TABLE DESLIVRE HUITIEME,
D Es Superstitions qui regardent VExtrême-Onc-t ion. 269
Chap. T. Des Superstitions qui regardent k matièrede l'Extrcmc-Onction.J L'huile d’olives efl la ma-tière de ce Sacrement. Elle ne peut-être benìte que parles Evêques dans PEglise Latine, mais dans PEgliseGrecque les Jìmples Prêtres la peuvent bénir toutes lesfois qu'ils en ont besoin. Ce n efi point une Superflitionaux Grecs d'administrer l'Extrême-Onclion avec del'huile benite par un fimple Prêtre. Si c'en efl une defe servir de P huile des infirmes pour oindre les person-nes saines fi les malades. Exemples de cette pratique.Les Evêques Grecs oignent des SS. huiles qu'ils ont" consacrées le Jeudi Saint tous ceux qui ont ajjìflé cejour-la aux divins Offices ; mais c’efi un abus. C’enefi un auffi, au sentiment d'Arcudius , que de réitérerles Onctions fi les Prières fur un même malade, com-me f ont les Prêtres Grecs lorfqu'ils snt plufieurs a ad-ministrer l'Extrême-Oélion ; mais le P. Goar ne le croîtj as. On oìgnoìt autrefois les malades pendant 7. joursdans PEglise Latine; mais il n y avoit que les onctionsd.u premier jour qui fujfent Sacramentelles , dans lapensée de Matthieu Galen j les autres n étoient que Cé-remoniales. La discipline de P Eglise a varié touchant la, réitération de P Extrême-Onétion. 270
Chap. II. Des Superstitions qui regardent la formede l’Extrême-onction.] Parmi les Grecs la forme dece Sacrement confifle dans ces paroles: Pater fancte,medice animorum & corporum» &c. Elle efi pluscourte en certains Euchologes manuscrits, mais le sensefi le même par tout. Les Grecs ne font point fuperfti-tieux en s'en servant. Jls le fer oient, s'ils f servaientde la.f orme des Latins, & les Latins, s'ils f servaientde celle des Grecs. II y avoit autrefois plufieurs for-mes de ce Sacrement. De la forme Ambrosienne. Siles termes ausquelles elle efi conçûe font la forme dePExtrême-onílion. En certaines Eglises on la joint dla forme des Latins Per istam unctionem & fuam,&c. fi comment. Si en V employant toute feule on fi-roit superstitieux. II j a long-tems quelle n efi plus enusage dans P Eglise de Milan. Exemples de quelquesautres formes. Celle qui a ete fixee par le Concile deFlorence fi par celui de Tente P a emportée fur toutesles autres, f on firoit blâmable fi même superfiitieux ,de ne s'en pas servir. 271
Chap. III. Des Superstitions qui regardent les Mi-nistres de l’Extrême-onction.] Les Protefians, lesCophtes, les Abyssins, fi les Moscovites ne croyentpas que P Extrême- onétion fit un Sacrement. Quel-ques mauvais Catholiques du onzième siécle ne lecroyaient pas non plus. L'Eglise a décidé le contraire.Les Prêtres seuls font les Ministres de ce Sacrement,(f il y auroìt de la superflition aux Diacres, aux Soû-Diacres , aux simples Clercs fi aux Laïques, de P ad-ministrer. Explication d’un passage dé Innocent I. LesGrecs font sept, ou du moins trois quand ils l'aminis-trant. Mais c'est une erreur fi tine impiété de croirequ il seroit invalide s'il étoit administré par un seulPrêtre. Le nombre des Prêtres qui le doivent adminis-trer n a jamais étéfixé d sept ni d trois dans P EgliseLatine. Un seul Juffit, qui P administre au nom del’Eglis Q qui représente PEglise. Ce seroit une choslouable que plufieurs Prêtres l'administrassent , fi il n yauroìt en cela aucune superflition. En quels cas il pour-rait y en avoir fi un seul, ou plufieurs Prêtres P admi-niflr oient? 273
Chap. IV. Des Superstitions qui regardent les par-ties qu’on doit oindre dans l’Extrême-onction.] LesLatins fi les Grecs conviennent ensemble de la fin pourlaquelle on oint lot parties du corps des malades dansl’Extrême-onélion; mais ils ne conviennent pas tout-d-fait quelles font les parties du corps qu on doit oindre.
CHAPITRES.
Siméon de Theffialonìque dit qúi les Grecs n oignent quela tête fi- les mains, mais communément ils oignent lefront , le menton, les deux youes , la poitrine , les mainsfi les piés. Une feule onélion peut suffire sans craindrede tomber dans la superflition. Les usages de l'EglifiLatine font différons en bien des lieux touchant lesonéiions. Mais depuis le Concile de Trente les Rituels,les Conciles Provinciaux efi les Synodes Diocésains ontfixé les parties qu'on doit oindre. Précaution pourP onélion des reins dans les hommes fi les femmes. S'iln’y a que les Laïques a qui on doive oindre les mainspar le dedans, fi fi celles des Prêtres n y peuvent pasauffi être ointes. Diverses superstitions touchant l'ad-ministration fi lit réception de ce Sacrement. zyçChap. V. Des Superstitions qui regardent les céré-monies avec lesquelles ou administre l’Extrêmc-onction.] En administrant P Extrême-onélion on doitsuivre les usages de fin Eglifi, fans y rien ajouter, fifans en rien retrancher , fi on veut ne pas tomber dansla superstition. Pratique de P Ordre de saint Benoît,de s Cluniciens, fi des Cisterciens, de coucher les mo-ribons fur un ci lice. On saisit la même chose en quel-ques Diocéfis. L'ancien usage de l’Eglis étoit de don-ner P Extrême-onélion avant le Viatique. Raisons decet usage rapportées par Bellarmin. II a été renouvellépar le nouveau Rituel de Paris. Coutume de fairecoucher les malades fi de les couvrir d'un calice, au-torisée par plufieurs anciens Rituels. Superstitions qu'onpeut commettre dans l’administration fi dans la récep-tion de P Extrême-onélion. Celle d.’allumer treize c h an*déliés autour du lit du malade fi trouve dans quelquesRituels anciens. Elle efi condamnée par les nouveaux .Simplicité des anciens Rituels , ou l'on infiroìt des pau-vretés fi des superstitions, ainfi que dans les anciensMissels. Exemples de ces pauvretés fi de ces super-flu ions. 2 y 6
Chap. VI. Des Superstitions qui regardent lés per-sonnes qui doivent recevoir l’Extrême-onction.] Onne doit administrer P Extrême-onélion qu'aux malades ,fi c'est une superflition de la donner aux personnes sai-nes. Pratique des Grecs qui la donnent aux Pcnitens fià tous ceux qui assistent d l'Office le Jeudi-Saint, ex-cusée par le P. Goar, fi condamnée comme vaine, té-méraire , sacrilège , fi execrable , par ArcudiusîL'exemple de sainte Hédovige, Duchesse de Pologne,qui fi fit donner P Extrême-onélion sans être malade,efi plus admirable qu imitable. Ce firoit superstitionque de donner ce Sacrement d des soldats qui iroientau combat, k des gens en danger de faire naufrage, ades criminels que l’on conduirait au supplice, k des voya-geurs exposés aux dangers , k des enfans qui n duroientpas l’usage de la raison , a des femmes en travail d’en-fant, a des foux, k des phrénétiques qui n auraientpoint de bons intervalles, k des ìmpénitens, k des per-sonnes qúi firoient dans un manifeste péché mortel, kdes excommuniés, k des gens qui ne firoient pas bati-z,és , fi k des morts. Affieélation superstitieuse de ne levouloir donner qu'k des riches, condamnée par les Con-ciles. 279
Chap. VII. Des Superstitions qui regardent les ef-fets de l’Extrême-onction ] Superstition de ceux quicroyent qu étant malades, ils ne guériront point, ouqu’ils mourons bientôt, s'ils reçoivent PExtrême-onc-tion. Robert Roi des Romains étoit autrefois dans cetteerreur. Divers Synodes la condamnent. Ne pas vouloirrecevoir P Extrême-onélion, parce qu'on s'imagine qu'a-pr'es qu'on P a reçue il n est pas permis de rendre le de-voir conjugal, de manger de la chair, ni de tnarchernus piés, c'est une superstition fi une erreur contrairek la saine doélrine, filon les Statuts Synodaux de di-vers Diocèses. C’est encore une superstition de s'imagi-ner , qu'âpres avoir reçu l’Extrême-onélion , on nepeut plus faire de Testament. Ne pas vouioir fi teniraux piés du lit des malades, tandis qu on leur donnel’Extrême-onélion , ne pas vouloir filer dans leurs cham-bres, ne pas vouloir qu ils filent giskns dans leurs lits,