DÉS pHtLOSOÉHES. 2Sque maniéré qu’ils ayent parlé, Naturen’est qu’une ehose, & sont tous d’accord,óc disent tous le même. Mais les Fousprennent nos paroles Comme nous les di-sons, saris entendre ni quoi ni pourquoi.Et ils doivent regarder si nos paroles sontraisonnables & naturelles, & alors si ellesfont raisonnables & naturelles,ils les doiventprendre; mais si elles ne font point raison-nables , ils doivent entendre notre inten-tion , 6c non pas s’en tenir aux paroles.Mais sçachez que nous sommes tous d’ac-cord , quelque chose que nous disions.Donc accordez l’un par Tautre* & nousconsidérez; Car l’un éclaircit ce que l’au-tre cache , & ainsi tout y est, qui bien lecherche. Et quiconque voit nos Livres Scles entend , il n’a que faire d’aller chercherPays, ni villes , ni de dépenser son argent.
B A s e n dit : Tu as été trop hardi ; no-tre Maître n’entendoit pas qu’on parlât siclairement. Et il dit : Je ne veux point êtreEnvieux comme vous autres. SçacheZvous tous, qui cherchez cet Art, quequelques Philosophes, afin de cacher censScience, ont dit qu’il faut la faire par heu-res 6c par images. Mais je te dis que cecin’y est pas nécessaire, ni n’y aide, ni n’ynuit ; car toujours la Matière est prête àrecevoir la vertu qu’elle doit. Et notreMaître le dit plus clairement en disant ;