224 Jugement surles loix & expose doublement sa vie ì aulieu que l’autre n’expose gueres que sessujets; q u’il use , en prenant les armes,d’un droit avoué de tout le genre-humain ,& dont il prétend n’être comptable qu’àDieu seul.
Un Prince qui met sa cause au ha-sard de la guerre , n’ignore pas qu’ilcourt des risques; mais il en est moinsfrappé que des avantages qu’il se promet,parce qu’il craint bien moins la fortunequ’il n’espere de sa propre sagesse : s’i!est puissant , il compte fur ses forces ;s’il est foible, il compte fur ses allian-ces ; quelquefois il lui est utile au-dedansde purger de mauvaises humeurs , d’af-foiblir des sujets indociles , d’essuyermême des revers , & le politique habilefait tirer avantage de ses propres dé-faites. J’espere qu’on se souviendra quece n’est pas moi qui raisonne ainsi, maisle Sophiste de Cour qui préféré un grandterritoire & peu de sujets pauvres & sou-mis , à l’empire inébranlable que donnentau Prince la justice & les loix, fur unpeuple heureux & florissant.
C’est encore par le même principe
qu’il