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12. Pièces sur divers sujets et recueil de lettres sur la philosophie, la morale et la politique
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JUGEMENT SUR

Gouvernement. Le meilleur plan général n’eít-ce pas, dit-il,celui qui va le plus droit au plus grand bien de PEtat danschaque afíaire particulière ? D’où il tire cette conclusion très-fausse que les divers plans généraux, ni par conséquent lesréglemens ôc les affaires qui s’y rapportent, ne peuvent jamaisse croiser ou se nuire mutuellement.

En effet, le plus grand bien de PEtat n’eít pas toujours unechose si claire, ni qui dépende autant qu’on le croiroit duplus grand bien de chaque partie ; comme si les mêmes affai-res ne pouvoient pas avoir entr’elîes une infinité d’ordres di-vers ôc de liaisons plus ou moins fortes qui forment autant dedifférences dans les plans généraux. Ces plans bien digérésfont toujours doubles , & renferment dans un íyítéme comparéla forme actuelle de PEtat ôc fa forme perfectionnée selon lesvues de PAuteur. Or , cette perfection dans un tout auísicomposé que le corps politique, ne dépend pas feulement decelle de chaque partie , comme pour ordonner un palais il nesuffit pas d’en bien disposer chaque piece, mais il faut de plusconsidérer les rapports du tout, les liaisons les plus conve-nables , l’ordre le plus commode, la plus facile communica-tion , le plus parfait ensemble , ôc la symétrie la plus régulière.Ces objets généraux font si importuns, que Phabile Architectesacrifie au mieux du tout mille avantages particuliers qu’il au-roit pu conserver dans une ordonnance moins parfaite & moinssimple. De même, le politique ne regarde en particulier ni lesfinances , ni la guerre , ni le commerce ; mais il rapportetoutes ces parties à un objet commun ; & des proportions quileur conviennent le mieux, résultent les plans généraux dont