l’Abbé de St. Pierre.' 25Ípublique de Venise , & pourquoi necommenceroit-on pas d’auffi loin à Parispour servir le Prince qu’à Venise pourservir l’Etat ?
Je n’ignore pas que l’intérêí des Vilirss’oppose à cette nouvelle police : je saisbien qu’ils ne veulent point être assujettisà des formes qui gênent leur despotisme ,qu’ils ne veulent employer que des créa-tures qui leur soient entièrement dé-vouées , & qu’ils puissent d’un mot re-plonger dans la pouíîìere d’où ils les tirent.Un homme de naissance , de son côté ,qui n’a pour cette foule de valets, que lemépris qu’ils méritent, dédaigne d’entreren concurrence avec eux dans la mêmecarrière , & le Gouvernement de l’Etatest toujours prêt à devenir la proie durebut de ses citoyens. Ausli n’est-ce pointfous le Viíirat, mais fous la feule Poly-fynodie qu’on peut espérer d’établir dansl’adininistration civile des grades honnê-tes qui ne supposent pas la bassesse , maisle mérite , & qui puissent rapprocher lanoblesse des affaires dont on affecte del’éloigner, & qu’elle affecte de mépriser àson tour.