1 84 La Somme de Geber.
Mais parcs que l’on ne sçauroit mese.fer le feu , 6c qu’un Homme, qui n’estpas Artiste, s’y peut facilement tromper 'tant à cause de la diverse proportion desfèces [ que l’on doit observer ] qu’à causede la différence des Fourneaux, 6c du boisdont on sc scrt, êc même de la diversitédes Vaisseaux, 6c de la maniéré de les ajus-ter dans le Fourneau : qui font des chosesà quoi l’Artiste doit soigneusement pren-dre garde. Voici une régie générale quel’on doit suivre pour tout cela. II fautd’abord faire un feu fort doux, pour tirertout ce qu’il y a de phlegme dans ce quel’on veut sublimer. Après quoi, si parce premier dégré de feu, l’on volt qu’ilait monté quelque autre chose que lephlegme , il ne faudra pas augmenter lefeu tout à coup, mais peu à peu , afin depouvoir tirer , par le même dégré du feufort doux , la partie la plus subtile de laMatière que l’on sublime, 6c qu’il fautou mettre à part, ou jetter, parce quec’est ce qui fait l’adustion. Et il faudraaugmenter le feu quand il aura montéquelque peu de cette partie subtile, oudu moins une quantité qui ne soit pasconsidérable. Pour le connoître, on n’au-ra qu’à passer une languette de drap ouun tuyau envelopé de soye ou de laine ,dans le trou qui est au haut de YAludel,