DES SUPERSTITIONS.
SÌ
^'Eucharistie, qui leur donnât un autre sens que celuiqu’elles portent naturellement, comme qui diroit, hoce st qmdammodo corpus meiim ; ou, hoc estfortajfe corpusrteum ; hk efi aliqm modo calix fanguinis mei ou , hice st fortajfe calix fanguinis mei, en prétendant avecOEcolampade, Zuingle, Ochin, Calvin & leursSectateurs, que le corps & le sang de Jesus-Christ neCroient pas réellement dans l’Eucharistie, mais feule-ment en figure.
Ce feroit autsi une Superstition de transposer ainsiles paroles de la même forme, Meum est hoc corpus ,^eus est hic calix , parce que les pronoms hoc & hicmontrent déterminément un corps & du sang, & quetes paroles, Aíeum est hoc corpus , meus fanguis est hicc alix, ne signifieraient pas que quelque chose devintUn corps & du sang, mais seulement que le corps &k sang de Jesus-Christ feraient le corps & le sang deJesus-Christ; au lieu qu’afin que la Consécration fesa (Te par la vertu de ces paroles, hoc efl corpus meum ,foc est calix fanguinis mei , &c. ces deux pronoms hoc& hic se doivent prendre d’une maniéré vague, con-fuse & indéterminée, suivant la pensée des Théolo-giens; en forte qu'ils marquent que ce qui est conte-nu sous les espèces du pain Sc du vin est véritable-ment du pain & du vin, & que ce pain & ce vin de-stinent par la vertu de ces paroles, hoc efl corpus% m m, hic est calix , &c. le corps & le sang de Jesus-Christ. C’est ferait encore une si l’on disoit, hoc estCor meum; ou, hoc efi caput meum , parce que le sens^ es paroles de la vraye forme de l’Eucharistie feraitnotablement changé. Enfin plusieurs Théologienscroyent que la Consécration feroit bonne si l’on di-íoit, hic calix est fanguinis mei; bac r es est corpus meum ,hac res est calix fanguinis mei; hoc contentum fub fpecie-bus panis, est corpus meum, hoc contentum fub fpeciebusvini est calix fanguinis mei; ou bien, iflud est corpusvneum: parce que tous ces changemens ne font pas es-jentiels à la forme du Sacrement. Mais le Prêtre qui* £ s féroit ferait Sacrilège & Superstitieux, suivant cestue l’on vient d’observer. Il n’y aurait pas néanmoinsde Consécration si l’on disoit, Jllud efl corpus meum ,stuoi qu’il y en eût en disant, Illudest corpus meum , parCe st ue Istud marque une chose présente, ce que ne saitPas Illud. II n ’y en aurait point non plus fi l’on di-°lt, Fuit hoc corpus meum ; fuit hic fanguis meus : tantParce qu’on changerait le sens des paroles de Jesus-Christ, qu’à cause que ces expressions ne marque-r °ient pas le changement admirable qui fe fait du painj U corps de Jesus-Christ, & du vin en son sang, para vertu des paroles sacramentelles.
ylais qui pouroit exemter de Superstition, i.CeuXjm a près avoir prononcé ces paroles du Canon de lale íse, Accipite A- manducate ex hoc omnes, demeurent11 teins considérable sans rien dire, & font une si lon-° Ue pause, ou pour se recueillir davantage, ou poura Ppeller leur attention, ou pour renouveller leur in-en ,S , ou pour quelqu’autre raison particulière ,h semble qu’il n’y ait point de liaison entre cesc , hoc efi enìm corpus meum, Sc ceux qui les pré-infr i mn ?cdiatement ; quoique le Fils de Dieu enk htuatit k divine Eucharistie, ait proféré les uns &mires tout de fuite, & que les uns & les autresfy t une connéxion nécessaire pour Faction qui se
s. 1 m saint Autel dans le tems qu’on les y doit pro-mr er>
Ceux qui après avoir fait cette longue interrup-fté'a5 e tems ^ Proies, & après avoir respiré, sou-hìç ^ médité, prononcent hoc efl enìm corpus meum :de enim calix, Lee. avec tant de peine, d’effort &Violence, que fi on n’avoit de la charité Sc de la
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pour eux, on les prendrait plutôt pourhor. r ner £ urr >énes & des foux, que pour des gens de
^ sens.
chg * Ceux qui prononcent deux, trois & quatre fois6 î ar °^ e âe la consécration hoc est enim corpuss hic est en ; m calix t 8 cc. hoc , hoc y hoc , hoc, est ,
est, est, est, st c. hic, hic, hic, hic , est, est, est, est,este. & qui après cette répétition superflue, les pro-noncent encore une derniere fois toutes de fuite : hocefl enim corpus, Sec. hic est enim calix, Sc c.
4. Ceux qui en prononçant hoc est enìm corpus, Sec.touchent presque l’hostie de leur bouche, Sc en di-sant hic est enim calix, Lee. mettent presque leur nez& la bouche dans le calice, haleinant fur le pain &fur le vin qu’ils consacrent, d’une maniéré sort indé-cente. Toutes ces pratiques ne font prescrites par au-cunes Rubriques, & ne s’accordent nullement àccette régie du 8. Apôtre, qui veut {a) que touteschoses se saffent dans la bien-séance, & selon l’ordre.
Gui le Carme {b) dit que les Vaudois ne consa-craient pas l’Eucharistie en disant, hoc est corpus meum,mais en récitant sept fois le Pater nofter ; ce qui feroitune hérésie manifeste, & une Superstition trop gros-sière. Mais quelle apparence de croire qu’ils soiententrés dans ce sentiment, af»rès qu’Eneas Silvius, quia été ensuite Pie II. faisant le dénombrement de leurserreurs & de leurs folies, ne dit pas un seul mot dece sait ; mais qu’il témoigne positivement au contrai-re, qu’ils consacraient l’Eucharistie avec la forme deJesus-Christ.
CHAPITRE V.
Des Superstitions qui regardent le sujet quidoit recevoir l'Euàristie.
Superstition de ceux qui communient lesmorts condamnées par divers Conciles , &pourquoi. Mauvaises raisons de Balfamonpour justifier cette pratique à l'égard desEvêques. Exécrable Superstition dés Sor-ciers & des Malfaiteurs, qui communientdes crapaux. 11 n’y a nulle Superstition àcommunier les enfans , comme on faiíoitdans Ìancienne Eglise. C’est cruauté & ir-réligion ,plutôt que Superstition aux Coph »tes de refuser l'Eucharistie aux malades .Les Grecs la refus oient auffì autrefois auxfemmes qui ét oient en travail d’enfant , <&a celles qui avoient leurs incommoditésordinaires. Les Maronites la refusent en-core aujourd’hui à ces dernieres. Les Bul-gares ne permettoient pas à ceux qui fai-gnoient de la bouche , ou du nez , de s’ap-procher de la sainte Table. Les Livaniensen éloignoient les païsans, parce qu’ils ê-toient mal vêtus ; & la plupart des Curésdes Indes Occidentales y les Néophytes ,ou nouveaux convertis.
Q Uoique l’Euch'aristie s’appelle le pain des An-ges , parce que les Anges la mangent spirituel-lement dans le ciel, il n’y a cependant que l’hommequi la puiíse manger sacramentellement, & qui parconséquent soit capable de la recevoir. Mais il fautpour cela que l’homme soit vivant. Car s’il est mort,il n’est plus en état de la manger, ni d’en profiter.C’est donc I. une Superstition que de la donner auxmorts, parce qu’elle n’a été instituée que pour les vi-vans, & qu’il n’y a que les vivans qui la puissentmanger, Le qui en puissent profiter; & cette Super-stition concerne le culte indu, le culte superflu, lavaine observance, & l’observance des choses sacrées.
Cela
(a) 1. Corinth. 14. Ornnia honestè 8c íècundùm ordinenafiant.
(£) L, 9. de hserefi
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