj.'Uonis quadam necessitate, coguntur electi eorum velut Ëu-de, I3 m consperíàm cum fcmine humano sumere, ut etiam in-de aliis cibis quos accipiunt, sebstantia illá divina pur-
« 4 ? stid.n. 26. 8c 27. Deinfantis annicuìi sanguine, quemdèv US cor P ore rninutis punctionum vulneribus extorquent,ucharistiam seam conficere prohibentur, mifcentes eumP an emque inde facientes: qui puer, si mortuus fuerit,c e t( j Ur apud eos pro Martyre: si autem vixerit, pro magno 5 a-
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pan e ‘ f ' F de Concord. c. 9. n. 6.- - e rmentato conficiunt.
Eucharistie Sacrameiitum in
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. de Ecclel. Grx. stat. hodier. p. 110. 8c 121. Grxci instUento Eucharistie pane fermentato ádhuc dum utuntur :
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^ururti a cum acr ’ tate tuentur ac faciunt, quasi Christianis azy-■*Usj n , °se Christus hoc Mysterium instituturus, clarè ac peni-
fen dixisset '
siìtì Cc ucret. Union. Armen. In azymo, sive fermentato paneips Urtl ° ’ Cor Pus Christi veraciter confici, Sacerdotesque in alterojiixta f Dorn 'ni corpus conficere debere, unumquemque scilicetdì tlí , m lUK hcclesia:, sive Occidentale, sive Orientalis, conJuetú-
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vent faire, chacun selon la coutume de leiìrs Eglises*î. Suivant cette décision, ce ne doit pas être, dansla pensée des Latins, ni une erreur, ni une Supersti-tion aux Grecs , de consacrer avec du pain levé,comme ce ne doit pas être, dans la pensée des Grecs,ni une erreur, ni. une Superstition aux Latins, de con-sacrer avec du pain sans levain. Quelques Grecs néan-moins se sont imaginés qu’il n’y a que le pain levé quipuisse servir de. matière à l’Euçharistie. Jérémie, Pa-triarche de Constantinople, est tout-à-sait de ce sen-timent lorsqu’il dit (h) , que le pain se change vérita-blement au Corps de Jesus-Christ dans là sainte Cène,pourvu qu’il soit levé, & non pas azyme, ou sarislevain. A quoi il ajoute un peu après, que le painqui est consacré par le Prêtre n’est plus ni figure, niazyme, mais le vrai Corps de Jesus-Christ contenufous les espèces du pain levé (i). Ce qui signifie asséánettement que le pain azyme regarde les figures'del’ancienne Loi, & par conséquent que les Latins quicélèbrent l’Eucharistie avec ce pain, font dans tine Su-perstition Judaïque, qui est celle du culte indu, faux& pernicieux. Mais en cela ce Patriarche se mécontetrès-fort, parce qu’il ne se peut faire que ce que l’Ë-glise Catholique autorise dans ses Conciles, & ce qu’el-le pratique fans aucun rapport aux Observances léga-les, soit une Superstition Judaïque. C’est auffi susle témoignage du même Patriarche que Bréréwooddit (k) des Grecs en général, qu ils célèbrent le Sacre-ment de l’Eucharifiie avec du sain levé, & croyent qu’ilne fe f eut consacrer ejscacieusement avec p ain sans le-vain.
II. Comme les Moscovites ont été convertis à làfoi de Jesus-Christ par les Grecs, il ne faut pas s’é-tonner s’ils consacrent auffi avec du pain levé, selonle rapport du même Auteur (l). Les Nestoriens C dit-il) ensuite (m ), les Cophtes (n), & les Maroni-tes ( 0 ), font dans la même pratique, ainsi que lesAbiísins, si l’on en croit le frere Técíe (p), qui té-moigne néanmoins que ces Peuples ne laissent pas poiircela de consacrer avec du pain sans levain, & que danstoute l’Ethiopie ils consacrent de cette maniéré tousles ans, le jour de la Cène du Seigneur. Mais cettëconsécration n’a rien de superstitieux, non plus quècelles des autres Communions Orientales.
III. Le jeudi saint les Grecs consacrent l’Eucha-ristie, & la gardent toute l’année pour les malades, a-vec une circonstance qui paroít contraire au respect:dû à ce divin Mystère. C’est qu’après avoir partagéles grandes hosties, qu’ils appellent (particules)èc plus ordinairement peapyapÍTcit; & les avoir arosèes dusang précieux, ils les font sécher dans un four, ouau Soleil; d’où il arrive qu’il ne reste plus riendes espèces du vin. (q) Ils fcroient bien mieux,
(b) în Censor. Orient. Eccles. c. ìó. In sacra Cœm panem itìcorpus Jese Christi, virtute Spiritus íàncti transite ac immutari,pane fermentato existente > ut verus fit panis, 8c non azyma.
(i) Non igitur amplius aut figura est, aut azyma est ille pa-nis Dominici corporis qui à Sacerdote confecratur, fed illum ip-sem verum Corpus Christ! sub speciebus fermentait panis con-tentum.
(k) Recherches &c. c. if.
(t) Ibid. c. 18.
(m) íbid. c. 19. „
(n) ibid. c. 22. 8c apud. Tho. à Jese 1 . 7. c. f.
(0) Ibid. c. 25. 8c Tho. â Jefu 1 . 7. c. 9.
(p) Apud Tho. à Jefu I. cit. c. ì;. âhiopes in ferméiitatócélébrant, 8c iili qúi in azymo célébrant, cónficiúnt etiam. Etnos in tota Lthiopia, séria quinta in Cœna Domini sing u li 2 an ^nis in hujus rei mémorial» in azymis celebramus.
(q) L. z. c. 17. Grsxorum Presbyteri (dit Arcudms expliquantcette cérémonie ) primùm multas majores particulas in prœparatió-ne Liturgix ad eum modum, quo 8c majore m illain prsecipuamquam coníumunt Sacrificiò, Sc iisdeni vcrbis parant.
Èas deinde particulas seó tempole in eódem iacrò confecrant.Post in trusta dividunt pro fingulis xgrotis, tum sanguine tin-gunt. Postremò Contra tanti Sácramerìti dignitatem, in furna,vel fole exíîccant. Unde quoque sanguine tingere quód antece-dit, supervacaneum esse vidètur, cùm riullx remaheaut postésspecies vini Sacramentales.
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