L’ A B B É DE St. PIERRE.
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source pour les avantages dont il est privé ; que même l'exem-ple de Fancien Sénat de Rome & de celui de Venise prouveque des commissions ne font pas toujours nécessaires dans unConseil pour expédier les plus importantes affaires prompte-ment & secrètement ; que le Visirat & le demi-Viíìrat avilis-sant , corrompant, dégradant les ordres inférieurs, exigeroientpourtant des hommes parfaits dans ce premier rang ; qu’on n’ypeut gueres monter ou s’y maintenir qu’à force de crimes, nis’y bien comporter qu’à force de vertus ; qu’ainsi toujours enobstacle à lui-même, le Gouvernement engendre continuelle-ment les vices qui le dépravent, & consumant l’Etat pour serenforcer, périt enfin comme un édifice qu’on voudroit éle-ver sans cesse avec des matériaux tirés de ses fondemens. C’estici la considération la plus importante aux yeux de l’hommed’Etat, & celle à laquelle je vais m’arrêter. La meilleure formede Gouvernement ou du moins la plus durable, est celle quifait les hommes tels qu’elle a besoin qu’ils soient. Laissonsles lecteurs réfléchir fur cet axiome, ils en feront aisémentl’application.
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