Band 
16. Second supplément à la collection des oeuvres de J. J. Rousseau, tome premier
JPEG-Download
 

L I V R E X. 3S7

fit envoyer un autre , & Pun de ses officiers des chassesécrivit par ses ordres, que cétoit de la chasse de sonAltesse, & du gibier tiré de sa propre main. Je le reçusencore, mais jécrivis à Mde. de Boufïïers que je nen rece-vrois plus. Cette lettre fut généralement blâmée , & méri-toit de lêtre. Refuser des présens en gibier dun prince dusang, qui de plus met tant dhonnêteté dans lenvoi, estmoins la délicatesse dun homme fier qui veut conserver sonindépendance, que la rusticité dun mal-appris qui se mécon-noít. Je nai jamais relu cette lettre dans mon recueil, fansen rougir, & fans me reprocher de lavoir écrite. Maisenfin, je nai pas entrepris mes confessions pour taire messottises, & celle- me révolte trop moi-même, pour quilme soit permis de la dissimuler.

Si je ne fis pas celle de devenir son rival , il sen fallut

peu : car alors Mde. de B.s étoit encore fa maîtresse,

& je nen savois rien. Elle me venoit voir assez souvent avecle chevalier de Lorenzy. Elle étoit belle & jeune encore ,elle affectoit lesprit romain, & moi je leus toujours roma-nesque; cela se tenoit dassez près. Je faillis me prendre; jecrois quelle le vit : le chevalier le vit aussi ; du moins ilmen parla, & de manière à ne pas me décourager. Maispour le coup, je fus sage, & il en étoit temps à cinquanteans. Plein de la leçon que je venois de donner aux barbonsdans ma lettre à dAlembert, jeus honte den profiter íì malmoi-même ; dailleurs, apprenant ce que javois ignoré, ilauroit fallu que la tête meut tourné pour porter si haut mesconcurrences. Enfin, mal guéri peut-être encore de ma pa£

Ccc r