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Tome second.
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Le Songe Ver d. 44 sles Bêtes mangeoient ce qui en restoit.Que pour eux, ils faifoient ieur Pain desFleurs les plus belles ; quils les pétris-soient avec la Rosée , (Scies cuisoient auSoleil. Comme je voyois par-tout une ílprodigieuse quantité de très-beaux Fruits,jeusla curiosité de prendre quelques Poi-res pour en goûter ; mais il voulut menempêcher, en médisant quil ny avoir queles Bêtes qui en mangeoient. Je les trou-vois cependant dun goût admirable, il meprésenta des Pêches , des Melons & desFigues; & il ne sest jamais dans laProvence, dans toute lItalie, ni dans laGréce des Fruits dun si bon goût. II mejura parle Hagacestaurque ces Fruits ve-noient deux-mêmes , & quils nétoientaucunement cultivez, maíîurant quils nemangeoient rien autre chose avec leurpain.

Je lui demandai comment ils pouvoientconserver ces Fleurs & ces Fruits pen-dant lHiver. 11 me répondit quils ne con-noiíToient point dHivers; que leurs An-nées navoient que trois Saisons seule-ment, sçavoir le Printemps, lEsté, &que de ces deux Saisons seformoitla troi-sième > à sçavoir lAutomne, qui renfer-ment dans le Corps des Fruits lEfpritduPrintemps, & lAme de lEsté :Quecé-toit dans cette Saison que secueilloientle