L’Abbé ce St. Pierre* 24sLe souverain d’un grand Empire n’estgueres au fond que le Ministre de sesMinistres, ou le représentant de ceux quigouvernent sous lui. Ils font obéis enson nom, & quand il croit leur faireexécuter la volonté , à st lui qui, fansle savoir, exécute la leur. Ce’a ne sati-roit êfe autrement, car comme il nepeut voir que par leurs yeux , il fautnécessairement qu’il les laisse agir par sesmains. Forcé d’abandonner à d’autres cequ’on appelle le détail (*) & que j’ap-pellerois, moi, l’essentiel du Gouverne-ment , il se réserve les grandes affaires ,le verbiage des Ambassadeurs j les tracas-series de ses favoris, & tout au plus lechoix de ses maîtres , car il en faut avoirmalgré soi , li-tôt qu’on a tant d’eíclaves.
(*) Ce qui importe aine citoyens, c’est d’être gouvernés'Justement & paisiblement. Au surplus, que PEtat soit grand,puissant & florissant, c’est l’affaire particulière du Prince,& les sujets n’y ont aucun intérêt, f-e 'Monarque doit doncprem érement s’oecuper du détail en quoi consiste la libertéCivile, la fureté du peuple & même la tienne à bien deségards. Apres cela, s’il lui reste du terris à perdre, il peutle donner à toutes ces grandes affaires qui n’iatéress-ncpersonne, qui rie naissent jamais que des vices du gouver-nement, Qui par. conséquent ne sont rien pour un PeupleHeureux, & sont peu de choie pour un Roi sage.
Supplément. Tome IV. Q