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serviteurs de Dieu qui se sont trouvez, dans l'assemblée ouVous etiez, présent , ont joint ausi leurs supplications auxnôtres , ep vous rien avez, tenu compte. Mais voici le Filsde la Fierge , qui est le Chef & le Seigneur de Ì Eglise(pue vous persécutez,, qui vient maintenant vers vous.Voici votre Juge , au nom duquel tout genou fléchit dansle ciel, dans la terre & dans les enfers. Voici le justevengeur des crimes, dans, les mains duquel cette même a-me qui vous anime tombera un jour. Ne le mépriserez,vous point aujfl? Aurez-vous bien la hardiejse de faireaujji peu de compte du Maître que vous avez, fait desserviteurs? Elle n’aprouveroit pas non plus celui de S.Dominique, qui pour convaincre les hérétiques desvérités qu'il soutenoit , mit l’Eucharistie dans unefournaise ardente, óù elle demeura pendant trois joursfans se consumer,- s’il en faut croire Pelbart deThemef-wart, Cordelier de l'étroite Observance (a), ni enfincëlui de S. Antoine de Padoue, qui pour convaincrem insigne Hérésiarque de la vérité du Corps & duSang de Jesus-Christ dans l’Eucharistie, présenta ceMystère terrible à un mulet que l’on avoit fait jeûnert rois jours, & l’oblígea de se mettre à genoux, de baisserlà tête & de l’adorer ; ce qui eut tant de force furl’esprit de cet Hérésiarque, qu’il abjura auísi-tôt sonhérésie , ainsi qu’il est rapporté dans la vie de ce Saint(b) 8c dans la Chronique de S. Antonin (c).
CHAPITRE IV.
Des Superstitions qui regardent la formede l’Eucharistie.
‘Divers fentimens des Grecs & des Latinsfur la forme de /’ Eucharistie. Cette formeest fixée par les paroles du Fils de Dieu ,instituant cet adorable Sacrement. Toutesles autres formes qui changent notablementle sens de ces paroles, f ont Superstitieuses ,ainfi qUe toutes celles ob l'on ajoûte , oudont on retranche quelque chose d'impor-tant. Celles-là lé fer oient aufst où l'onsupprimeroit , soit enim, soit est , & oùl'on fer oit quelque faute de langage , quoi-que la consécration fût bonne , supposé queces suppressions & ces fautes de langagene fujfent pas effentièlles. Si les Vaudoisconfacroient l'Euchariftie en disant septfois Pater noster, &c. ou en proférant lesparoles de Jefus-Chrift.
L A plupart des Grecs de ces derniers tems ne con-viennent ni entre eux, ni avec les Latins fur laforme de l’Eucharistie. Les uns disent absolumentque la Consécration du Corps & du Sang de Jesus-Christ ne consiste pas dans les paroles divines que lePrêtre prononce à l’Autel, mais seulement dans lesprières qu’il fait en célébrant les saints Mystères. Lesautres estiment qu’èlle consisté tout ensemble, & dansles paroles divines, & dans lés prières du Prêtre.L'Eglise Latine au contraire, croit qu’elle consisteuniquement dans ces paroles du Fils de Dieu : Hoc estehim corpus meum, Hic est enim calix fanguinis mei ,&c. ainsi qu’il paroi t par l’Evangile de S. Matthieu(d) , par celui de 8. Marc (e) , par celui de S. Luc(/)> & par la premiere Epître de S. Paul aux Córin-
In stelkr. Coro. B. Vire. I. 4. p. I. art f.
(b) Apud Surium, ij.Junii. 4 ? '
(c) Z. P- Jh. 24. c. z. §. ». p, 7 j lt co ],.j.
(d) C. í 6 .
(e) C. 14.
(f) C. 22.
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thiens (g ), 8c que là Tradition constante & perpé-tuelle nous l’enseigne. C’èst ce que le Concile deFlorence a voulu dire par les paroles qu’on cite 1-ci (h).
Sur ce fondement, il est facile de reconnoître quetoutes les autres formes dont les Prêtres de l’Egh^Latine se serviroient dans la Consécration du Corps8c du Sang de Jesus-Christ, fur tout si elles difte-roient considérablement de celles que l’on vient de rap-porter, & qu’elles changeassent le sens de ces paroles,sont Superstitieuses, parce qu’ellës ne sauroient pro-duire d’elles-mêmes l’effet que l’on eh attend, & qu’el-les n’ont été établies ni de Dieu, ni de l’Eglise pourle produire. Car c’est-là justement la notion la plu Ssûre que nous puissions avoir de la Superstition, dansla- pensée des Conciles Provinciaux de Malines en 157°*(i) & en 1606. (kj) 8c du Synode de Namur eu1659.
Ainsi ce seroit une Superstition du culte superflu
6 de la vaine observance, d’ajoûter quelque choie 2
Ces paroles, hoc est enim corpus meum ; hic est enim cVlix fanguinis mei , &c. en disant par exemple, hocqt# 1 *hábeo prœ manibus , est corpus meum ; hoc est corpus meV^Verum; hic calix quem videtis , est calix fanguinis fftàr8cc. Est calix Janguinis mei immaculati, ou d’en re-trancher quelque chose, comme si l’on disoit, hoc e ftcorpus ; ou, hic est meum; ou est corpus meum; oU,hic calix fanguinis novi , &c. ou, calix fanguinis mat8cc. On pouroit bien en consacrant le pain, retran-cher, Accipite & manducate , &c. & en consacrant I evin, retrancher, Bibite ex hoc omnes, parce que c fparoles ne font pas absolument nécessaires pour la vali-dité de .la consécration, ne regardant que l’usage duSacrement & non la consécration de la matière du Sa-crement. Mais outre que le Prêtre qui les retranche-roit, seroit un grand péché, selon la doctrine du Ca-téchisme du Concile de Trente ( l ), il tomberoit dfla Superstition des choses sacrées, en changeant d?son autorité privée ce que le Fils de Dieu a étabudans l’Eglise, qui est une chose qu’il n’est jamais p e( 'mis de faire, selon la maxime du Cardinal de Ca-sa (m). ,
On en peut dire de même de celui qui retranch e 'roit la particule enim. Car quoi qu’elle ne soit p 3 ^d’une nécessité absolue' pour la consécration du coss& du sang de Jesus-Christ, 8c qu’elle ne servepour marquer la suite des paroles qui la précédent'néanmoins comme elle est insérée dans la forme ^l’Eucharistie, selon l’usage de l’Eglise Romaine, f,mané de S. Pierre, dít S. Thomas (n) r on nepouf 01fans crime la supprimer.
Ce seroit aussi un sacrilège & une Superstition d 0mettre le verbe substantif est ; quoi que selon lement de quelqués-ûns, la Consécration ne lain^^pas pour cela dé se faire; parce que ; disent-ih’ .verbe seroit sous entendu, 8c que la propositi 00 ^laquelle il entre, a la même force quand il est :entendu,que quand il est exprimé. Et en effetpoint exprimé dans le Grec de S. Luc pour lasécration du calice: T euro tôîtot típiov, hic calix. f
Ce seroit une superstition & une vraye hered’insérer quelque chose aux paroles de la foi^ ,
(g)C.u: . . > u(1 t
{b) Jn Decret. Unio. Armen. Forma hujus Sacra mentivçrba Salvatoris, tjuibus hoc confecìt Sacramcntum. Sacero 0nim in períona Christi loquens hoc confxcit Sacramental * 1 •
(ì) Tit. de Superûit. á;
(k) Tit. eod. iy. c. Parochi (dit le dernier de cesProvinciaux ) subditos suos diligenter doceant, Superfti«°““: r eíie expectare quemeumque efFectum à quacumque re > 4 ^
ilia nec ex íua nafura, nec ex inílittitione divina, nec ex otione vei approbations Eccleíía; producere poteli.
(l) 2. p. de Sacram. Eucharist. jsfost
(m) To. 2. Excercitat. 1 . 2. ex Serm. Ibant M agi > ® cC 'j; v Ì£jO
licet cuiquam propria autoritate addere, vel fubtrahere M 0cultu, ab institutis ab Ecclesia. noíí&*
(n) 3. p. q. 78. art. 2. ad. f. Secúndùm coníùe;udinem n
nus Ecclesia: à B. Petro derivatam.