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La ville de Lausanne est dans une situation ravissante et commande un des plus beauxpoints de vue du monde. Couchée au milieu des verts ombrages des pentes méridionales du,lorat, abritée par le Signal, elle se présente aux regards de ceux qui arrivent en bateau ouen chemin de fer, comme un séjour privilégié et heureux, que l’imagination a rêvé et que lecœur désire. Ses terrasses, où l’oranger et le grenadier marient leurs fleurs rouges et blanches,ses vignes qui grimpent le long des murs, ou forment de fraîches charmilles, lui prêtent unephysionomie italienne qui s’harmonise admirablement avec son ciel d’été, d’un azur mat etfoncé.
L’ancienne ville de Lausanne , celle que les Romains appelaient Lausonium, s’élevait aubord du lac, dans les champs de Vidy. Elle fut détruite par une inondation. Pour se mettre àl’abri d’un nouveau désastre , ses habitants se transportèrent à mi-côte de la montagne etbâtirent une nouvelle ville sur les trois collines où se trouve aujourd’hui Lausanne . Au moyen-âge, chacune de ces collines présentait un quartier à part, habité par une caste distincte. Desfortifications hautes et épaisses rendaient la ville imprenable. Au X.YI° siècle Lausanne tombacependant aux mains des Bernois qui y introduisirent la réforme et y installèrent des baillis ,espèce de petits tyrans qui faisaient peser un joug de fer sur le peuple. En 1798, une divisionde l’armée d’Italie entra dans le Pays-de-Vaud et y proclama la République lémanique.
Lausanne , à part sa Cathédrale qui passe pour un des plus remarquables monuments del’art gothique, et son vieux Château épiscopal, à la fois forteresse et palais, n’est pas riche enédifices curieux. Le Théâtre, que M. Bonnet a placé au premier plan de son croquis, est deconstruction toute récente. Le Musée Arlaud renferme quelques œuvres de maîtres italiens,français et espagnols , ainsi que des toiles fort appréciées d’artistes vaudois, de Gleyre , deVautier, etc.
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