3 2.2.„ arts
DES SUPER
magiques , contre ceux qui contractent ma<
Les Rituels des Diocèses , en conformité de ce ré*glement , excommunient auffi tous ceux qui se mê-lent de nouer l'aiguillette aux nouveaux mariés , oude leur faire quelqu’autre maléfice. Voici ce qu’endisent, le Rituel d’Autun (<r) de 1503. & ceux deChartres de 1490. ( b) de 1553. & de 1604. (c)„ Nous dénonçons pour excommuniés tous sorciers„ & sorcières, charmeurs 8c charmeresses, tous ceux„ & toutes celles qui mettent empêchement en maria-„ ges, qui font à faire, ou parfaits " ; celui de Peri-gueux (d) de i;;6. „ Nous vous dénoncion perex-,, cumengantL tous sorciers & sorcières , charmador„ 8c charmaressas, tous aquels & aquelles qui bouton„ empachement en maridages , qui font â far, ou„ faits ; celui d’Autun (e) de 15-4.5. J e dénonce„ pour excommuniés tous troublans & empêchans„ bons & loyaux mariages " ; celui de Chartres (f)de 1580. „ Nous dénonçons pour excommuniés tous„ Magiciens, Sorciers, charmeurs ,& ceux qui don-„ nent détourbier à l’accomplissement des légitimes,, mariages , faits ou à faire” ; ceux d’Evrëux de1 606. (g) 8c de 162 ì. (h) ,, Nous dénonçons pour„ excommuniés tous Magiciens , Sórcieís , Char-„ meurs , & tous ceux qui par ligatures ou autres„ moyens illicites, mettent empêchement aux légiti-„ mes mariages ; celui de Paris (i) de 1615. Nous„ dénonçons pour excommuniés tous Sorciers & Sor*„ ciéres , dévineurs & dévineresses , tòus ceux qui,, par ligatures 8c sortilèges empêchent l’usage 8c con-,, sommation du saint mariage” ; celui d’Angers (4)de 1626. ,, De l’autorité de l'Eglise Nous dénonçons„ pour excommuniés tous Sorciers , Devins & Ma-j, giciens , tous ceux qui par ligatures , ou autres„ charmes empêchent la consommation & usage du„ mariage; celui d'Arras (/) de 1628. Nous dénon-,, çons pour excommuniés tous Sorciers , Devins,„ lieurs d’aiguillettes & autres usans de superstitions„ & arts diaboliques”; ceux de Paris de 1630. (m)8c de 1646. (») celui de Bologne (0) de 1647. ce-lui de Châlons fur Marne (p) de 1649. celui deTroyes (y) de 1660. celui de Bourges (r) de 1660.8c celui d’Alet (/) de 1667. „ Nous dénonçons„ pour excommuniés tous Magiciens & Magiciennes,,, Sorciers & Sorcières , Devineurs & Devineresses,„ noueurs & d’aiguillettes & autres qui par ligatures &„ sortilèges empêchent l'usage & consommation du,, saint mariage ; celui de Beauvais (t) de 1637. De,, l’autorité de l’Eglise nous dénonçons pour excom-„ muniés tous Sorciers, Devins, Magiciens, Lctous„ ceux qui ont recours à eux, tous noueurs d’aiguil-„ lettes & autres qui par ligatures, charmes & sorti-„ lèges empêchent l'usage & consommation du saint„ mariage ; celui de Chartres (v) de 1640. Nous„ dénonçons pour excommuniés tous Magiciens, Sor-„ ciers, Devins, noueurs d’aiguillettes & autres, qui„ en quelque façon que ce soit empêchent l’accom-„ plissement Sc usage des mariages ” ; celui de Meaux
(а) Fol. 8 t.
( б ) Fol. 78.
(e) Fol. 91.
(d) Fol. u 3. vers.
(e) P. 121.
(/) Fol. 203.
(g) Fol. 138. vers.{h) P. 347.
(i) Fol. 208.
(*0 P- s04.
(/) r- -86.
{m) Fol-101.
(») ?. ^67.
( 0 ) P /ri.
(f) P. toi.
(4) k. -51-
(r) Part. 2. p. 47 "
(s) Part. 2. p. ìjfp.(í) P. 264.
(v) P. 44s.
5 T I T I O N S.
(x) de 11645. Tous Devins & Dévineresses î Sorciers„ & Sorcières , tous ceux qui empêchent l’accom-
plissement & usage des saints mariages par sortilé->, ges, ou autrement , sont déclarés excommuniés”;
6 celui de Reims (y) de 1677. „ Nous déclarons„ excommuniés tous Sorciers & Sorcières, Devins &,, Dévineresses , & ceux qui par ligatures & sortilé-„ ges empêchent l’usage & consommation du ma-», riage.
Les autres Rituels ne parlent pas autrement dansleurs Prônes. D’où il n’est pas mal-aisé de juger quel’Eglise ne regarde les noueurs d’aiguillettes qu’avechorreur , puisqu’elle les retranche de sa communion,ce qu’elle ne sait jamais que pour des crimes scanda-leux & énormes.
», Auffi Bodin (*) remarque fort bien , que le,, nouement d’aiguillette est une méchanceté damna-„ ble & une action en foi Diabolique. Car (dit-il)», celui qui en use , ne peut nier qu'il ne soit viola-,» teur de la loi de Dieu & de nature , d’empêcher .,, l’effet de mariage ordonné par la loi de Dieu. Et,, de cela il avient qu’il faut rompre les mariages &„ pour le moins les tenir en stérilité, qui est en bons,, termes un sacrilège. Ne peut aussi nier qu’il ne„ soit homicide. Car celui n’est pas moins homici-„ de , qui empêche la procréation des enfans, que„ s’il leur coupoit la gorge. En troisième lieu , il„ ôte Pamitié mutuelle du mariage , qui est le sacré„ lien de nature & de société humaine , & y met la„ haine capitale. Car ordinairement ces noueurs met-„ tent une haine capitale entre lés deux conjoints. En», quatrième lieu , Cette liaison se fait au même in-„ stant que le Ministre prononce les saintes paroles,», & qu’un chacun doit être attentif à Dieu ; celui,, qui noue vient entremêler des paroles & mystères„ Diaboliques, qui est une impiété détestable. En„ cinquième lieu , il est cause des adultères & pail-„ lardifes qui s’en ensuivent. Car ceux qui sont liés„ brûlans de cupidité P un après l’autre, vont adulté-„ rer. En sixième lieu » il en avient auffi plusieurs„ meurtres commis en la personne de ceux qu’on,, soupçonne l’avoir fait , qui bien souvent n’y ont„ pas pensé.
„ Févret remarque auffi (<*) qu’il ne faut pas dou-„ ter que ce crime ne soit grand & atroce, parcequ’il», comprend en soi diverses circonstances qui font„ qu’on le met entre les crimes capitaux. 1. Ceux qui„ fe servent de ces ligatures , sont Sorciers ou Magi-„ ciens. 2. Il faut qu’ils ayent un pacte exprès, ou,, tacite avec le Diable. En troisième lieu , ils dé-„ trustent le nerf principal de la République , & le,, fondement de la société civile, qui fe maintient par,, les enfans. Et finalement ils corrompent & profa-», nent la dignité & sainteté du sacrement de Mariage,,, institué de Dieu , empêchant par leurs charmes la,, consommation d’icélui entre les conjoints.
,, C’est néanmoins cette méchanceté damnable, cet-„ te action Diabolique , ce crime atroce & capital,„ où tombent”. 1. Ceux qui récitent à rebours undes versets du Pseaume Mifirere met Dcus , qui pro-noncent ensuite par trois fois le nom & le surnom desdeux nouveaux mariés , en formant un nœud la pre-mière fois, la seconde en le serrant un peu, & la troi-sième en le nouant tout-à-sait, & en disant pour com-bien de tems on veut qu’il soit noué : ce qui s’ob-serve pour ceux qui n’ont point encore été mariés.Mais à l'égard de ceux qui l’ont déja été , on nouel’aiguillette lorsque le Prêtre bénit Panneau, & on ré-cite le nom & le surnom des nouveaux époux , lorsqu’il le met dans le doigt annulaire de la nouvelleépouse.
2. Cerné
(*0 P. 201.
(y) P- 256.
(*) L. 4. de la Démon. c. f-(«) Traité de l’abus 1 . f. c. 4 - »-