PREFACE, exxxjpossible qui fût arrivé après que tant de mil -îiers d’Hommes de toutes Nations , dâtoutes Religions, de toutes sortes d’états&de Conditions , jusques aux Femmes mê-mes l’ont sçuë , sans un effet particulier &visible de la providence de Dieu, qui n’apas permis qu’elîe fût divulguée. Outre ,dis-je, que Dieu, qui est k Maître despensées & des paroles des Hommes , neveut pas que cette Science soit si com-mune , & qu’il ne seroit pas juste ni rai-sonnable que les Stupides & les Paresseuxeussent le même avantage que les Person-nes éclairées & laborieuses ; II est certamqu’un Philosophe causeroit le plus granddésordre qui fut jamais , qui enfeigneroiíclairement le moyen de faire autant d’Or& d’Argent qu’on en pourroit souhaiter ;en sorte que ces deux Métaux, qui serventd’ornemens à toutes les Dignités, & quifont le lien du commerce & de la sociétéhumaine , fussent aussi communs que lespierres ; comme TEcriture nous apprendqu’ils étoient dans la Judée pendant 1e Rè-gne de Salomon.
Ce n 1 est pas qu’il ne fût à souhaiter pourla paix & la tranquilité des Hommes , ouque l’Or & l’Argent leur eussent toujoursété inconnus, ou qu’au moins ils leur eus-sent toujours été inutiles ; puisque ce sontces deux Métaux , qui, par la nécessité que