et bu Philosophe Morien. io§
II y en a plusieurs qui croyent que laMatière secrète du Magistére, soit la Ter-re, ou une Pierre, ou du Vin, ou duSang,ou du Vinaigre. Ils broyent toutes cesdioses chacune séparément, & les fontcuire ; & après les avoir cuites, ils en fontles Extraits, qu’ils enfeveliíîent ; parcsqu’ils croyent que e’eíl ainsi qu’il le fautfaire, se flattant de cette maniéré dans leurerreur, pour ne pas désespérer de pouvoirtrouver ce qu’ils cherchent. Mais vousdevez fçavoir que ni Terre, ni Pierre , nitoutes les autres choses , surquoi ils tra-vaillent, ye servent de rien pour le Ma-gìstére, & qu’on n’en sçauroit rien faire quivaille.
Je vous avertis encore, que du Feu dé-pend la plus grande partie de l’Oeuvre, carles Minières font disposées par son moyen ,& les mauvaises Ames font retenues dansleurs Corps, Sc son feu & toute fa nature,Sc ce qui le fait connoître parfaitement. Ettout ce que vous aurez fait pour le Ma-gistére, si dans son commencement vousne trouvez pas que ce soit une seule chose,cela vous est inutile. Car quel bien peut-onespérer, si la chose, c’est-à-dire ì’Eau Mer-curielle, laquelle est la principale chose, &le seul Agent du Magistére, rî’agit elle-même, & si elle n’unit tellement à elle leCorps pur ou parfait, qu’ils ne soient plus