DES SUPERSTITIONS.
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tre fois parmi le S P ay mi en l'honneur de Cerés , d’Isis, deb‘œne , & du Feu de Perse; Et Hospinien (a) confir-me ce sentiment par le témoignage des Auteurs profa-(b). Mais comme l’Eglise Latine a reçu il y adé-J 3 plus de trois cens ans cette Procession, & Hue leConcile de Trente l’aíolemnellement approuvée (c),& fulminé anathème contre ceux qui la condamnent,d n’en faut pas davantage pour nous persuader qu’ellesi ’tst nullement Superstitieuse.
Les autres Processions du S. Sacrement, soit qu’onfy porte à découvert dans des Ostensoirs, ou Soleils,°u qu’on l’y porte renfermé dans des calices , des cor-poraux , ou des ciboires, ne font pas moins exemp*tes de Superstition: par exemple, celle du jour dePâques, qui est fort ancienne, & qui fe fait encoremjourd’hui en plusieurs Eglises célébrés, à Reims , àBourges, à Beau vais, à Laon, à Venise, & ailleurs;celle du Dimanche des Rameaux , dont parle LanfrancArchevêque de Cantorberi, dans les Décréts ( d) qu’iî3 faits pour VOrdre de S. Benoît; & celles qui fe font3 d’autres jours & en d’autres occasions , pourvû. qu’el-Es fe fassent de l’aveu & par l’autorité de l’Eglise»Hu'elles ne soient point trop fréquentes, & qu’il nes y s’observe rien qui ne soit conforme à cette réglé■Apostolique (si), qui veut que toutes choses fe faf-stnt darrs la bienséance & selon l’ordre. Car fans toutesccs conditions, il est à craindre que la Superstition nes y mêle, & ne corrompe tout le bien que les Fidellesen peuvent espérer.
II. L’Exposition de l'Eucharistie tient autant au
coeur aux Protestant, que les Processions de cet au-guste Sacrement, Sc ils la trouvent également Super-stitieuse. Mais puisque l’Eglise l’ordonne & l’approu-ve, & que le Concile de Trente (/) l’autorise, ellene sauroit être Superstitieuse, à moins qu’elle ne fe faf-st trop frequemment & pour des causes legeres &peu^portantes. Ce ne peut-être que pour cela que Krant-2 ius Qr), Cassander ( h ), Groper (i) , M. de Sponde( 4 ), le Synode de Rouen ( 7 ) en 16 & M. de la
Croix dans son Parfait Ecclésiastique, (m) rappellentu st Abus. Mais elle ne l’est nullement quand elle feLit dans les tems que l’Eglise le permet, & de la ma-siere qu’elte le permet, comme nous Pavons fait voirdans le Traité que nous avons donné au public furce sujet.
III. L’Eglise approuvoit autrefois quantité de cé-r Cirionies que les Fidelles pratiquoient, ou en commu-ant , ou eu vue de communier, & dont nous avons
c Kkyant (») fait mention. Mais comme ces cérémo-”î es ne sont plus en usage, quiconque croiroit ne pas‘ în communier s’il ne les renouvelloit , ou toutes,^ en partie , en communiant , pécheroit contre l’o-^stance qu’il doit aux loix & aux usages de l'E-qui les a abolies, & fe rendroit coupable de la^Perstition du culte superflu.
îV. Ceux-là tombent dans 1 a même Superstition,V 1 à l’occasion ou des Processions, ou de FExpofi-’° n de l’Eucharistie, représentent dans les Eglises ou
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Lib. de Origin. Festor. Christian, p. 90.
sosi Lexcés dans les cultes 8c íes pratiques religieuses est presquegttf 1 -; 011 ’ 5 vcnu de í’éxcés' dans les disputes 8c des rafinemens ima-ii|w souvent dans une dévotion fanatique. Le premier cas a pro-ie^ des cérémonies 8c des usages qui tendoient à réparer ce quecr ° i ) , oit que le doute & la dispute avoient prophané. Dans untlft s ^'ignorance les rafinemens ont paslé pour des ordres ema-blivA 11 Gel. On convient aussi qu’íl y a beaucoup de pratiquese n íe s du Paganisme: mais après tout, est-ce, un crime? S’il y, ' Ce n’est pas limitation, qui le fait, c’est l’excés.
I, s essi 13. can. 6 . 1
U Séét. 4 c. r.
fr a ) lt ' >• Coiinth. 14. Omnia honestè, 2c secundum ordinem
[{] Lac. mox laudat.si I n Wctropol.c. 39 -T ^"nfult. art. rr.
W T Alt ‘ F Primario, de Christo in Eucharis. ador.s/i i n Cor >tinuat. Annal. Baron, ad an. 1451. n. 8.
“•' Statut.
st r 5 ' !* art - Tit. de l’Ossic. du Prctr. céleb. c. 18.
' G â -n- 1. a. 3. 8c 4.
d<ms les rues par lesquelles' ce divin Saefemêrtt passe,des spectacles profanés, badins, ridicules, ou indi-gnes de' ces saintes & augustes cérémonies; ce qui estexpressément défendu par le deuxième Concile Pro-vincial de Cologne (0) en 154p. par le premier Conci-le’ Provincial de Milan en 1565. par le Cérémonialdes Evêques, & par plusieurs autres Cérémoniatix.Tels font ces spectacles que Natídé â si naïve-ment décrits, & réfutés avec tant de force, dans laplainte qu’il en fit à Gassendi , en 1645. in-titulée, Ouerela ad Gajfendûm de parum ChrìftidiïisProvincialium simrum Rìtibus , &c. & qui fè voyent àAix en Provence le jour de la Fête-Dieu à la Proces-sion* où 7 e Prince des Amoureux, le Duc déUrbin, URoi des Plaideurs , & l’Abbé des Cabaretiers , des Fri-piers f des Maquignons y & des Artisans, le Pharaon , leMoisi cornú, le,Diable, & cent autres Boufons, tfo'ncpoint de honte de jouer des rôles infâmes (p), qui con-viendroieet mieux aux Fêtes de Vénus Sc de Bacchus»qu’àla fole’mnité du Corps de Jesus-Christ.
V. Les Grecs étoient Superstitieux en voulant queceux qui s’approchoient de la sainte Eucharistie eus-sent une ceinture, & en empêchant ceux qui n’en a-voient point de s'en approcher : car c’étoit un fauxculte, un culte superflu, & une vaine observance.C’est néanmoins ainsi qu’ils en usoient à l’égard desBulgares; & c’est aussi ce qui engagea ces derniers àconsulter là-dessus le Pape Nicolas I. qui leur répon-dit en termes très-précis, qu’ìls ne dévoient pas s’ar-rêter à cette pratique, parce qu’elle n’étoit soutenued’aucun témoignage de l’Ecriture sainte bien entendu*& que les Grecs avoient tort, dans la pensée du PapeS. Celestin, de les vouloir obliger, eux qui 1 étoientnouveaux convertis, de la suivre (q).
CHAPITRE XI.
Des Superstitions qui regardent les effets de^Eucharistie.
Le propre effet de P Eucharistie eft de nousunir à Jefm-Chrift. C'eft une Superstition-de $*imaginer. 1. sisiiie P Eucharistie con -sacrée par un simple ^Prêtre a moins dérvertu que si elle êtoít consacrée par ùn E-njêque. 2. Que les Evêques ne la doiventrecevoir que des autres Evêques , ô* nondes simples Prêtres. 3. Qu*il est plus a-vantageux de la recevoir ePun Prêtre ri-che , savant , bien fais ér bien vêtu , qued*un autre. 4. Qu*on s*en peut servir pourguérir de s malades & des b lestés. f. QiCortla peut employer pour fe faire miner despersonnes qui nous haïssent ; pour deviner}pour faire des sortilèges - r pour faire desmaléfices qui chassent d*autres maléfices.6. Qu*on la peut setter dans les champs& dans les jardins , pour les rendréferti-les. 7. Qu’on la peut jetter dans une ri-vière
. (0 ) In Respons. ad Consult. Bulgar. cap. 55.
f) II s’en fait de pareilles en Flandres en Portugal & ailleurs-mais les Controveríistes Protestans mettent charitablement ces a-bus fur le compte dei’Egliíè, 8c les peuples,qui jugent par toutíàns examen, croyent que c’est fa doctrine. Ce qu’il y a à vrai;est, que la tolérance des abus est toujours blâmable.
(q) Quod afferitfs ( dit Nicolas í.) Gracos vos prohibere com-munionem fufeipere sine cmgulis, quitus sacras scripturee testimo-niis hoc prohibere jure prohibentur, nos penitus ignoramus.....Rudes ergo fidelium mentes, ut fi net u s Sc e^regius propugnatoi?Ecclefiae Papa; Caelestinus ícribit, ad falia non debemus inducere.Docendi enim sunt potius quàm illudendi, nec imponenda e«zrum oculis, fed mentibus infundenda prscepta íunt,
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